A Lyon. Solde de caisse de Tolède 23 178 — 18 sols
2 floréal. — De Richard et Bonnet. Restant de caisse. 146 —
8 — — A Lyon. Du receveur général 30.000 —
9 — — De Duviquet. Solde de caisse 2.111 —
9 — — De Daumale. Solde de caisse 1 .600 —
10 — - De Guyon 14— 11 sols.
18 — — De Lecanus 300 —
18 thermidor. — A Lyon. Au receveur général 10.000 —
toTAL 71330UV. 9sols.
16 floréal. — Compté à Laporte 2 100 liv.
11 prairial. — Compté à Laporte « 4.020 —
15 — — Solde aux membres de la commission temporaire 26.031 —
Deux missions dans l'Isère 1 .765 —
Mission dans la Loire 2.750 —
Dépenses à Lyon, du 25 germinal au 15 fruc- ' tidor, pour les courriers, bureau des représentants, voyage et retour 33.047 —
Payé au sellier 2.464 —
Rendu au bureau (solde) 103 — 9 s.
Total 71.3501iv.9s. 71.^0 liv. 9 s.
J'ai rendu à l'administration des voitures, la diligence qu'on m*avoit remise en partant,
Reverchon ajoute :
Je n'ai reçu aucun don patriotique, ni contribution quelconque ; je n'ai perçu, ni imposé aucune taxe révolutionnaire.
Charlier et Pocholle parurent, plus que leurs collègues, conciliants et enclins à la bienveillance, par situation plutôt que par tempérament.
Charlier Louis-Joseph, avocat, né à Laon, député de la Marne à la Législative et à la Convention d'où il passa aux Anciens, se distingua par sa fougue révolutionnaire, puis par son emportement contre Robespierre le 8 thermidor; il mourut quelque peu fou en Tan V (1797) : je crois même qu'il se suicida.
Pocholle Pierre-Pomponne-Amédée, (1764-1831), était de Dieppe; oratorien il jeta le froc aux orties avant d'avoir reçu les ordres; fat maire de Dieppe (1791), puis député de la Seine-Inférieure à la Convention ; chargé par le Directoire de l'organisation des Iles Ioniennes, il porta le titre rare de <r Commissaire général dans le département dlthaque y> ; n'eut qu'un rôle effacé sous l'Empire :
LES PRISONS VIDÉES — POCHOLLE A SAÏNT-ÉTIENNE 763
secrétaire général du département de la Roër, sous-préfet en Normandie ; exilé comme régicide en I8I69 rentré en 1830 ; mort en 1831.
Charlier et Pocholle, classés tous les deux au rang des avancés, semblaient devoir reprendre plutôt quelque dure politique révolutionnaire. C'est le contraire qui se manifesta.
En brumaire, Pocholle fit une longue tournée dans la Loire : le 19 (9 nov.), il était à Montbrison ; il vint peu après à Saint- Etienne.
La Révolution désarmait. Le 7 vendémiaire du nouvel an III (28 sept. 94), la Convention décrétait qu'il serait <r incessamment c pourvu à la composition et organisation, au complet, des auto- € rites constituées dans toute l'étendue de la République y>, ce qui sous-entend l'avènement dans les administrations d'un personnel nouveau choisi on devine dans quel sens.
Puis, le 25 vendémiaire (16 oct.), elle décrétait la fin de l'action jacebine :
I. Toutes affiliations, agrégations, fédérations, ainsi que toutes correspondances en nom collectif entre sociétés, sous quelque dénomination qu'elles existent sont défendues comme subversives du gouvernement et contraires à Tunité de la République.
Un peu après, le 20 brumaire (10 nov.)} le grand club, la maison mère des Jacobins allait être fermée rue Saint-Honoré...
