CHAPITRE XII
Césaire de Spire, qu'il établit Provincial d'Allemagne (1).
Césaire, homme de grand savoir et de grande piété, redoutant les idées novatrices du Frère Élie, à la parole ardente duquel pourtant il devait sa conversion, s approcha du saint Patriarche et lui dit : « Mon Père, j'ai pris la ferme résolution d'observer exactement jusqu'à mon dernier soupir, avec la grâce de Dieu, le saint Évangile et notre Règle. Mais j ai une grâce à vous demander; je vous parlerai en toute simplicité. S'il arrive jamais que des Religieux transgressent la Règle, accordez-moi d'avance votre bénédiction, pour que je me sépare d'eux et que je me joigne au groupe des Religicux fervents. » A ces mots, François, rempli d'allégresse, l'embrassa, le bénit et lui dit en lui posant la main sur la tête : « Sache, Ô mon fils, que ta prière est exaucée; tu es prêtre pour l'éternité, selon l’ordre de Melchisédech » ; ce que nous pourrions traduire par ces mots : « Je te bénis; car tu es un prêtre selon le cœur de Dieu. » Quinze ans après, Césaire de Spire se montra, avec Aymond de Faversham et Bernard de Quintavalle (2), le plus ardent antagoniste du Frère Élie, c'est-à-dire de son relâchement et de sa mauvaise administration comme Ministre général
(1) Chronique de Jourpain DE Giaxo, p. 6-8.
(2) Tuomas EccLesTox, De aude. F. M. in Angl., coll. xn.