FAURIEL COMMISSAIRE PRÈS LE TRIBUNAL CIVIL
Fauriel quitta Tadministration de la Commune le 11 fructidor (28 août). Un arrêté de Reverchon, en date du 5 (22 août) l'avait nommé « Commissaire national du Tribunal du district ^^ quelque chose comme Procureur de la République :
Au nom du Peuple françois ;
Les représentants du peuple envoyés dans Commune- Affranchie pour y assurer le bonheur du peuple avec le triomphe de la République,
Considérant que le citoyen Dervieu, commissaire national au Tribunal du district a été nommé dans la nouvelle administration des afmes établie à Commune-d' Armes ;
Considérant que le citoyen Dei*vieu sera plus utile à la République dans ceiis dernière place, Arrêtent
Que le citoyen Fauriel, agent national de la Commune est nommé pour remplacer le citoyen Dervieu dans la place de commissaire national au Tribunal du district ; * ' •
Le citoyen Aniaud, officier municipal, remplacera le citoyen Fauriel dans la place d'agent national de la Commune ;
Le premier notable de ladite Commune sera promu à la place d'officier municipal ; «
Et le citoyen Laforest, agent national du District nommera un citoyen pour remplir la place de notable vacante par le changement.
Fait à Commune-Affranchie le 5 fructidor, Tan 2« de la République une et
indivisible.
Reverchon.
LYON SE RELÈVE -r- REFERA-T-ON RHÔNE-ET-LOIRE? 779
Le procès-verbal de la Commune du 11 fructidor résume le discours d'adieu de Fauriel :
Après avoir rejeté sur la faiblesse de sa santé la démission de ses fonctions d*agent national et avoir protesté du zèle et du dévouement qu'il a toujours portés à les remplir, ajoutant que s'il n'a pas fait dans sa mission tout le bien qu'il auroit désiré faire, c'est moins la bonne volonté que les forces qui lui ont manquées ; il a retracé les différentes époques de la Révolutien, les différentes factions qui avoient voulu s'en emparer et la faire tourner au profit de leurs ambitions ; il a fait sentir la force de l'obligation imposée au fonctionnaire public d'élever constamment son esprit à la hauteur des grands principes de la Révolution et à suivre sans dévier sa marche rapide ; il a rappelé dos vérités utiles dont l'ignorance et Toubli ont jeté la confusion dans les idées et donné naissance à des erreurs qui, en divisant les patriotes, en leur ôtant tous les moyens de se reconnoître ont failli perdre la chose publique et qui contribuent malheureusement à perpétuer la lutte des ennemis du bien public contre la Patrie et ses plus chauds défenseurs. Il finit par mettre en évidence le grand principe autour duquel l'expérience et surtout les derniers événements lui font un devoir impérieux de se rallier, savoir qu'il ne faut jamais prendre les mots et les abandonner pour les choses ; mais, au contraire, se tenir fortement et invariablement attaché à l'ancre salutaire des principes, moyen le plus sûr d'ôter aux factions et à l'intrigue tout pouvoir de ressusciter.
Il est apparent que^ vers la fin, le procès-verbal a trahi l'orateur et que le malheureux secrétaire s'est perdu dans cette philosophie politique.
Ce que fit Fauriel au Tribunal, j'ai vainement tenté de le savoir. Le greffe de Saint-Etienne ne conserve pas de vieux papiers de ce temps. A une délibération du District du 15 brumaire an III (5 nov. 94), je vois qu'il réclame avec insistance le dépôt au Tribunal des papiers de Tancien bailliage de Bourg-Argental.
Elles sont loin de nos habitudes les promotions qui plaçaient à la tête des parquets, des hommes dénués de toute instruction juridique