Au commencement de l'an III,* en vendémiaire et brumaire, l'œuvre de libération et de mainlevée des séquestres fut presque achevée par une longue suite de mesures individuelles. Il serait difficile de les connaître toutes. Voici celles que j*ai pu recueillir sur les registres du District :
5 vendémiaire (26 sept.). — Arrêté de Charlier et Pocholle. Filliat (femme), de Saint-Chamond. — Mise en liberté.
15 vendémiaire (6 oct.). — Arrêté de Charlier et Pocholle,
Fontaine Pierre-Mathieu... « Le mandat d*arrèt dont est question sera regardé comme nul et non avenu »•
17 vendémiaire (8 oct.). — Arrêtés de Charlier et PochoUe.
Dugas Jean-Baptiste, de Chassagny, réclamé par plusieurs communes.
— « Sur le champ mis en liberté » sous surveillance. — Séquestre levé. Dugas Jacques, de Saint-Chamond, réclamé par sa commune. — « Sur
champ mis en liberté » sous surveillance. — Séquestre levé.
Un arrêté du Comité de Sûreté général en faveur des deux Dugas, daté
du 22 vendémiaire (13 oct.) ordonne aussi : c De suite en liberté...
Scellés seront levés ».
Jurie Jean-François ancien membre du District, à Maclas. — « Faculté
de réintégrer librement son domicile ».
Brochier Mathieu, de Rive-de-Oier. — Mise en liberté.
19 vendémiaire (10 oct.). — Arrêté de Charlier et Pocholle. Bruyas (veuve), de Siiint-Cbamond. — Mise en liberté.
20 vendémiaire (11 oct.). — Arrêté de Charlier et PochoUe,
Bollioud Jean-François-Joseph, de Burdignes. — De la Commission populaire. — Mainlevée du séquestre.
21 vendémiaire (12 oct.). -r Arrêtés du Comité de Sûreté g&nérale.
Colomb, de Marlhes. — Mise en liberté (détenu à Bourg-Argental). —
Mainlevée du séquestre.
Jourda de Vaux Noël, de Firminy. — Mise en liberté.
22 vendémiaire (13 oct.). — Ar^'èté de Charlier et PochoUe. Puy du Rozeil Pierre, de Rive-de-Gier. — Mise en liberté.
23 vendémiaire (14 oct.). — Arrêtés de Charlier et Pocholle.
Fyard Gabriel, ancien officier d'artillerie, de Saint-Genès-Lerpt. — Mise en
liberté.
Chapuis Pierre-Antoine, de Bourg-Argental. — Mise en liberté, ïrollier Esprit-Etienne, du Sardon (Rive-de-Gier). — Mise en lilierté. Rey Jeanne-Marie, veuve du Treyve « détenue aux Recluses » à Lyon,
de Saint-Chamond. •— Mise en liberté.
Chambarlhac Louis, de Saint-Sauveur. — Séquestre levé.
24 vendémiaire (15 oct.). — Arrêté de Charlier et PochoUe,
Guérin Joseph-Marie, de Saint-Chamond.
Guérin Hugues-Louis, de Saint-Chamond. — Séquestre levé sur leurs biens.
26 vendémiaire (17 oct.). — Arrêté de Charlier et Pocholle.
Bernou Jean- François, «t dit Rochetaillée », réclamé par les communes de Saint-Jean de bonnes fonts et Oulre-Furan. — « Sur le. champ mis en liberté ». — Séquestre Jevé.
LE6 PRtSONS Vloées — t>OCHOLLË A SAINT-ÉTrENNÈ 76S
27 vendémiaire (18 ocl.). — Arrêté de Charlier et Pocholle.
Courbon-Ravel Nicolas, de Saint-Etienne, président de VEgalité. — < Pourra librement rentrer chez lui ». — Renvoyé au District pour le séquestre.
Lambert-Cachet François, de Saint-Etienne. — Séquestre levé.
