‹ Saint François d'Assise (1182-1226) [microform]Chapitre 141 sur 170 · DERNIÈRES ANNÉES ET MORT DE SAINT FRANÇOIS · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES ET MORT DE SAINT FRANÇOIS

La poésie seule peut rendre les grandes passions de l'âme. Aussi avons-nous vu François, en face des beautés de la nature, improviser son heau Cantique du Soleil. Mais si des créatures périssables et fragiles lui ont arraché de tels cris d'admiration, que sera-ce donc, après que les yeux de sa chair ont contemplé Celui qui est l' éternelle et substantielle beauté, et que son cœur a reçu des mains mêmes de l'amour une blessure profonde, ineffaçable, dont il ne voudrait pour rien au monde guérir? Comment pourra-t-il contenir les sentiments impétueux qui débordent de son cœur, comme un fleuve qui a rompu ses digues? Ayant trouvé sur la croix Celui qu'il demandait aux forêts de l'Alverne, Celui qu'il aime, il le chante, et son enthousiasme se traduit par deux odes qu'on dirait écrites dans le feu des ravissements divins.

Saint Bernardin de Sienne, qui nous les a léguées, les attribue toutes deux à saint François ; et nous n'avons point de motifs suffisants pour contredire l'opinion d'un si fidèle interprète des traditions franciscaines. D'autres historiens les rangent parmi les œuvres du Bienheureux Jacopone de Todi, autre disciple de François et le fameux auteur du

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