‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 81 sur 347 · Cristûfàni, Histoire d'Assise, liv. II. p · texte numérisé non relu

Cristûfàni, Histoire d'Assise, liv. II. p

Cet acte de pacification, qui honore notre saint, prélude à l'œuvre qu'il avait reçu mission d'accomplir. La société chrétienne était agonisante : il fallait la sauver sans retard. Mais comment atteindre, comment soulever le monde des âmes, si ce n'est avec le levier de la parole divine? Et où trouver des hommes animés de l'esprit des prophètes? François tremblait, et avec raison, devant une entreprise qui dépasse les forces humaines. Cependant ses craintes cédèrent devant le désir de remédier au mal. Au commencement de l'année 1211, se souvenant de l'autorisation accordée par Innocent III et mettant toute sa confiance en Celui qui donne la parole aux muets et rend éloquente la langue des ignorants, il réunit ses compagnons et leur partagea l'Italie. 11 partit lui-même avec Frère Silvestre pour la Toscane. Il s'arrêta quelques jours à Pérouse, où Dieu récompensa son zèle par la conversion d'un grand nombre d'âmes, et plus encore par la vocation miraculeuse d'un jeune seigneur de cette ville. Celui-ci se promenait aux environs de la cité, tout préoccupé du désir de répondre à l'appel de la grâce et de se consacrer à Dieu, lorsque le divin Maître lui apparut et lui dit : s Homme de désirs, si tu veux jouir de la paix que tu souhaites et faire ton salut, entre en religion et suis-moi. — Eh! Seigneur, dans quel Ordre faudra-t-il entrer? — Dans l'Ordre naissant de François d'Assise. — Et quand j'y serai, qu'aurai-je à faire pour être plus agréable à vos yeux? — Le voici : Mènes-y la vie commune, n'aie point de liaisons particulières, ne t'occupe point des défauts des autres, et ne forme point de jugements à leur désa-

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