Continuateur de Guillaume de Tyr
Au lieu de faire couper la tête à saint, François, le Soudan causait avec lui et y prenait tant de plaisir qu'il lui offrit « des possessions » à condition de rester à sa cour.
L'apôtre ingénu, absorbé dans son idée, lui dit enfin : — « Faites allumer un grand feu.
J'entrerai dedans avec vos prêtres et vous connaîtrez quelle est la vraie religion. » — A cette proposition, l'un des docteurs musulmans se liâta de disparaître. Le Soudan, qui l'avait vu, répondit avec bonhomie à saint François : — « Je ne crois pas qu'aucun de mes prêtres ait envie d'entrer dans le feu pour sa religion *. » — Les deux moines perdaient décidément leur temps. Ils retournèrent au camp chrétien et de là en Italie. Le Soudan voulait leur faire emporter des présents magnifiques; ce fut leur seule persécution chez les infidèles.
De même que sa vaillance, saint François avait conservé sa simplicité, et c'est à quoi il