‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 77 sur 189 · MINE, A · texte numérisé non relu

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Rencontre de saint Dominique et de saint Francois. (D'après Angelico da Fiesole.)

« Le baiser de Dominique et de François s'est transmis de génération en génération sur les lèvres de leur postérité (2) », et l'inaltérable amitié qui les unissait se survit toujours dans le cœur de leurs enfants. Les Frères Prêcheurs et les Frères Mineurs ont planté leurs tentes sous tous les

(4) Wannix, t. I, p. 252; et Chronique des vingt-quatre généraux. (2) Vie de saint Dominique, par LACORDAIRE, ch. vit.

climats ; ensemble ils ont prié, ensemble ils ont défriché la vigne du Scigneur, ct plus d'une fois le sang de leurs martyrs s'est mêlé dans le même holocauste pour la foi. Ils ont peuplé à l'envi la terre de leurs couvents, et le ciel de leurs saints, mais jamais le souffle de la jalousie n'a ternile cristal sans tache de leur amitié six fois séculaire.

Cette union des deux Ordres s'est traduite dans leur liturgie respective, et jusque dans les traditions de la vie privée. Chaque année, lorsque le temps ramène la fête de saint Dominique, l'office solennel des Frères Prêcheurs est chanté par un Père franciscain. Après la messe, les religieux des deux Ordres rompent en commun, dans de fraternelles agapes, le pain que la Providence leur envoie; dans le chant d'actions de grâces qui suit le repas, ils répètent alternativement ce refrain : « Seraphicus Pater Franciscus et evangelicus Pater Dominicus ipsi nos docuerunt legem tuam, Domine : François, le Père séraphique, et Dominique, le Père évangélique, nous ont enseigné votre loi, Ô Seigneur! » Le 4 octobre, jour de la fête de saint François d Assise, on fait l'échange de ces cérémonies dans le couvent des Frères Mineurs. Ainsi en est-il dans toutes les villes où les couvents des deux Ordres sont assez rapprochés pour que les religieux puissent se rendre tour à tour ce témoignage de réciproque affection. Touchant usage qui nous reporte aux plus beaux jours de l'Église, ct qui présente aux regards de la génération moderne le spectacle inimitable de milliers d'hommes n'ayant qu'un cœur et qu une âme!

S'il est peu de scènes plus gracieuses que celle de la rencontre des deux saints Patriarches, nous n'en connaissons pas de plus grandiose que celle de leurs adieux sur les collines de Rome. Debout sur le mont Aventin, douze siècles après que saint Pierre et saint Paul en ont pris possession,

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