28 vendémiaire (19 oct.). — Arrêtés de Charlier et Pocholle,
Courbon Jean-François père, de Saint-Etienne, réclamé par la commune
de Saint-Victor- sur-Loire. — Mise en liberté. Nayme Etienne-Melchior, de Bourg- Argental. — Mise en liberté. Nayme Claude-Victor, de Bourg-Ârgenlal. — Mise en liberté.
29 vendémiaire (20 oct.). — Arrêté de Charlier et Pocholle.
Tripot Claude, de Saint-Etienne. — « Pourra librement rentrer dans ses foyers ».
29 vendémiaire (20 oct.). — An'êté du Comité de Sûreté générale.
Beraud Jean-Bapt. « dit le parisien », officier municipal de Praire-Royet. — Mise en liberté.
Dans Tapplication, les mesures de mainlevée de séquestre n'allaient pas sans difficultés et exigeaient de nombreuses décisions. Par un arrêté du 29 vendémiaire (20 oct.), les représentants Charlier et Pocholle s'en déchargèrent sur le District :
... A compter de ce jour, il pourra être fait droit par les administrateurs du District à toute demande en mainlevée de séquestre sur la simple présentation des certificats de non-rebellion et de non-émigration.
Une lettre expliquait et élargissait la mesure :
Charlier et Pocholle au District.
l«r brumaire (22 oct.).
Nous vous prévenons, citoyens, que nous étendons la mesure que nous avons prise par notre arrêté du 29 vendémiaire, pour assurer la prompte levée des séquestres sur les biens des citoyens de cette commune, à tous les avis favorables que vous avez donnés antérieurement. Ils deviennent donc définitifs et vous pouvez faire procéder à la levée des séquestres des citoyens qui les ont obtenus en suivant les formes ordinaires.
Salut et fraternité.
Je reprends l'énumération :
!•' brumaire (22 oct.). — Arrêté du Comité de Sûreté générale. Palluat, curé de Saint-Just-lés-Velay. — Mise en liberté.
766 LES PRISONS Vidées — I»ochoLle A âAiNT-ÉTiENKË
4«f brumaire (22 oct.). — Ai^êté de Charlier et Pocholle*
La Rochette Claude-Victor, de Bourg-Argental (?) — Mise en liberté. — Séquestre levé*
2 brumaire (23 oct.). — Arrêté du Comité de Sûreté générale.
Buisson François, curé de Firminy. « Vu Tattestation du représentant Javogues ». — Mise en liberté.
6 brumaire (27 oct.). — Arrêté du District. Vinant, de Saint-Chamond. ~ Séquestre levé.
9 brumaire (30 oct.). — Arrêté du District.
Hervier-Targe, de Saint-Chamond . — Séquestre levé.
a brumaire (l*' nov.). — Ai*rêté de Charlier et Pocholle.
Fromage Pierre-Antoine, ancien président du Tribunal. — Mise en liberté provisoire. — Séquestre levé « sur les meubles et effets à son usage personnel ». Un nouvel arrêté du 5 frimaire (23 nov.) leva complètement le séquestre.
11 brumaire (!•' nov.). — Arrêtés du District,
Gillier Claude-Marie, de Saint-Chamond. — Séquestre levé. Gauthier,; marchand de padoux, de Saint-Chamond. — Séquestre levé. Hervier Marc- Antoine, de Saint-Chamond. — Séquestre levé.
12 brumaire (2 nov.). — Arrêtés du District,
Angénieux, de Saint-Chamond. ~ Séquestre levé. Montagnier Ennemond, de Saint-Chamond. — Séquestre levé.
13 brumaire (3 nov.). — Arrêté du District.
Royer Jean-Henri-Joseph, de Saint-Chamond. — Séquestre levé.
14 brumaire (4 nov.). — Arrêté du Comité de Sûreté générale.
Chaland Jean-Bapt., de Saint-Chamond. — Mise en liberté. — Séquestre levé.
17 brumaire (7 nov.). — Arrêté du Comité de Sûreté générale. Lacombe Mathieu, aumônier de la Charité. — Mise en liberté.
