‹ Saint-Émilion, son histoire et ses monuments. [With] AtlasChapitre 33 sur 141 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

clausuram vïUe Sancti-Emeliani non diruemns. M?iis comme îte roi voulait , tout en conservant à Saint-Emilion ses remparts et sa commune , s'assurer de l'obéissance des habitants du lieu, il se réserve, par les mêmes lettres patentes, le droit de bâtir une forteresse dans la partie de la ville qu'il lui plaira de choisir : fortericiam nhi nobis placuerit faciemns. Cette forteresse fîit construite en effet.

On choisit du côté du couchant, en dedans du mur d'enceinte, le point du plateau qui parut le mieux dominer les différentes parties de la ville. Ce lieu une fois trouvé , on songea à l'isoler : du côté du plateau fut donc pratiqué un fossé large et profond , creusé en grande partie dans le roc; deux autres fossés, également creusés dans le roc, descendirent parallèlement sur le versant de la colline; enfin entre ces deux parallèles, le plan incliné fîit disposé en une suite de terrasses, qui se prolongèrent jusqu'au fond du vallon. On eut ainsi dans la partie la plus élevée de la ville un dé en pierre, sur lequel on éleva une tour carrée.

La surface du massif servant de base à la tour est de quatre cents mètres environ. La tour elle-même occupe le centre de cette surface, de manière à laisser une étroite terrasse de tous les côtés. Ses quatre murs , légèrement inégaux, ont de neuf mètres im tiers à neuf mètres et demi de largeur. Leur épaisseur, dans les parties les moins fortes, est de deux mètres vingt centimètres ou près de sept pieds; et dans les parties

saillantes en contre-forts, de deux mètres cinquantecinq centimètres, ou près de huit pieds. *

Dans le mur de face , lequel domine sur la partie basse de la ville, est pratiquée une porte large de . soixante*quinze centimètres, ou vingt-sept pouces, haute de deux mètres, ou six pieds deux pouces, arc en plein cintre. Cette porte donne entrée dans une pièce à peu près carrée, dont le sol est élevé d' environ quatre pieds au-dessus du sol de la terrasse, et qui ne reçoit le jour que par une meurtrière, ouverte dans le même mur, de quatre pouces en largeur sur une hauteur de quatre pieds. Une voûte à plein cintre , élevée de six mètres quinze centimètres , ou près de dix-neuf pieds, sert de plafond à cette pièce basse.

Dans l'angle opposé à la porte d'entrée , mais toujours du côté de la façade, on trouve un escalier en colimaçon pratiqué dans l'épaisseur des murs , au point de leur jpnctîon. Cet escalier, éclairé par deux petites fenêtres formant meurtrières, se termine au premier étage.

Ce premier étage se coinpose, comme le rez-dechaussée, d'une pièce carrée éclairée du même coté que la première, par une haute et large fenêtre. B est aujourd'hui à ciel ouvert; des broussailles et des arisiustes y croissent en toute liberté ^

En retour de l'embrasure de la fenêtre , un étroit

^ Une petite porte, pratiquée dans l'un des coins de la pièce , donne entrée dans un étroit couloir ménagé dans l'épaisseur des murs, et conduisant à un petit cabinet dont il est facile de deviner Tusage.

escalier pratiqué dans Tépaisseur du mur de face conduit au sommet de la forteresse. Ici tout a été détruit : les murs étaient autrefois plus élevés qu*aujourd'hui de quatre à cinq assises et surmontés de parapets. Tels qu'ils sont encore, ces murs s élèvent à quatorze mètres et demi au-dessus du sol; deux tours massives surmontent celui qui domine le plateau. Autant qu'on peut en juger d'après Fétat actuel des constructions, la pièce du haut devait être voûtée comme celle du rez-de-chaussée ; et au sommet même de la forteresse existait sans doute une terrasse entourée par le parapet, et défendue par les tours dont nous venons de parler.

La forteresse de Saint-Emilion porte dans le pays le nom de Château du roi. Ce nom , qui sans doute a traversé les siècles , n a aucune signification ni pour les habitants du lieu , ni pour les auteurs qui ont écrit sur Saint-Émilion, et qui ne soupçonnent pas même la destination primitive de cette tour isolée. Si elle réveille en eux quelque idée vague , déiivant plutôt du nom que de la nature du monument, c'est que la tour carrée est un reste de quelque maison royale ^

^ ÉcootoDS M. Jouhannet : « Les principaui moDuments de Saint- Émilion étaient. . . on château dont les débris ont conservé josqu à ce jour le nom de Château du roi. De quel roi? jeTignope; peot«4tre de queique»ii]^ns de ces princes anglais qui ont trop longtemps possédé TÂquitaipe. » (Masée dAquiUùne, tom. Il, p^.aft.) L auteur des Essais sur Liboiirne, etc. est bien plus positif encore. .<

Il faut que le Château du roi de Saint-Émilion ait été construit bien

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