II PRÉFACE
vieillards se rappelaient avoir vu ces papiers, mais nul ne savait ce qu'ils étaient devenus. Il existait cependant à la mairie un coflre séculaire, qui pouvait bien les receler encore. Grâce aux soins obligeants de M. Bernier, alors adjoint du maire de Saint-Emilion, le coffre fut découvert^; il contenait, en e£Fet, un amas de papiers, mais en partie rongés par l'humidité ou par les insectes. Cependant l'histoire de ma ville était là , icsar il s'y trouvait un grand nombre de chartes , de' registres municipaux, de titres et de documents divers. Je dépouillai, j'analysai, je copiai, je fis tout ce que le temps dont je pouvais disposer me permettait de faire.
iDe retour à Puris, je me hâtai de mettre en
ordre mes. nombreux matériaux, et je présentai,
eh i83S, à l'Académie des inscriptions etbelles- Ifettres, un ouvrage que cette académie daigna couronner comme l'un des meilleurs qui lui fussent parvenus sur nos antiquités nationales^. Je sentais cependant que je n'avais pas fait tout ce qu'il m'était possible de faire. Je revins
^ Dans un espèce de c£^chot qui servit autrefois de prison municipale.
*' 11' Académie royale des inscriptions et belles-lettres est autorisée par le ministre de Tinstniction. publique à disposer,
PRÉFACE. m
donc à Saint-Ëmilion , en iSSg, avec rintention de compléter mes recherches. M*, le vicomte de Malet Roquefort, maire de la ville, voulut bien mettre à ma disposition tout ce que renfermaient les archives de la mairie^. Cette fois je copiai toutes les chartes^; je dépouillai à fond les registres municipaux et les papiers divers qu il était possible de lire encore : abondante et précieuse moisson, qui me permettait de mettre la dernière main à l'ouvrage ébauché en i838.
Cet ouvrage, entièrement refondu aujourd'hui, comprend Thbtoire d'un monastère et rhistoire d'une ancienne commune, avec la description des monuments élevés par le monastère
chaque année, de trois médailles d*or, de la valeur de cinq cents francs chacune, en faveur des trois auteurs qui, à son jugement, lui auront envoyé les meilleurs ouvrages sur les antiquités nationales.
^ J'ai étiqueté et dassé les pièces les plus curieuses des ar- ' chives de Saint-Ëmilion. J*ai donné aussi à cette ville quelques bons livres , dont je me propose d'augmenter successivement le nombre, de manière à former une petite bibliothèque à Tusage du public. M. le maire de Saint-Ëmilion s est ^npressé de faire disposer un local destiné à recevoir la petite bibliothèque et les archives.
^ J'ai fait pour le ministre de l'instruction publique, et sur sa demande, des copies de ces chartes et de qudques autres pièces curieuses.