. 18 brumaire (8 nov.). — Arrêté du District. Callet père, de Saint-Chamond. — Séquestre levé.
Les i>r1sonS vidées — t>0CH[0LLÈ A saint-étienne 767
49 brumaire (9 nov.). — Arrêtés du District.
Fanget, de Saint- Etienne. — Séquestre levé. Leclerc Nicolas, de Saint-Etienne. — Séquestre levé.
21 brumaire (11 nov.). — Arrêté de Charlier et PochoUe.
Luzy François-Gabriel, de Bourg-Argental, détenu à Saint-Etienne — Mise en liberté. — Séquestre levé.
22 brumaire (12 nov.). — Arrêté de Charlier et PochoUe.
Boutarel André, de Saint-Etienne. — « Pourra rentrer librement dans ses foyers ».
22 brumaire (12 nov.). — Arrêtés du District,
Bethenod Jean-Marie (le docteur?), de Saint-Chamond. — Séquestre levé. Finaz Louis, notaire, de Saint-Chamond. — Séquestre levé.
Du 24 au 27 brumaire (14-17 nov.), PochoUe est à Saint-Etienne. Je ne vois pas quelles circonstances l'y appelèrent : simplement, peut-être, l'obligation de juger lui-même, en conférence avec le District, des libérations faites et à faire. Pendant ces quatre jours, il signa, au nom de son collègue et au sien, une très grande quantité d'arrêtés.
24 brumaire (14 nov.). — Arrêtés de Charlier et PochoUe.
Trablaine Jean-Bapt., ancien président du District. — « Jouit déjà de la
liberté t. •— Séquestre levé.
Crouzat Pierre- Gabriel, ancien membre du district, détenu. — « Sur le
champ mis en liberté ». — Renvoyé au District pour le séquestre. Paly Julien, huissier, de Saint-Etienne, détenu. — « Sur le champ mis
en liberté ». — Renvoyé au District pour le séquestre. Jovin François l'aîné, de Saint-Etienne. — « Pourra librement rentrer
chez lui ». — Séquestre levé.
Mathon Joseph, de Fogères, de Bourg-Argenlal. — Séquestre levé. De Vernoux Claude-François, de Bourg-Argental, détenu. — Mise en
liberté. — Renvoyé au District pour le séquestre. De Vernoux Antoine-Franc. -Louis-Richard, de Bourg-Argenlal, détenu*
— Mise en liberté. — Renvoyé au District pour le séquestre.
25 brumaire (15 nov.). — Arrêtés de Charlier et PochoUe.
Pourret Barth.^Antoine, dit des Gauds, ancien juge au Tribunal. —
« Pourra librement rentrer chez lui ». — Renvoyé au District pour le
séquestre.
Gontard Alexandre-Gaston, de Saint-Etienne, vice-président de V Egalité» —
« Pourra librement rentrer chez lui ». — Renvoyé au District pour le
séquestre.
768 LËd t»RlSONâ VIDÉES — POCHOLLÊ A SAINT-ÉTIENNS
Molle Antoine, de Saint- Etienne, chef de légion. -^ Mise en liberté. — Renvoyé au District pour le séquestre.
Dutreuil François, t cultivateur et extracteur de mine de charimn •, de Saint-Etienne. — De la Commission populaire (?) — t Sur le champ mis en liberté ». — Renvoyé au District pour le séquestre.
Merley, t dit le parisien », de Saint-Etienne. — « Pourra librement rentrer chez lui ». ~ Renvoyé au District pour le séquestre. ...c Ses talents. . . le rendent précieux à la fabrication des armes ».
Lexe Antoine, tailleur d* habits, de Saint-Etienne. — Mise en liberté. — Renvoyé au District pour le séquestre.
Gallien Marguerite, religieuse hospitalière, de Saint-Etienne. — Mise en liberté.
Chazal, huissier, de Saint-Etienne, détenu. — « Sur le champ mis en liberté ». — Renvoyé au District pour le séquestre.
