Arbor felixy auj. Arbon, canton de Thurgovie
accueil d'ua prêtre, nommé Willimar. Durant sept jours de doux et pieux colloques, les voyageurs se reposèrent sous ce toit hospitalier- de leurs fatigues et de leurs ennuis. Ils apprirent que, non loin de là, à la pointe du lac, sur la route romaine, se dressait un \ienx castrum. Il s'appelait Brégenz®; des terrains fertiles, des eaux poissonneuses l'entouraient qui fournissaient des. vivres en abondance, et les forêts et les montagnes n'étaient pas loin qui l'enveloppaient de leur solitude. La région toutefois n'était point déserte : chrétiens et païens s'y rencontraient, ample moisson à préparer et, s'il plaisait à Dieu, à recueillir.
Sur ces renseignements de Willimar, la troupe s'embarqua sur le lac et se dirigea vers Brégenz où le Seigneur semblait l'appeler. Sur la rite, presque à l'embouchure du Rhin, s'élevait une chapelle dédiée à sainte Aurélie, mais abandonnée, sans service et sans culte : n'était-ce point une église que la Providence procurait à la colonie monastique? Colomban avait la foi trop empressée pour ne point se le persuader et c'est à l'ombre de ce sanctuaire qu'il fixa l'emplacement du nouveau cloître. Le site d'ailleurs était fait pour le ravir. A l'est, le Pfânder dressait ses roches boisées ; au sud, entre les fines dentelures de monts souvent couverts de