CHAPITRE VIII
Ferdinand consacra l'année 1249 tout entière à refaire de Séville une cité chrétienne, dont la prospérité ne le cédât en rien à celle dont elle avait joui sous la domination arabe. Il commença par lui accorder de grands privilèges; puis il promit à tous ceux qui viendraient s'y établir des maisons et des champs; il fît surtout en sorte d'y attirer des artisans; ceux-ci ne tardèrent pas à affluer et, conformément à la coutume de ce temps-là, furent groupés dans des quartiers distincts selon les métiers qu'ils exerçaient. Enfin, le roi créa V Audience royale de Séville j tribunal suprême, organisé sur le modèle du Conseil de Castille, et dont le ressort s'étendait à tout le territoire nouvellement con-
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quis. La campagne ne fut point négligée, et elle redevint en peu de temps aussi florissante et presque aussi peuplée qu'elle l'avait été précédemment. Ferdinand apporta un soin extrême à répartir les terres dans les conditions les plus favorables à leur exploitation ; il commença par charger Tévêque de Ségovie, Raymond, et Lopez de Mendoza de dresser le cadastre de toute la région : chaque parcelle de terre devait figurer sur le plan avec l'indication, non seulement de sa contenance, mais encore de sa situation, de sa nature, de sa qualité, de son revenu et du genre de culture auquel elle était le plus propre. La loi française du i5 septembre 1807, qui prescrivit la confection d'un cadastre parcellaire de tout le territoire de l'Empire, aurait pu, on le voit, s'inspirer avec fruit des instructions données en 1249 P^^ ^^ prince dont les contemporains de Napoléon plaignaient sans doute les sujets d'avoir vécu à une époque de ténèbres et d'ignorance .
L'intention de Ferdinand était de gratifier des meilleures terres ceux de ses soldats qui avaient pris part aux opérations du siège; la reconnaissance, nous l'avons déjà plusieurs fois mon-
tré, était une des vertus du saint roi. La mort Tempêcha de réaliser pleinement son dessein, mais son successeur acheva cette tâche avec la plus noble fidélité.
L'année 1249 vit aussi le mariage de l'infant Alphonse avec Yolande d'Aragon ^ ; selon toute apparence, un nouvel accord était intervenu préalablement entre le prince héritier de Castille et le roi d'Aragon, aux termes duquel le premier renonçait aux deux places de Xativa et de Dénia, qui avaient été promises en dot à sa fiancée en i244- Quoi qu'il en soit, Jaime P^ pensa qu'après avoir tenu sa promesse de donner sa fille à l'infant de Castille, il était désormais à l'abri de toute réclamation comme de toute intervention de la part du roi son voisin, et qu'en conséquence il pouvait impunément violer l'engagement qu'il avait pris en 1244? devant son futur gendre, à l'égard de son fils aîné. Trois autres fils lui étaient nés depuis lors, de son second mariage : Jaime, Ferdinand et Sanche ; sous l'influence de leur mère, il procéda (1249) à un nouveau partage de ses Etats :
I, Suivant les BoUandistes, ce mariage eut lieu au mois de novembre 1246, à Valladolid.
Alphonse, son fils du premier lit, ne devait plus hériter que de l'Aragon ; Pierre, l'aîné du second lit, aurait le comté de Barcelone et les îles Baléares ; Jaime, le royaume de Valence; Ferdinand, les comtés de Roussillon et de Cerdagne. Sanche était destiné à l'Eglise.