26 brumaire (16 nov.). — At^rêtés de Charlier et PochoUe.
Vanel Michel, ancien membre du District, de Pélussin. — t Pourra librement rentrer chez lui ». — Renvoyé au District pour le séquestre.
Yvon Jean-François, ancien substitut du procureur de la Commune de Saint-Etienne, détenu. — Mise en liberté. — Renvoyé au District pour le séquestre.
Legouvé Pierre-Philippe, officier municipal de Praire-Royet. — c Pourra librement rentrer chez lui ». — Renvoyé au District pour le séquestre.
Teyter fils, de Saint-Etienne. — Suppléant à la Commission populaire. — « Pourra librement rentrer chez lui ». — Renvoyé au District pour le séquestre.
Chaleyer Amant, prêtre, de Saint-Etienne, président des Droits de VHonwie. — « Pourra librement rentrer chez lui ». — Renvoyé au District pour le séquestre.
Mey Jean, de Saint^Etienne, secrétaire de la Liberté, — c Pourra librement rentrer chez lui . » — Renvoyé au District pour le séquestre.
Pérussel Pierre-Louis, de Saint-Etienne, écroué et évadé. — c Annulent et regardent comme non avenu tout mandat d'arrêt ».
Tézenas, ouvrier armurier, de Saint-Etienne. — Mandat d'arrêt annulé.
Finaz Louis, notaire, de Saint-Chamond. — « Rayé de la liste des suspects ».
Poidebard Jean-Bapt., de Saint-Paul-en-Jarez. — Mise en likierté. — Renvoyé au District pour le séquestre.
27 brumaire (17 nov.). — Arrêtés de Charlier et Pocholte,
Marcoux Benoit, prêtre, de Saint-EUenne. — Mise en liberté. — Renvoyé
au District pour le séquestre.
Tranchand Jean-Bapt, de Saint-Etienne. -- « Pourra librement rentrer
chez lui ». — Renvoyé au District pour le séquestre. Vialleton Gabrielle, religieuse hospitalière. — Mise en liberté; renvoyée
dans sa famille.
Teyssier Antoine, de Saint-Etienne. — t Pourra librement rentrer chez
lui ». Renvoyé au District pour le séquestre. Pourret André, prêtre, de Saint-Julien-Molin-molette. — Mise en liberté.
— Renvoyé au District pour le séquestre.
Seize religieuses « mises en état d'arrestation parce qu'elles avoient refusé de prêter le serment exigé par la loi » : Davril, — Arnaud, — Berger, — Bourg, — Cellard, — Champier, — Davienne, — Favier, — Félix, — Girard, — Gonon, — Granger, — Janouri, — Roche, — Roux, — Tézenas. — Mises en liberté sous « la surveillance des autorités constituées »,
3 frimaire (23 nov.). — Arrêté de Charlier et Pocholle.
Ardaillon Antoine, de Saint-Etienne. — « Pourra librement rentrer cliez lui », — Renvoyé au District pour le séquestre.
4 frimaire (24 nov.). — Arrêté de Charlier et Pocholle,
Berlier Jean-Claude, de Saint-Chamond. — Mandat d'arrêt annulé. — Séquestre levé.
5 frimaire (25 nov.). — Arrêté de Charlier et Pocholle,
Vernadet André, de Saint-Elienne. — De la Commission populaire. — Mise en liberté. — Séquestre levé.
7 frimaire (27 nov.). — ilrrété du District. i
Six religieuses : Jacqueline Berne, — Pierrette Berne, — Magdeleine Berne, — Angélique Bony, — Anne Randon, — Jeanne Burlal. — t Mainlevée de tout séquestre el scellés ».
H frimaire (1®' déc). — Arrêté de Charlier et Pocholle,
Antelme Louis, de Saint-Etienne. — « Sur le champ mis en liberté ». — Renvoyé au District pour le séquestre.
