‹ Saint François d'Assise (1182-1226) [microform]Chapitre 66 sur 170 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

encore à la doctrine comme à la personne de leur fondateur.

Nous retrouverons plus loin le converti de San-Severino, en qui nous saluerons le premier Provincial de France.

Comment, saint François étant en prière, un an{je montra au Frère Pacifique le trône de gloire réservé au sérapluquc Père. (D'après Giotto.)

Mais il est temps de revenir à notre héros principal, à saint François, et de reprendre le fil de son histoire.

Vers la fin d'octobre de l'année 1212, il quitta le versant de l'Adriatique, franchit les Apennins au col Fiorito et redescendit dans la vallée de Spolète. Ses biographes font

ici une remarque que nous ne pouvons omettre. A partir de cette mission dans la Marche d'Ancône, écrivent-ils, il se fit autour de son nom un mouvement de plus en plus accentué. Sa réputation d'orateur et de saint le précédait et lui ouvrait les cœurs. Lorsqu'il entrait dans une ville, le clergé et le peuple, les hommes et les femmes, un rameau à la main, accouraient à sa rencontre, au chant des cantiques. Les cloches sonnaient à toute volée. La foule se pressait autour de lui. Les uns touchaient le hord de sa robe, les autres lui baisaient les mains, tous s'estimaient heureux de le voir, excepté les hérétiques, qui se cachaient, n'osant résister en face ni à la force de ses arguments ni à l'éclat de ses miracles (1). N'était-ce pas, sous tous les rapports, une image touchante de l'entrée du Messie à Jérusalem?

L'impulsion était partie de la Marche d'Ancône. Elle s'étendit bientôt à l'Ombrie et au delà, et l'on ne peut douter qu'Assise n'ait fait également, vers cette époque ou un peu plus tard, une réception triomphale au plus illustre de ses fils. Elle dut y mettre d'autant phis d'empressement qu'elle avait à cœur de lui faire oublier les outrages dont on l'avait abreuvé lors de sa rupture avec le monde.

Que faisait le serviteur de Dieu au milieu de ces ovations populaires et de ces acclamations enthousiastes? Il restait calme, impassible, sans faire aucun effort pour s'y sousitraire. Un jour, son compagnon, surpris, presque scandalisé d'une attitude qui contrastait si vivement avec ses leçons sur l'humilité, ne put s'empêcher de lui en faire la remarque. « Mon frère, répliqua le Saint, ne te malédifie pas de ma manière d'agir. Tous ces hommages, je les renvoie à Dieu seul, sans m'en réserver la moindre parcelle, comme une statue renvoie à l'original tout l'honneur qu'on lui rend.

(1) Th, dk Celano, Vita prima, p. 1, c. xxii.

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