BORDEAUX
La Chartreuse de Notre-Dame-de-Miséricorde, au faubourg de Bordeaux, au delà de la Garonne,
au diocèse de Bordeaux, département de la Gironde, eut pour fondateurs Ambroise de Gasq, seigneur de Bleignac, baron de Saint-Sulpice, qui se fit Chartreux au Monastère de La Tour, en Calabre, et Ambroise d'Escoubleau, Cardinal de Sourdis. Au XIV'= siècle, quelques Chartreux de Vauclair, chassés de leur Couvent par les Anglais, avaient bâti un petit ermitage près de Bordeaux, sur une propriété qui leur avait été donnée par Pierre Maderan, notaire de la ville. L'acte est du 5 octobre i383. Arnaud Andra, chanoine et prévôt de l'église Saint- Seurin,leur avait fait aussi une donation le 26 août 1425. Toutefois, ils quittèrent cet ermitage, en 1,460, pour retourner à Vauclair, et ce fut seulement au XVII ^ siècle que le Chapitre Général rétabht la Chartreuse de Bordeaux. La Révolution française la supprima en 1790 et la fit vendre comme bien national.
LA BOUTILLERIE.
La Chartreuse de Notre-Dame-des-Sept-Dou- LEURs, ou de la Boutillerie^ sur la Bèque, près de Fleurbaix, au diocèse d'Arras, département du Pasde-Calais, fut fondée par Jean Le Vasseur, écuyer, licencié en Tun et l'autre droit, mayeur de la ville de Lille, seigneur de la Boutillerie et de Rabodanges. Parmi les bienfaiteurs de cette Maison, on cite : l'Archiduc Albert et Isabelle d'Espagne, son
épouse ; Girard de Mérodes, seigneur d'Oignies ; Hippolyte Petitpas, seigneur de Gamaus, Jean Vanvicht, seigneur de Nieuvenhove ; Jean de Bosquiel, seigneur de Cadmitz ; Dom Jean de Méers, Abbé de Saint-Sauveur d'Anchin ; Charles de Lallaing, comte de Hooestrate -, Antoine d'Oignies, seigneur de Pérenchies. La première pierre de l'église fut bénite le 25 septembre 1627, mais la consécration, présidée par Christophe de France, Évêque de Saint-Omer, n'eut lieu que le 16 septembre 1644. Dans le courant du XVIP siècle, le Monastère et ses propriétés furent pillés et ravagés par les Allemands. A cette époque on cite parmi les bienfaiteurs : en 1647, François Leclerc, seigneur de Montisant, chanoine de Cambrai ; Philippe Lefebvre, curé de Fromelles et doyen du district de La Bassée; en 1648, Jacques de Voogt, seigneur de Sonnebeck; Antoine Blave ; chapelain de Notre-Dame-de-Maisnil; en 1649, Thomas Brasme, pasteur du Maisnil; en i652, Philippe deHaynin, seigneur du Maisnil; en 1657, Albert- André de Sainte-Aldegonde, baron de Maingoval; en 1660, Michel de Lannoy, seigneur de Carnoy; en 1669, le Cardinal d'Esté, Abbé de Saint-Vaast, et les Rehgieux de son Abbaye; et en 1643, Michel Le Tellier, plus tard chancelier de France.
La Chartreuse de la Boutillerie eut encore beaucoup à souffrir, en 1706 et en 1708, des déprédations des Allemands, des Anglais et des Hollandais. A l'époque de la Révolution, elle devait servir de heu de réunion pour les Chartreux de la contrée.
mais, en 1791, les révolutionnaires firent vendre le Couvent et ses propriétés comme bien national.
WALDITZ.
La Chartreuse de l'Assomption-de-la-Bienheu- REUSE- Vierge-Marie, ou encore Camp-Notre-Dame^ au diocèse de Prague (Bohême), eut pour fondateur Albert de Waldestein, prince du Saint-Empire, conseiller de TEmpereur et capitaine général. Il dota richement les Chartreux, mais étant mort et ses biens ayant été réunis au fisc, TEmpereur Ferdinand s'attribua le titre de fondateur, en concédant aux enfants de saint Bruno les biens qui provenaient d'Albert de Waldestein. La première pierre de l'église fut posée le 3o juillet i632, par le Cardinal Ernest de Harach, Archevêque de Prague; et la consécration se fit par Matthieu Ferdinand, Archevêque de Prague, le 9 octobre 1668. Ce magnifique sanctuaire fut détruit dans un incendie, le jour de Saint-Marc de l'année 1676, et reconstruit aussitôt avec plus de splendeur. L'Empereur Joseph II supprima ce Monastère en 1782.