‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 43 sur 347 · CHAPITRE II. 4o · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 4o

mon père; désormais je puis dire hautement : Notre Père qui êtes aux cieux, dans le sein duquel j'ai déposé tous mes trésors et placé toutes mes espérances (1). *

Les témoins de cette scène ineffable pleuraient d'attendrissement et d'admiration. L'évêque était, lui aussi, visiblement ému, et de grosses larmes coulaient sur son visage. Il descendit de son siège, couvrit de son manteau la sublime nudité du saint, et lui ouvrant ses bras, le tint longtemps pressé sur sa poitrine. Comme la mère de François, il comprit, en présence d'un sacrifice si héroïque, que Dieu conduisait ce jeune homme par des voies extraordinaires; il l'assura de son dévouement et de sa protection, et lui promit une large part dans ses affections.

On apporta le manteau d'un pauvre paysan qui était au service de l'évêque ; François l'accepta avec reconnaissance, y traça une croix blanche avec du mortier, et s'éloigna, dépouillé de tout, le plus pauvre, mais aussi le plus joyeux des hommes, heureux de n'avoir d'autre bien que Dieu, de n'attendre rien que de Dieu, de ne rien recevoir que pour l'amour de Dieu ! « Oh ! la belle banqueroute que fait aujourd'hui ce marchand ! 0 homme digne d'être écrit dans le livre des pauvres évangéliques et de vivre dorénavant sur les fonds de la Providence (2) ! »

C'était au mois d'avril 1207. François avait alors vingt-cinq ans (3).

1. Légende des trois compagnons, c. vi. — 2. Bossi'et. — 3. Bernard de Besse, de Laudibus, B. Fr., Ils. de Turin; — Jourdain de Giaxo, Chronique, p. 2.

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