CHAPITRE PREMIER NAISSANCE ET JEUNESSE DE SAINT FRANÇOIS
Au centre de l'Ombrie, sur un des premiers contreforts de l'Apennin, dans un site pittoresque, s'élève une cité antique, encore toute crénelée, que Dante à chantée dans son poème du Paradis. Suspendue aux flancs du mont Soubase, elle plane sur des paysages d'une beauté incomparable. À ses pieds, une vallée grandiose et riante, des bouquets d'oliviers, des vignes primpées dans les ormeaux, des champs ensoleillés à travers lesquels coulent le Chiagio et le Topino; une richesse de végétation qui surprend et réjouit, au sortir du désert de la campagne romaine. En face, Montefalco et ses sombres collines fermant l'horizon du côté du Tibre. A droite et à gauche, la chaîne bleuâtre des Apennins, d'un azur si doux que le regard ne peut s'en rassasier. La petite ville aérienne du mont Soubase domine ce paradis terrestre, dont les deux entrées sont gardées, au nord par Pérouse, au midi par Spolète. C'est d'elle que le poète florentin a dit : « Que ceux qui veulent parler de ce
lieu ne l'appellent point Assise; ce nom dirait trop peu. Mais qu ils l'appellent Orient, s'ils veulent employer le mot propre (1). »
Orient, c'est-à-dire lumière et soleil des peuples. L'image est hardie; elle n'est pas disproportionnée, depuis qu’Assise a donné le jour au séraphique Patriarche dont nous écrivons
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