PREFACE
■ inséré dans ses Mémoires. Je ne l'en ai extrait- que pour le donner en souvenir à quelques amis. Peutêtre un jour réunir ai-je les deux esquisses en un seul volume f et, en comparant l'un à l'autre ces deux représentants de l'esprit français au xvii^ et au xviiie siècles, bien plus, sans contredit, improvisateurs qu'écrivains, le lecteur éprouvera, je n'en doute pas, une impression pareille à celle que j'ai éprouvée moi-même.
Cet esprit français que distinguent tour à tour sa piquante vivacité, son aimable laisser-aller, sa malicieuse finesse, et, avec tout cela, je ne sais quel parfum d'urbanité et de galanterie toujours plein de charme, voilà ce qu'il verra dominer chez chacun d'eux, au milieu de qualités plus sérieuses mêlées à des travers qui trop souvent les gâtent ou les paralysent. Dans les résultats de ce singulier mélange il pourra puiser plus d'une leçon. Us lui feront surtout comprendre que, si Saint-Evremond et Rivarol n'ont jeté qu'un éclat passager , si la justice qu'on leur rend aujourd'hui , après un trop long effacement, est loin de Venthousiasme de leurs contemporains, c'est