Bulle Speravimus, 16 juillet
3. TH. ECCLESTON, coll. x111. — Les trois compagnons et saint Bonaventure mentionnent simplement le fait de la translation. Deux autres chroniqueurs contemporains, Thomas Eccleston et Bernard de Besse, vont nous fournir des détails précieux, que préciseront encore les rescrits pontificaux et la chronique de Glassberger, Franciscain de l'Observance qui écrivait vers la fin du xv‘siècle.
Saint aux convoitises et à la rapacité des cités voisines, et que le parti le plus sage était de la déposer secrètement dans un caveau creusé à cet effet, sous l'emplacement de l’autel de la nouvelle basilique.
Si étrange que fût la proposition, elle fut acceptée. En conséquence, « trois jours avant le jour fixé pour la solennité », c'est-à-dire le 22 mai, les archers de la ville enlèvent clandestinement de Saint-Georges le sarcophage de pierre avec les ossements qu'il renferme, le transportent sur la colline du Paradis, et le recouvrent d'une double dalle et d'une maçonnerie solide(1). Le tout clandestinement, ajoute Glassberger, c'est-à-dire sans la présence du clergé ni des témoins officiels (2).
Les saintes reliques se trouvaient ainsi à l'abri de toute profanation; mais une translation faite dans des conditions si irrégulières n'était-elle pas la plus audacieuse des profanations ? Ce fut le cri universel des habitants d'Assise, aussi bien que le sentiment intime de Jean Parentiet des légats, lorsqu'ils apprirent ce qui s'était passé (3).
1. « Corpus S. Francisci, tertià die antequam Fratres convenissent, translatum erat. » (TH. ECCLESTON, coll. xX111.)
2. « Fecit Frater Helyas, qui omnia per potentiam sæcularem exequebatur, non obstante quod Frater Johannes Parens Ordini præsidebat, eamdem B. Francisci translationem fieri occulte. » (GLASSBERGER, apud Analecta Franciscana, t. Il, p. 49.) — Cf. la Chronique des
vingt-quatre généraux.