AVANT-PROPOS
L'apparition de saint François d'Assise est peut-être le fait le plus merveilleux de l'histoire du catholicisme au moyen âge.
Personne/ ni avant ni depuis, ne s'est autant rapproché de l'idéal du christianisme primitif. Si quelque chose peut rappeler la sublimité et la simplicité des heures bénies où Jean et Simon Pierre suivaient les pas de leur maître sur les
bords du lac de Génézareth, c'est la
Vi ÀVANf-pftopôâ.
candeur et Fallégresse avec laquelle les premiers frères mineurs, à la suite de saint François, célébrèrent leurs noces mystiques avec la Pauvreté.
J'ai essayé de replacer cette grande figure dans son cadre historique et de faire de « l'homme de Dieu » un portrait fidèle; mais, quelle que soit mon admiration, j'oserai dire ma piété pour cet homme incomparable, rien ne vaut le témoignage direct des contemporains pour faire comprendre l'action puissante qu'il a exercée. Il n'est pas possible de se dégager complètement des idées et des sentiments de son temps : croyants ou incroyants, nous ne saurions nous refaire au XX® siècle une âme du xnf .
Nous possédons par bonheur sur saint
AVANT-PROPOS. *VÎI
François d'Assise un document inestimable.
C'est une relation en latin, intitulée La Légende des trois Compagnons. Les trois compagnons, frère Léon, frère Ruffin et frère Ange, étaient trois des disciples familiers de saint François. — « Nous avons longtemps passé les journées avec lui » , dit leur épître dédicatoire au général de l'Ordre des Franciscains. Ce qu'ils n'avaient point vu de leurs ^ eux et ouï de leurs oreilleS:, ils savaient à qui s'adresser pour en obtenir un récit véridique. Quant à leur propre sincérité, elle éclate à chaque ligne de la Légende.
Sans génie, à force de conscience et de loyauté, ils ont fait un chef-d'œuvre : — « Cette Légende des trois Compagnons^ a dit le dernier biographe de Saint-