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Saint Bruno et l'ordre des Chartreux

J'ai lu avec une réelle satisfaction votre nouvel ouvrage Saint Bruno et l'Ordre des Chartreux et j'ai pu reconnaître tout ce qu'il vous a fallu de patience, de recherches et d'érudition pour mener à bonne fin cet important travail. Je vous félicite d'avoir su trouver, au milieu des soins multipliés du ministère pastoral, le temps nécessaire pour vous occuper d'études aussi graves et aussi sérieuses, et je ne puis que vous encourager à les continuer avec le même zèle.

Votre ouvrage me paraît digne d'être publié; il prouve de la part de l'auteur une étude approfondie de son sujet et montre que, à la clarté d'une science vraie et d'une critique impartiale, vous avez su apprécier avec sagesse les hommes, les événements et les faits historiques que vous développez d'une manière attrayante.

En reliant, comme vous Pavez fait, la vie de saint Bruno à l'histoire ecclésiastique de son temps, vous avez donné à l'existence d'un homme l'intérêt qui s'attache à l'époque des grandset courageux combats de GrégoireVI I et d'Urbain II. Il n'est pas jusqu'à la province de Reims dont je viens de m'éloigner, qui ne reçoive de votre livre un rayon de lumière. La célèbre école de la ville de saint Rémi trouve une belle page de son histoire dans ce même livre, où vous rappelez que le fondateur des Chartreux fut à la fois son écolier et son écolàtre.

Écrit dans un style clair et d'une noble simplicité, cet ouvrage nous fait connaître dans toute sa vérité la vie intime, le but surnaturel et l'influence salutaire des pieux enfants de saint Bruno : c'est là un beau sujet d'étude. Les Chartreux voués à la solitude du cloître, vivant de renoncement et accomplissant, jour et nuit, le ministère de la prière et de l'immolation perpétuelle, sont en effet appelés, par les moyens que la Règle leur fournit, à détourner les fléaux qui menacent la société et à prier Dieu de l'arrêter sur la pente fatale où elle glisse si rapidement. Je désire que l'influence de votre travail se fasse sentir d'une manière utile pour le bien de la religion.

En retraçant la vie des Révérends Pères Généraux si illustres par leur piété, leur savoir et leur sainteté, en rappelant les faits saillants de leur histoire, vous avez très

bien fait ressortir non seulement leur ardent amour et leur dévouement sans borne pour leur Institut, mais encore les services qu'ils ont rendus aux lettres, aux sciences et aux arts ; vous avez su faire valoir, avec talent, leur inaltérable attachement à la Chaire de saint Pierre et le zèle qu'ils ont mis, dans tous les temps, à soutenir les intérêts de l'Eglise; ce livre n'est donc pas seulement digne d'un érudit, il est digne aussi du sacerdoce dont vous êtes honoré ; c'est pourquoi, tout en vous félicitant de l'avoir écrit, je lui souhaite le succès qu'il mérite.

Recevez, mon cher Curé, l'assurance de mes plus dévoués sentiments en N. S.

^ f GUILLAUME-RENÉ

Evêque d'Arras, de Boulogne et de Saint-Omer.

ARCHEVECHE

de Cambrai, le 6 août i833.

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