Ce mépris de la foi jurée excita l'indignation des Aragonais; l'infant Alphonse servait depuis près de deux ans dans l'armée du roi de Castille ; il implora l'appui de ce dernier. Jaime P**, craignant que Ferdinand III ne soutînt les droits du jeune prince, réunit les Etats de son royaume à Alcaniz (laSo) et soumit à leur arbitrage l'acte de partage dont il était l'auteur. La sentence fut prononcée à Barcelone, le 26 mars laSi; elle était défavorable à Alphonse : on lui attribuait seulement l'Aragon et Valence; le prince Pierre se voyait confirmer la possession du comté de Barcelone ; Jaime, celle des îles Baléares; Ferdinand, celle du Roussillon et de la Cerdagne. Le roi de Castille avait su amener don Alphonse à accepter l'arbitrage des États d'Aragon ; il réussit également à lui faire accepter leur sentence; le prince, d'ailleurs, ne tarda pas à mourir. Quand Jaime P^ succomba
à son tour, en 1276, ses Etats n'en fuient pas moins divisés; combien plus juste à la fois et plus politique avait été la conduite de Ferdinand III qui, après avoir uni le Léon à la Castille, avait décidé que ces deux royaumes ne pourraient plus être séparés, et que tous les territoires rangés sous son sceptre formeraient un tout indissoluble !
En i2 5o, l'infatigable monarque se remit en campagne : il lui restait à se rendre maître des villes situées à l'embouchure du Guadalquivir et sur les rives du Guadalété : Xérès, Medina-Sidonia, Alcala de los Gazules, Vêlez, Béjar, Cadix, San-Lucar, Santa-Maria del Porta, Rota, Arcos ^, Lebrija, Tribujena, d'autres encore, tombèrent sous ses coups ou se soumirent de leur plein gré à sa domination. N'ayant plus rien à conquérir en Espagne, il songea à opérer une descente en Afrique; son but était d'obtenir de l'émir du Maroc la cession d'un port, dans lequel il entretiendrait des forces suffisantes pour protéger les chrétiens qui vivaient dans le pays. Une première tentative eut lieu en
I. La conquête de Xérès, de Medina-Sidonia et d^Arcos ne devint définitive que sous Alphonse X, eu 1254.
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laSi : la flotte de Raymond Boniface fit voile vers le continent africain, rencontra la flotte marocaine et la vainquit ; Raymond imposa à l'émir nin traité qui reconnaissait aux sujets chrétiens de ce prince le droit d'exercer librement leur religion, et qui leur permettait même d'avoir un évêque ^. Quand il vint rendre compte à Ferdinand de l'heureux succès de son expédition, le roi, qui, depuis quelque temps déjà, méditait de doter la Castille d'une marine de guerre, lui ordonna de faire construire en Biscaye un certain nombre de nouveaux vaisseaux, beaucoup plus grands et plus solides que ceux qui avaient été armés précédemment.
Durant l'hiver qui suivit, Ferdinand s'occupa, avec son activité habituelle, des aiffaires de l'État, de celles principalement qui concernaient les villes qu'il avait en dernier lieu rangées sous son sceptre. Depuis que Se ville lui avait ouvert ses portes, il n'avait cessé de résider dans cette cité, excepté durant le temps qu'il avait consacré à de nouvelles conquêtes. Au commencement du printemps de l'année 12 Sa, il se sentit
I. En 1^55, le pape Alexandre IV profita de ce traite pour envoyer un légat au Maroc,
mortellement frappé; déjà, à plusieurs reprises, il avait ressenti les atteintes d'un mal qui ne pardonne guère, Fhydropisie, et regardant dès lors sa fin comme peu éloignée, il s'était efforcé de redoubler de ferveur et de victoires sur luimême afin de sepréparer à paraître devant Dieu. La maladie fit des progrès rapides, et, au bout de quelques semaines, le saint roi sentit que son heure dernière était proche. Alors, il fit une confession générale des fautes de sa vie et reçut l'absolution ; quand il eut rempli ce premier devoir d'un mourant, il fit appeler son fils Philippe, archevêque élu de Séville, ainsi que les prêtres de la ville et les évêques qui se trouvaient en ce moment-là à la cour. Lorsqu'il vit tout le clergé assemblé autour de son lit, il lui déclara qu'il désirait recevoir le saint Viatique, et qu'il l'avait mandé pour qu'il l'assistât de ses prières et de ses pieuses exhortations dans un acte aussi grave et aussi décisif. L'évêque de Ségovie, qui administrait le diocèse de Séville en attendant que l'infant don Philippe eût reçu la consécration épiscopale, alla prendre à la cathédrale le corps du Sauveur et l'apporta au palais du roi. Quand ce dernier vit approcher le prélat
