DEUXIÈME PARTIE
pour les deniers en provenant être employés aux réparations des murs et des fortifications de la ville et non ailleurs , parce que , y est-il dit , Saint-Emilion tt est de grant garde , et à Toccasion des guerres , la murailhe et fortification d^icelle sont en plusieurs lieux ruinées et décheues par terre, et en voye de tournera démolition, se pourveu n'y estoit, et par ce est besoing et nécessité d'y faire plusieurs grant l'éparations, etc. ^. »
On sait que Tan i USi les princes anglais rentrèrent momentanément en possession du Bordelais, qui se replaça sans difficulté , on pourrait dire avec empressement sous leur domination^ : «Et disait-on, lors communément, écrit Monstreiet, ceux du pays de Bordelois sestoient volentiers rendus aux Anglais, pour ie grant desplaisir qu'ils prenoient en ce que le roy, depuis sa conqueste, avoit assis au pays grand tailles et grous subsides : et si les traictoient les gens du roy trop plus durement qu'ils n'avoient accoustumé estre traictés des Anglais *. »
Mais à peine les Anglais s'étaient-ils installés dans le Bordelais , que les troupes du roi de France les en débusquèrent de nouveau, et cette fois pour toujours.
' Arch. de Saint-Emilion.
' Les écrivains bordelais ont prétendu le contraire. C est Youloir ^usser rhistoire sans motif. Bordeaax perdait son rang de capitde pour devenir une simple ville de France-, il n*est donc pas étonnant qu'il se ^oit montré peu favorable an roi 6é France.
^ Monst. Chron. vol. III, p. 55; Paris, iSqS.
Le choc ie plus considérable eut lieu devant Castillon : la déroute des Anglais fut complète; un grand nombre d'entre eux y trouvèrent la mort; le reste, ou se jeta à la nage dans la^Dordogne qui les engloutit en grande partie, ou tenta de se replier sur les places voisines : « et poiu* advancer [devancer) ceux qui s'en fuy oient par terre , montèrent à cheval ie comte de Ponthièvre... et plusieurs de tous estats estants de la compagnie des François, lesquels ne cessèrent oncques de tuer Anglais en les poursuivant jusques auprès de Sainct-Milion ^ » Le lendemain Castillon se rendit à discrétion.
((Depuis la reddition dudict Castillon, partaient lesdicts seigneurs conduiseurs de Tost du roy et commissaires en ceste partie avec leur puissance, canons et artillerie, lesquels viendrent devant Sainct-MUion, laquelle tantôt se meit en Tobeyssence du roy, considérant qu'il leur estoit pas possible de résister contre sa puissance. Le roy les reçeut en sa mercy ^. »
La nouvelle prise de possession de la part du roi de France donna lieu a de nouvelles capitulations; mais cette fois les conditions en furent dictées par le vainqueiu". C'est le 21 juillet i/i53 que fut signée celle de Saint-Émilion. Je trouve dans cet acte le passage siiivant : <vEn ce qui touche les privilèges,
franchises et libertés, demoureront au bon plaisir et
* Monst. Chron. vol. III, p. 67, B-, Paris, iSgS. ^ Ibid.