‹ Saint Césaire (470-543) [microform]Chapitre 15 sur 98 · Saint Cesaire^ par Tabbe Malnory, ch. vi · texte numérisé non relu

Saint Cesaire^ par Tabbe Malnory, ch. vi

2. Ed. Leblant, Les Sarcophages chretiens de la ville d* Aries, p. 49- Congres arche'ologique d' Aries, 1876. Cesaire,, d'apres son testament, fit legs a son successeur d'une partie de ses vetements indumenta paschalia, parmi lesquels est une tunique. Ce serait celle de la Major qu'on attribue a notre saint. Elle provient de 1'abbaye de Saint-Cesaire situee sur la paroisse de la Major et fut apportee a cette eglise au moment de la Revolution.

EPISCOPAT DE CESAIRE, , 41

et I'o). A cote est un temple avec colonnade, qui represented Saint Sepulcre. Deux gardes endormis, aopuyes sur leur lance, 1'encadrent. Au has est une sorte de livre ouvert. Ces deux pieces ont un grand interet scientifique et religieux.

Aucun archeologue, aucun pelerin curieux ne s'arrete dans la vieille cite d' Aries sans les visiter. II voit, du m6me coup, le pallium et des lambeaux d'etoffe que la piete des vierges de 1'abbaye de Cesaire attribuait a leur fondateur.

On savait par les serviteurs du saint que son linge de desso.us etait miserable. Messien et Etienne racontent, en effet, qu'un Franc, courbe par la fievre, se presenta a eux et leur dit : Donnez-moi done un morceau de drap de 1'eveque . Le diacre Etienne lui ayant apporte un linge qui avail servi au corps du saint : Garde, garde, je n'en veux pas, reprit rhomme avec fureur ; je sais que le saint, que le Benit ne se servait que de haillons, ii m'en faut un bout pour le tremper et boire 1'eau 1 .

Ce trait d'unbarbare nous peint Cesaire.

Pour le dehors, pour 1'usage, pour le monde, il voulait ressembler aux autres eveques, porter les insignes de sa fonction, s'habiller avec correction; mais, dans son interieur et pour ce qui le touchait personnellement, il bannissait avec dedain tout luxe, tout confortable, toute futilite. Nous verrons qu'il restera moine sur son siege, moine par la regie le jour et lanuit, moine a 1'exemple d'un saint Martin, d'un saint Maximeet d'un Fauste.

i. Fita, lib. II, cap. iv, 3o : Ego audivi quod ilk Benedictus non linteum sed pannos in usum habuerit, quod ego lavare volo et de aqua desidero bibere.

Lanuitilse levait pour lire les Nocturnes etprenait le souci de reveiller les clercs, ses compagnons d'office 1 . Le matin, il disait les Heures Apostoliques, puis se mettait a la lecture, meditant 1'Ecriture Sainte et preparant ses predications. C'est de son coeur, ainsi que d'un tresor, qu'il tirait le meilleur de ses

sermons 2 .

Un de ses premiers actes episcopaux fut d'introduire a la basilique de Saint-Etienne la recitation de Tierce, Sexte et None 3 . Sans doute il y avait deja les reunions liturgiques de Matines et de V6pres pour les deux crepuscules, mais, se souvenant de Lerins, il voulut que la louange de Dieu fut en quelque sorte incessante dans sa cathedrale. Autour des clercs se groupaient un noyau de fideles pieux et les penitents qui se preparaient a la reconciliation.

Les Barbares aimaient les cantiques et le peuple du Midi se passionne aisement pour les airs musicaux, Cesaire introduisit a Aries le chant des hymnes et les melodies de son ile bienheureusq qui avaient tant de charme sur les solitaires.

Et ainsi la psalmodie rehaussait le chant a deux choeurs et donnait a tous, clercs et laics, un attrait inconnu pour les offices.

Le clerge d' Aries se rapprochait de plus en plus des moines et mettait sa gloire a les copier, repondant a leurs austerites par 1'apostolat, a leur silence par la piete, a leur contemplation par le retour des pecheurs vers la pratique sacramentelle.

Parmi les clercs qui se glorifient d'avoir ete les

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