portant la sainte hostie, il se jeta à genoux hors de son lit, malgré son extrême faiblesse, s'entoura le cou d'une corde et demanda un crucifix; s'inclinant devant l'image du Rédempteur, il énuméra tous les tourments de la Passion du Christ, se reprocha amèrement d'avoir contribué à les aggraver par ses fautes, et déclara qu'il était le plus grand des pécheurs, mais qu'il ressentait une sincère et profonde douleur d'avoir si souvent offensé Celui qui avait tant souffert à cause de lui. Ensuite il protesta qu'il croyait fermement tous les articles de la foi catholique, et qu'il voulait mourir dans cette foi. Alors il demanda le corps du Seigneur; il lui fut montré; levant les mains vers le ciel, il l'adora avec la plus grande ferveur; les yeux fixés sur lui, il prononça, dit la Chronique à laquelle nous empruntons ce récit ^, quelques prières qui contenaient la formule d'une grande foi et d'une grande contrition. Enfin, dans l'attitude la plus humble et en donnant les marques du plus grand amour pour son Dieu, il reçut la communion des mains de l'évêque de Ségovie .
I. Chronique de Ferdinand III, écrite sous Alphonse X et formant la suite de celle de Rodrigue Ximénès.
Quand il eut achevé son action de grâces, il ordonna qu'on le dépouillât de tous les insignes de la royauté ; il fit alors appeler la reine, ainsi que ses enfants; à l'exception du prince Sanche, archevêque élu de Tolède, et de Bérengère, abbesse de las Huelgas, tous se trouvaient alors à Se ville : Alphonse, Frédéric, Henri, Philippe et Emmanuel, issus du premier mariage, Ferdinand, Éléonore et Louis, nés du second lit. Il donna d'abord sa bénédiction à don Alphonse, l'héritier de sa couronne ; il la donna ensuite à chacun de ses autres enfants, en suivant l'ordre de leur naissance. Puis, en présence des grands, il adressa à Alphonse un discours destiné à l'instruire des devoirs de la royauté ; après l'avoir ainsi longuement éclairé de conseils dictés par l'expérience d'une vie sans tache et d'un règne constamment heureux, il lui enjoignit de veiller sur ses frères, de leur tenir lieu de père, de les former à toutes les vertus, de les aimer et de procurer à chacun d'eux un établissement digne de sa naissance ; il lui prescrivit de témoigner à la reine Jeanne la même déférence et la même affection que si elle eût été sa mère, de lui rendre et de lui faire
rendre tous les honneurs qui lui étaient dus ; il
lui recommanda aussi son propre frère, Tinfant don Alphonse, qu'il avait toujours si tendrement aimé et qui avait été le compagnon fidèle de ses luttes, l'utile auxiliaire de toutes ses entreprises; il lui parla également des enfants naturels de son père, et il le pria d'être bon pour eux , comme lui-même s'était toujours efforcé de l'être. Enfin, il l'exhorta à traiter les grands, les nobles et les chevaliers avec tous les égards auxquels ils avaient droit, a les ré*compenser libéralement selon leurs services et à maintenir intacts leurs privilèges. Si vous vous conformez à ces instructions, ajouta-t-il, vous ressentirez dans leur plénitude les effets de la bénédiction que je viens de vous donner ; si vous y manquez, vous encourrez au contraire ma malédiction. Il voulut que le jeune prince acquiesçât à ce pacte solennel en répondant : Amen. Les rois s'en vont, disait-on au siècle dernier ; du temps de saint Ferdinand, ils ne s'en allaient pas encore.
