PARC-SAINTE-MARIE
La Chartreuse du Parc-Sainte-Marie, au diocèse du Mans, département de la Sarthe,doit sa fondation à Marguerite , comtesse de Fif , et à Geoffroy de Loudun, Évêque du Mans, qui consacra Téglise , en 1244. La comtesse Marguerite avait donné le terrain qu'elle avait obtenu de son oncle Raoul, vicomte de Beaumont, et l'Évêque du Mans avait fait construire les bâtiments. Ce Couvent eut beaucoup à souffrir pendant les guerres de religion ; rebâti en entier dans la seconde moitié du XVIIP siècle, il était en pleine prospérité, lorsque le décret de TAssemblée nationale du i3-i9 février 1790, vint mettre fin à son existence.
THARNUT.
La Chartreuse de Tharnut, dont les manuscrits de la Grande Chartreuse constatent seulement l'existence, fut fondée en 1287, pour des Moniales, et n'eut pas une longue durée.
PARIS
La Chartreuse de Paris eut pour fondateur saint Louis, Roi de France, Les Chartreux s'établirent
d'abord à Gentilly, mais bientôt Louis IX leur ayant donné, dans la ville de Paris, le château de Vauvert, situé près de l'endroit où se trouve actuellement le palais du Luxembourg, ils y bâtirent leur Couvent. La charte de fondation est de 1259. Le Bref de Clément IV, au Roi de France, en faveur des Chartreux de Paris, est daté de Viterbe le i5 des calendes d'août, deuxième année de son Pontificat. Les lettres-patentes de Philippe-le-Bel, qui confirment la donation de saint Louis, sont de juillet 1286 et d'avril 1287. La première pierre de l'église du Couvent fut posée par le Roi de France, en 1260, et Jean d'Aubigny, Évêque de Troyes, consacra l'édifice le 26 juin i325, Jeanne de Châtillon , comtesse d'Alençon et de Blois , femme de Pierre de France, comte d'Alençon, fonda dans ce Monastère quatorze cellules. La charte a été donnée à Gentilly, le mardi de la fête de Notre-Dame de mars, 1290. Parmi les principaux bienfaiteurs, on compte Nicolas Gaudard; Philippe de Marigny, Évêque de Cambrai, puis Archevêque de Sens \ Jean de Gérées, trésorier de l'église de Lisieux et clerc du Roi Philippe V, au nom de son oncle André Porcheron. Le Chapitre et la sacristie de la Chartreuse de Paris sont dus à la magnificence de Pierre Loisel, bourgeois de Paris, et de Marguerite sa femme. Guillaume de Flavecourt, Archevêque d'Auch, consacra l'autel du Chapitre en l'honneur de saint Pierre et de saint Paul, le i3 août i332. Cette Chartreuse était très célèbre, et renfermait un grand nombre de Religieux ; elle
a donné plusieurs Généraux à l'Ordre, Supprimée d'abord par décret de l'Assemblée nationale, en lygo, transformée ensuite en ateliers pour la fa-, brication du salpêtre, des piques et autres armes, elle fut plus tard démolie par ordre de la Convention.
PARMÉNIE.
La Chartreuse du Mont-Sainte-Marie, ou du .
Val-Croissant^ au mont de Parménie, près de Beaucroissant, diocèse de Grenoble, département de l'Isère, doit sa fondation à Falcoz, Évêque de Grenoble; elle fut construite, pour des Moniales, en 1257, sur l'emplacement d'une collégiale de chanoines réguliers. Le Pape Clément IV lui accorda une Bulle de confirmation , datée de Viterbe le 18 janvier 1267. Cette Chartreuse possédait un hôpital, sur les limites de Voreppe, les Plantées, près de Fontanil. En i3oo, le prieuré bénédictin de Saint-Robert, donna aux Religieuses de Parménie, en échange de cet hôpital, l'ancien prieuré d'Eymen, au diocèse de Valence. Les Albigeois, commandés par Raymond, prince d'Orange, incendièrent le Monastère en iSgo. Les Moniales se retirèrent à Revesti, dépendance de la Chartreuse des Escouges, et y restèrent, jusqu'en 1422. La Chartreuse de Parménie, n'a3'-ant pu être' réparée, l'Ordre l'abandonna, en iSgS, et elle rentra
en la possession de l'Evêque de Grenoble, selon les conventions stipulées dans Tacte de fondation de
FREÛDNITZ.
La Chartreuse de Val-Joyeuse, située au milieu des rochers et des montagnes qui avoisinent Freûdnitz, au diocèse de Laubach, province de Carniole (Autriche), fut fondée par Ulric III, duc de Carinthie et de Carniole, d'après les intentions de Bernard, son père. Cette Maison jouissait d'une grande renommée, en Autriche, mais elle ne put échapper aux innovations religieuses de l'Empereur Joseph II qui la supprima en 1783.
CELLE-ROBAUD.
La Chartreuse de Notre-Dame-de-Celle-Ro- BAUD, au diocèse de Fréjus, département du Var, était occupée par des Religieuses Bénédictines ; elle passa , le 1 1 avril 1 260, aux Moniales de Bertaud,par la cession d'Indie, Abbesse du Monastère des Bénédictines de Souribes, avec l'approbation d'Othon, Évêque de Gap, à la condition d"y mettre des Moniales Chartreuses. L'installation de ces Religieuses eut lieu en 1260, Soixante ans plus
tard, en 1820, le Monastère dut sa restauration à He'lion de Villeneuve, grand-maître des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, et frère de sainte Roseline, alors Prieure de Celle-Robaud. En i323, le Pape Jean XXII décréta l'adjonction, à cette Maison, des revenus du prieuré de Saint-Martin. L'Ordre Tabandonna, en 1420, et ses biens furent donnés, en 1448, à la Maison de Durbon.