I. Epist, 36, pp. ioi-io3. a. Epùt, 37, pp. io3-io
L'ARCHIÉPISCOPAT. 67
et Garibald à Ratisboune, et rouvrit pour ces trois villes la série de leurs diptyques épiscopaux.
Ces premiers résultats, que Boniface s'empressa d^annoncer au pape, lui valurent une lettre où le souverain pontife remerciait avec effusion son fidèle légat de tout le bien qu*il avait accompli. En lui donnant de nouvelles instructions sur la conduite a tenir dans ses réformes ultérieures, il lui laissait entrevoir la grandeur de la récompense céleste qu'il se préparait, et lui redisait la parole évangélique : « Serviteur bon et fidèle, parce que tu as été fidèle dans de petites choses, je t'en confierai de grandes ; entre dans la joie de ton Seigneur* ».
Restait à remplir une autre partie du programme pontifical, c'est-à-dire, à convoquer un concile national de Bavière. Le manque de documents ne nous permet pas de dire si cette réunion put être tenue ', mais le zèle de Boniface à accomplir point par point les prescriptions du souverain pontife nous autorise à croire qu'il ne se sera pas dérobé à la tâche, et le silence de nos sources semble fournir un indice favorable à cette supposition. C'est un concile seulement qui pouvait fournir au légat du pape l'occasion de procéder en Bavière à l'énergique travail de réforme que son biographe nous décrit en quelques mots : remise en vigueur des prescriptions de la reli
T. Eplst, 38, p. io6.
9. Elle le fut selon Hefele, Conciliengeschichte, III, p. 49-1 1 Bus8-Scherer, p. i48 et Hauck, t. I, p. 493*
gion, châtiment des destructeurs d'églises et des séducteurs du peuple, déposition des mauvais prêtres. Et cette réforme fut féconde, si Ton s'en rapporte à l'essor que prirent à partir de cette date les institutions religieuses en Bavière. Rien que de j4o à 778, il s'y fonda jusqu'à vingt-neuf monastères*, et l'on peut dire que l'avenir de la foi catholique fut dès lors assuré dans ce pays.
Son rôle terminé en Bavière, le saint se hâta de regagner la Thuringe. Cette fois, vrai pêcheur d'hommes, à l'exemple du maître qui l'avait envoyé, il emmenait avec lui plusieurs enfants de grande famille, qui lui étaient confiés à titre d'oblats. Parmi eux se trouvait le jeune Sturnii, qu'il confia à Wiethbert, abbé de Fritzlar, où on lui apprit les lettres et l'Ecriture Sainte. Sturmi devait être dans la suite l'un des meilleurs collaborateurs de Boniface, et Ton verra plus loin le rôle important qui lui était réservé dans la réalisation d'un des projets favoris du saint.
Les instructions du pape portaient que Boniface devait fonder des sièges épiscopaux en Hesse et en Thuringe aussi bien qu'en Bavière. Au moment de mettre la main à l'œuvre, le vigoureux travailleur rêva-t-il de prendre pour lui un des diocèses qu'il allait créer, et de se dérober au lourd fardeau de l'Église de Germanie tout entière ? On le dirait, à voir le pape, dans la lettre que nous venons de citer,