Le monarque termina par ces mots : Vous êtes témoin, mon fils, de l'accroissement que Dieu a donné à cet Etat ; il a augmenté de telle sorte ses richesses, ses sujets et ses possessions.
que vous allez être le plus puissant prince de toute la chrétienté^ : n'abusez pas de dons si précieux ; faites le bien, puisque vous avez tant de moyens de le faire. Vous voici le maître de tout le pays que les Maures avaient enlevé au roi Rodrigue ; sachez conserver le royaume dans Tétat où je le laisse.
L'heure arriva, continue la Chronique, où le saint roi allait rendre l'âme à son Créateur : il aperçut la troupe des esprits bienheureux, qui l'invitait à venir prendre place parmi elle ; cette vue le réconforta, et il rendit grâces à Dieu. Il demanda qu'on lui mît dans la main un cierge bénit, selon le rite qui était fidèlement observé alors ; avant de le prendre, il leva les yeux au ciel et dit : Seigneur, vous m'avez donné un royaume que vous ne me deviez pas, vous m'avez départi plus de gloire et de puissance que je n'en méritais, vous m'avez comblé de tous les dons qu'il a plu à votre volonté sainte : je vous remercie de tant de bienfaits, et je remets entre vos mains mon royaume, que j'ai augmenté autant qu'il
I. Les Français, dit, avec sa malicieuse naïveté ordinaire, le P. de Ligny, n'auraient pas accorde ce point à Ferdinand. Op, citai.) p. 271, note.
m'a été possible ; je vous offre aussi mon âme. Alors il demanda pardon à tous les assistants, les conjurant d'oublier les torts qu'il avait pu avoir envers eux. Ils le prièrent à leur tour, en pleurant, de leur pardonner les fautes qu'ils avaient pu commettre envers lui. Prenant alors le cierge et le tenant élevé des deux mains, le mourant fit cette prière : « Seigneur Jésus-Christ, mon Rédempteur Je suis sorti nu du sein de ma mère, je m'en retourne nu au sein de la terre ; recevez mon âme et, par les mérites de votre très sainte Passion, daignez lui donner place parmi vos serviteurs ». Abaissant alors les mains, il adora Dieu le Père, puis il ordonna que tout le clergé récitât les Litanies et chantât ensuite le Te Deum, Comme ce cantique s'achevait, inclinant la tête et fermant les yeux, il exhala paisiblement le dernier soupir. Sa mort eut lieu le jeudi 3o mai i252.
Ses funérailles furent célébrées le surlendemain, dans la cathédrale de Séville ; ce fut sans doute à dessein que l'on fit choix, pour cette cérémonie, d'un samedi, qui est le jour de la semaine consacré à la très sainte Vierge : l'on rappelait ainsi et l'on honorait en même temps la piété du
monarque envers la mère du Rédempteur. Mettez, avait-il dit, mon misérable cadavre aux pieds de Marie; son vœu fut exaucé : Ton inhuma son corps devant la statue de la sainte Vierge qu'il avait placée lui-même dans la cathédrale, lorsqu'il avait fait son entrée à Séville, après la conquête.
A la nouvelle de sa mort, la douleur fut universelle, et les témoignages de cette douleur, tels qu'ils sont relatés par les Chroniques, ressemblent à s'y méprendre à ceux que la population parisienne devait donner un jour, de sa consternation et de son chagrin, en apprenant l'assassinat du roi Henri IV : on voit le même égarement régner dans les esprits ; chacun s'aborde en pleurant, et tous se désespèrent de la mort d'un si bon prince. Nous avons perdu notre père, devaient dire en 1610 les Français, quand le poignard d'un fanatique abrégea les jours du monarque qu'ils chérissaient; nous avons perdu notre père, s'écrièrent les Espagnols, quand saint Ferdinand leur fut ravi .
