XXXUI LA PREMIÈRE AFFAIRE DE CHEVRIÈRES
Les jeunes gens insoumis à la réquisition couraient les champs dans les montagnes du Forez, du Lyonnais et le massif du Pilat. Ils trouvaient grand appui dans la population et les recherches faites par les gardes nationaux — leurs proches — restaient naturellement infructueuses.
Dans les montagnes du Lyonnais, vers Chevrières, la situation se compliquait de la grande exaltation religieuse du pays. Il y eut là manifestation de révolte. Le District de Boën rédigea des procèsverbaux que je ne connais pas ; mais la lettre d'envoi aux représentants du peuple à Lyon (1) renseigne déjà :
9 vendémiaire an m (30 sept. 94).
Citoyens représentants,
La commune de Chevrières, canton de Fontfort, Tune des plus fanatisées du département, vient de présenter le spectacle déchirant de la rébellion. Nous vous transmettons les procés-verbaux qui constatent qu*il a été tiré plusieurs coups de fusil, que Ton a crié : A bas la cocarde nationale ! Vous recevrez TexpédiUon de l'arrélé que nous venons de prendre pour faire marcher une force armée sur cette commune digne de figurer dans la Vendée. Nous serons exacts à vous instruire du résultat de nos recherches.
Quinze jours après tout est fini et le District informe ainsi les représentants (2) :
1 brumaire an IH (22 octobre 9i).
Citoyens représentants.
Deux commissaires pris dans le sein de TÂdministration se sont transportés dans la commune de Chevriéres. Ils ont démontré au peuple assemblé, en * présence de la force armée, les bienfaits de la Convention, le principe dans lequel les instigateurs du crime les ont entraînés. Les citoyens témoignent, en général, le repentir de leur égarement. Nous vous adressons expédition du procés-verbal de% commissaires. Vous statuerez dans votre prudence s'il convient de faire retirer la force armée et vous nous tracerez la marche à suivre.
P. 'S. Nous vous observons que le nombre des jeunes gens de la première réquisition de celte commune, fuyards, s'élève à douze. Ils errent va et là dans, les bois ; ils se réunissent aux autres jeunes gens des communes de Duernc et
(1) Archives de la Loire. L. 47.
(2) Ibid.