‹ Saint Ferdinand IIIChapitre 58 sur 64 · DERNIÈRES ANNÉES ET MORT DE $. FERDINAND · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES ET MORT DE $. FERDINAND

Quand il eut achevé son action de grâces, il

ordonna qu’on le dépouillât de tous les insignes de la royauté; il fit alors appeler la reine, ainsi que ses enfants ; à l'exception du prince Sanche, archevêque élu de Tolède, et de Bérengère, abbesse de las Huelgas, tous se trouvaient alors à Séville : Alphonse, Frédéric, Henri, Philippe et Emmanuel, issus du premier mariage, Ferdinand, Éléonore et Louis, nés du second lit. Il donna d’abord sa bénédiction à don Alphonse, l’héritier de sa couronne; il la donna ensuite à chacun de ses autres enfants, en suivant l’ordre de leur naissance. Puis, en présence des grands, il adressa à Alphonse un discours destiné à l'instruire des devoirs de la royauté; après l’avoir ainsi longuement éclairé de conseils dictés par l'expérience d'une vie sans tache et d’un règne constamment heureux, il lui enjoignit de veiller sur ses frères, de leur tenir lieu de père, de les former à toutes les vertus, de les aimer et de procurer à chacun d’eux un établissement digne de sa naissance; il lui preserivit de témoigner à la reine Jeanne la même déférence et la même affection que si elle eût été sa mère, de lui rendre et de lui faire

rendre tous les honneurs qui lui étaient dus; il

lui recommanda aussi son propre frère, l’infant don Alphonse, qu'il avait toujours si tendrement aimé et qui avait été le compagnon fidèle de ses luttes, l’utile auxiliaire de toutes ses entreprises; il lui parla également des enfants naturels de son père, et il le pria d’être bon pour eux, comme lui-même s'était toujours efforcé de l'être. Enfin, :l l’exhorta à traiter les grands, les nobles et les chevaliers avec tous les égards auxquels ils avaient droit, à les récompenser libéralement selon leurs services et à maintenir intacts leurs privilèges. Si vous vous conformez à ces instructions, ajouta-t-il, vous ressentirez dans leur plénitude les effets de la bénédiction que je viens de vous donner; si vous y manquez, vous encourrez au contraire ma malédiction. Il voulut que le jeune prince acquiesçât à ce pacte solennel en répondant : 4{men. Les rois s’en vont, disait-on au siècle dernier ; du temps de saint Ferdinand, ils ne s’en allaient pas encore.

Le monarque termina par ces mots : Vous êtes témoin, mon fils, de l'accroissement que Dieu a donné à cet État; il a augmenté de telle

sorte ses richesses, ses sujets et ses possessions,

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