L'émir de Grenade manifesta, de la façon la plus noble et la plus touchante, les sentiments de vénération que lui inspirait la mémoire du roi
chrétien, dont il était devenu le vassal fidèle et l'ami véritable, après avoir été le loyal adversaire : non seulement il prescrivit dans ses États un deuil général et public, mais en outre il envoya cent cavaliers maures porter chacun au tombeau de Ferdinand un cierge de cire blanche, en leur commandant de faire le voyage à pied, afin qu'ils donnassent ainsi une marque plus sensible de respect envers ce grand prince. Chaque année, tant qu'il vécut, il renouvela le même tribut d'hommage, le jour anniversaire de la mort du saint roi, et, par un édit, il obligea à perpétuité ses successeurs à s'acquitter d'une semblable offrande : le siège et la prise de Grenade, sous Ferdinand le Catholique et Isabelle, firent seules cesser l'accomplissement de ce pieux devoir, qui avait toujours été exactement observé.
Pourrait-on s'étonner de tant de regrets et de tant de louanges? Ferdinand III, par son respect de la foi jurée, par sa loyauté chevaleresque, par la générosité de son caractère, était digne de l'estime et de l'amitié de ceux qu'il avait combattus ; par son extrême politesse, par sa gratitude pour les services qui lui étaient rendus, par sa munificence, il avait su conquérir l'obéissance
et rafFection de sa noblesse ; par Taffabilité de ses manières, par la douceur de son gouvernement, par son esprit de justice, celles de son peuple; par sa fidélité à maintenir les libertés publiques, par son application à tous ses devoirs de prince, par son zèle pour le bien général, par l'éclat et la prospérité qu'il avait su donner à son pays, celles de tous ses sujets; s'étant montré toujours le modèle des fils, il avait droit, même lorsqu'il ne serait plus, au respect et à l'amour de ses enfants; ceux-ci, d'ailleurs, avaient trouvé en lui le meilleur et le plus tendre des pères; avec l'héritage d'une gloire incomparable, avec un patrimoine de richesses tel que jamais mo^ narque espagnol n'avait laissé encore et tel que peu de monarques chrétiens auraient pu alors disposer d'un semblable, il leur léguait l'exemple de sa vie, l'appui de son nom, le souvenir de sa réputation universelle et de sa grandeur ; la reine Jeanne pouvait justement pleurer le plus fidèle, le plus affectueux, le plus confiant des époux, dont l'âme n'avait, pour ainsi dire, fait qu'une avec la sienne, comme elle n'avait fait qu'une jadis avec celle de la douce et bonne Béatrix. Les Chroniques ont pris soin de noter que saint Fer-
dinand ne viola jamais la foi conjugale : cela est peu dire, en vérité; et, si Charles P^ d'Angleterre a pu se rendre à lui-même ce témoignage qu'il n'avait jamais été infidèle, même en pensée, à la reine Henriette, n'a-t-on pas le droit d'affirmer que Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, dont la dépouille mortelle, aujourd'hui encore, demeure a l'abri de la corruption, que Ferdinand le Saint, célibataire, marié, veuf ou remarié, a gardé toujours la chasteté la plus inviolable, dans son âme aussi bien que dans son corps? Saint Louis, roi de France, ce point fut établi par les débats du procès de sa canonisation, ne perdit jamais l'innocence baptismale ; il y a tout lieu de croire qu'il en fut de même de saint Ferdinand : nulle défaillance, en effet, ne saurait être signalée dans sa vie, qui offre, au contraire, la parfaite image d'une pureté continuelle d'intention, de la constance dans l'effort, de la persévérance dans le bien, du progrès volontaire et incessant dans la vertu chrétienne.
On l'appela le Père de la Patrie; nul prince, assurément, n'avait autant contribué à rendre à l'Espagne son unité : il l'avait affranchie de la domination musulmane, il avait rangé pour ja-
mais sous le même sceptre la Castille et le Léon ; et surtout, en couvrant son trône de la gloire la plus pure, il avait préparé son pays à de hautes destinées, en même temps qu'il lui donnait un puissant protecteur dans le ciel.