Il était aussi pris des arrêtés de levée de séquestre en faveur des familles des détenus morls pendant les poursuites ou la captivité :
13 vendémiaire (4 oct.). — Arrêté de Charlier et Pocholle.
Chapon Etienne aîné, écroué le 17 octobre, évadé le 14 frimaire (4 déc. 9:<), « mort naturellement » chez lui le 21 prairial (9 juin 94). — Mainlevée au profit de sa veuve, mère de treize enfants dont deux soldats.
22 brumaire (12 nov.). — Arrêté de Charlier et Pocholle,
Chambovet Jérôme, de Saint-Chamond, mort (en détention?) — Mainlevée au profit de sa veuve.
26 brumaire (16 nov.). — Arrêté de Charlier et Pocholle,
Praire Jean-Louis (du Rey), dt» Saint-Etieime. — Mort en prison. — Mainlevée au profit de sa famille.
770 LKS PRISONS VIDÉES — POCHOLLE A SAINT-KTIENNK
Après ces arrêtés, il ne restait presque plus personne dans les prisons : à peine quelques exceptions sur le compte desquelles on n'était pas fixé, quelques arrestations récentes pour des faits peu graves. Mais, hors des prisons, quelques contre-révolutionnaires, gravement compromis, hésitaient à solliciter ^ la clémence nationale * : je vois, dans ceux-là, le jeune Richard, qui avait présidé la Commission populaire et Antoine Neyron, l'ancien maire, qui avait donné à la révolte une longue collaboration.
Une remarque doit être faite. Toutes ces mesures de libération sont signées par des Jacobins très sûrs. Je ne parle pas de Charlier et de Pocholie qui avaient été de la Montagne; je parle des gens du District et de ceux du Comité révolutionnaire qui donnaient, bon gré, mal gré, des avis' favorables. District et Comité étaient com[)osés des gens (]u'avait choisis Reverchon avant le neuf thermidor. J'y voisGuilIermiu et Drillon, qui devaient peu après, être au nombre des assassinés de la Terreur blanche, Desprès, Delhorme, Michallot, Boissieu, etc., etc.
Ces Jacobins donnaient-ils de bon cœur ces avis de libération et n'entendaient-jispas clamer autour d'eux, comme une menace, les réclamations plutôt acerbes de leurs ennemis politiques? Etaientils maîtres de refuser?
Ce qui est apparent, c'est que, de part et d'autre, on se dissimule la gravité des capitulations et celle des réclamations. Les prisonniers et leurs amis n'hésitent pas à désavouer le mouvement lyonnais et à plier convenablement le genou. Vernadet, qui avait été de la Commission populaire, venait de déposer une pétition ainsi résumée dans l'arrêté :
Vu la pétition du citoyen André Vernadet fils aine, nommé à la -Commission départementale dans laquelle il expose qu'il n'accepta que contre le vœu de son cœur et dans un moment où les citoyens de Commune-d'Armes furent grandement trompés sur la nature des événements du 31 mai ; qu'il se rendit à Lyon le 5 juillet et ne prit aucune part, directement ni indirectement, aux délibérations de la Commission ; qu'il quitta Lyon le 18 juillet, se rendit dans sa patrie et fit enregistrer sa démission sur les registres de sa section.
Nicolas Courbon, qui avait été le président de la plus « lyonnaise % des Sections, VEgalilé, qui avait été le conseiller, du capitaine Puy le vrai commandant des forces lyonnaises à Saint-Etienne, réussissait à -persuader Charlier et Pocholie qu'il n'avait « aucunement participé à la rébellion lyonnaise ». Les rôles, d'un consentement réciproque évidemment, sont renversés. Jean-Claude Berlier de Saint-Chamond figurait au Tableau des conspirateurs pour avoir (( porté les armes en faveur des Lyonnois » ; le District, pour
être indulgent, .doit cependant reconnaîtrez qu'il a pris part au Fédéralisme » ; l'arrêté de Gharlier et Pocholle vise des certificats^ « qui attestent que ledit Berlier a pris les armes, le 11 juillet 1793, « pour repousser les Lyonnois rebelles ». Comment rappeler tous les faits semblables ?
