Ce traité, signale par Jonas, est perdu
Pavie, doDt le nom de San-'Columbano et le culte fidèle de reconnaissance et d'amour, témoignent hautement des fruits de salut que son ministère y opéra*.
Un homme, sans doute un habitant du pays, — il s'appelait Joconde, — entendit parler des désirs que le saint avait manifestés'. Dans la vallée de la
i. San-ColombanOf province de Pavie et diocèse de Lodi, Italie. (Gianelli, Fita di S, Columbano^ Prefazione et cap.
XVÏII.)
a. Gianelli (op. cit.^ c. xvii et sq.), d'après Luigî délia Terre (Vit, di. S. Col.) et Rossetti (Bobbio illustrato^ I, 3 et sq.) mentionne, comme très probable, un premier voyage à Bobbio, entre SgS-SgS : le saint aurait ëté appelé en Lombardie par saint Grégoire le Grand, pour y combattre les Ariens; il aurait bâti son monastère à Bobbio et il serait revenu à Luxeuil, après deux ou trois ans de séjour dans l'Apennin, laissant sa seconde fondation sous la direction de l'un de ses disciples. — Pendant qu*il aurait été à Bobbio, il aurait poussé jusqu'à Rome; il aurait, par une charte signée de lui et de ses religieux, mis son abbaye lombarde sous la protection du Saint-Siège et il aurait reçu du pape l'une des six urnes de Cana. Et, à l'appui de son dire, Gianelli (c. xx) apporte la tradition du monastère, des peintures et des sculptures de l'église abbatiale, l'urne conservée encore aujourd'hui dans le trésor de l'église San-Colombano, à Bobbio, et la charte qu'Ughelli (Ital, sacr,^ IV, Bobbio) a transcrite, d'après le diplôme qu'il a vu de ses propres yeux dans les archives de l'abbaye.
Pour savoir la valeur de cette tradition, il faudrait pouvoir remonter à son commencement : ce qui est impossible ; et l'urne, si tant est qu'elle soit authentique (F de Mély, F'ases de Cana^ dans Monuments.., Piot, X, p. i45 et sq.), peut fort bien être venue à Bobbio dans une autre circonstance moins éclatante. Quant au diplôme transcrit par
Trébie, celte rivière que la défaite des Romains rendit à jamais fameuse, à Tendroit même où dévale le torrent du Bobbio, s'élevait une vieille église dédiée à saint Pierre. L'édifice tombait en ruines; mais les montagnes offraient en abondance et le bois et la pierre; les champs étaient fertiles; les ondes, poissonneuses; la solitude, parfaite. Fermé en aval par une gorge étroite et profonde, ce cirque de hautes collines offrait vraiment un coin idéal pour y vivre seul avec Dieu. Joconde s'empressa de signaler au roi Agilulf cette retraite du Bobbio et
Ughelli, il porte toutes les marques d'une supposition : ce q'est pas le premier diplôme inventé au moyen âge.
De plus, Jonas (op, cit,^ I, 29) ne parle que d'un seul Toyage en Italie, et après la mort de Thëodebert ; et son silence ici serait inexplicable, car cette anticipation de la fondation de Bobbio, surtout ce pèlerinage à Rome et l'octroi d'une relique si précieuse, étaient tout à l'bonneur de son héros et de son monastère : n'étaitp-il pas Italien et moine de Bobbio? — Saint Colomban, dans sa lettre à Sabinien, successeur de saint Grégoire (M. G. H., Eplst,^ III,'i64)t se plaint de n'avoir pu encore réaliser son désir de visiter Rome, et il déplore que les deux messages qu'il a envoyés à Grégoire n'aient pu parvenir à leur destination. — Enfin, le premier successeur de Colomban à Bobbio, de l'avis de tous, fut Athala : or, Athala fut laissé à Luxeuil, lors de l'exil (M. G. H., Epist,^ III, 167), et il ne rejoignit son maître qu'en cours de route; quel suppléant, alors, Colomban a-t-il laissé à Bobbio? l'histoire ne le dit pas, et pour cause : Bobbio ne fut en effet fondé qu'en 614 et le pèlerinage de Rome est une légende formée sur le désir que le saint manifesta bien des fois de conférer avec le vicaire du Christ et sans doute pour expliquer la présence de l'urne de Cana dans le trésor de l'église abbatiale.
Colomban, informé de la proposition, fut vite conquis par Fattirance d'un site à la fois sauvage et gracieux : il y trouvait des montagnes, des eaux fraîches, des arbres, des rochers, des cavernes pro* fondes et Téglise, comme à Luxeuil, était consacrée au prince des Apôtres. Il y mena ses disciples et, tout brisé qu'il fût, il mit lui-même la main à Tabatage des arbres, à la réfection du sanctuaire, à la construction des cellules. A cette époque, un monastère était vite construit : une église en bois ou en roches brutes, quelques cabanes, un mur d'enceinte en grosses pierres, une chapelle extérieure pour les gens du pays. Bientôt donc, il éprouva la joie de se sentir enfin, lui et les siens, dans cette cité permanente qui si longtemps s'était dérobée devant lui : ce dut être dans le courant de l'année 6i4* Et, sans trop de bonne volonté, on pourrait retrouver dans la configuration de la petite ville de Bobbio* les grandes lignes de la topographie du monastère primitif : l'église abbatiale, avec sa crypte antique, marquerait la place de l'ancien sanctuaire des moines et la cathédrale, celle de l'oratoire extérieur, destiné au service des habitants du pays.
I. Bobbîoj chef- lieu d^airondissemetit de la province de Pavie, au pied du Monte-Penice (ï45o m.) et au conâuent de la Trébie et du Bobbio. Siège d*uQ ëvêchë (depuis ioi4), dépendant de la métropole de Gènes. — Sur Bobbio, cf. Rossetti, Bo66io illustrato^ 3 in-8% Turin, 1795,
Colomban, selon son habitude, se délassait de tous ees travaux, comme de tous les soucis de la conduite des âmes, en se livrant à la prière, h la méditation et Ton montre encore dans les roches qui dominent la vallée, en amont et en aval, deux grottes presque inaccessibles qui furent ses retraites préférées : « Qui me donnera des ailes, comme à la colombe, pour m'envoler et trouver le repos ? pouvait-il redire avec le Psalmiste* : je luis au loin dans le désert; j'y séjourne dans la solitude; j'y attends Celui qui me sauve de Taccablement de Vesprit et du tourbillon des aflaires ».
A son tour, cependant, le vainqueur de Tbéodebert était mort, à Metz, en 6 1 3,* emporté par la dysenterie et Clotaire II, le roi de Neustrie, était devenu Tunique maître de tout l'empire mérovingien. Brunehaut n'avait point tardé à recevoir dans un supplice horrible le châtiment de sou ambition, plus encore que de ses crimes, et, des quatre fils de Thierry, deux seuls avaient échappé au trépas-, mais par la fuite ou par la profession religieuse.
La prédiction que le saint avait tant de fois répétée, s'était donc de tout point vérifiée. Clotaire Ven souvint. Il voulut rendre le père à ses enfants, l'ascète à sa forêt de la Vôge, et il dépêcha vers