Je dis que les Jacobins du Comité révolutionnaire ne purent pas être dupes. Furent-ils hautement indulgents ou forcés de l'être par la pression de l'opinion ? Je n'ose dire.
Quoi qu'il en soit, il est certain qu'il y eut accord tacite pour faire beaucoup de pacification. Les mensonges vraisemblables étaient acceptés. On avait des formules pour certaines situations ; celle-ci par exemple :
. , . Ayant quitté ses foyers dans un moment de terreur, il n'ose y rentrer sans Tautorisalion des représentants...
Puis, tant de bonnes raisons tirées de la conduite privée et de la vie publique d'avant la révolte ! L'arrêté qui libère Jean-François Bernou < dit Rochetaillée », est caractéristique :
Vu notamment : 1« les attestations et réclamations unanimes de la susdite commune (Saint-Jean-de-bonnes-fonts) et de celle d'Outre-Furan en faveur du pétitionnaire dont elles afQrment que la conduite a toujours été franche, pleine de civisme, comme aussi qu'il s'est toujours montré bon père, bon époux, excellent citoyen, ami chaud de la Révolution, et irréprochable à tous égards.
2« Semblable attestation du Comité révolutionnaire du districl de Saint- Etienne.
Il ne restait donc qu'à s'embrasser. Je ne vois de précautions qu'à l'adresse des prêtres et des sœurs. LeS prêtres étaient surveillés de par une législation particulière ; mais en libérant les sœurs, les arrêtés ajoutent :
' ... En prenant, pour empêcher la communication de leur opinion, toutes h^s précautions qu'exigera la sûreté publique.
Que les plus zélés patriotes aient été inquiets de cet embrassement générai, j'en trouverais la preuve dans ce fait que l'un d'eux, Verdy, prononça un discours « contre les dangereux partisans du coquinisme», discours que la Société populaire fit adresser aux représentants à Lyon. En faisant parvenir ce document que j'ai le regret de ne pas connaître, le District informe les représentants qu'il contient a plusieurs dénonciations )> contre des individus accusés
« d'avoir embrassé la Révolution comme une proie ». (3 vendemiaire-24 septembre).
• Malgré tout, il y a aspiration vers Tapaisement. On voudrait efiacer les souvenirs de guerre civile. Les Jacobins de la Ck>romune écrivent à la Convention :
26 vendémiaire (17 octobre).
tloiitinuez, Législateurs, à mettre la vertu et la justice à Tordre du jour. Balayez Tatmosphèro politique de tous les nuages dont les conspirateurs que vous avez si glorieusement terrassés étoient parvenus à Tobscurcir. Que le gouvernement vigoureux qui nous a sauvés des plus gfhinds périls et qui nous a mis la victoire en permanence sur nos frontières soit régularisé et maintenu ! Que, ferme et rapide dans sa marche, il comprime également le contre-révolutionnaire et le fripon, le royaliste et le dominateur, Tarislocrate et Tintriganl I Le règne de la justice doit succéder au système de terreur qu*avoit inventé Robespierre. Organisez l'instrucUon publique trop longtemps négligée ; protégez les arts, les sciences et le commerce et quand vous les aurez assis sur des bases inébranlables, vous recueillerez les bénédictions du peuple françois (1).
La victoire sur nos fronlières ! L'instruction, l'art, la science, le commerce !
Hélas ! ceux qui sortaient de prison, ceux qui revenaient d'exil aspiraient déjà à de tragiques revanches, à de nouvelles batailles où, plus que jamais, la France devait être près des catastrophes finales. Les prisons vidées sont prêtes à recevoir les patriotes que les royalistes vont y jeter pour les y assassiner I