‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 31 sur 260 · I. Tres socii, loc. cit · texte numérisé non relu

I. Tres socii, loc. cit

à la main, et comme je demandais quel était le sens de cette vision, une voix céleste me répondit que ce Hs était le symbole de l'angélique pureté de François (1). »

Pureté angélique ! Innocence baptismale ! Que faut-il entendre par ces expressions? Est-ce à dire que François n'eut aucune imperfection, aucune défaillance? Ce serait une folie de le prétendre. Un seul juste, en effet, fut impeccable par nature et ne tomba jamais : c'est celui devant qui tout genou doit fléchir, le Désiré des nations, le Prince de la paix, le Fils du Très-Haut. Une seule sainte fut impeccable par privilège et n'eut aucun grain de poussière sur sa robe immaculée : c'est celle que tous les siècles invoquent sous les titres de Mère du Sauveur, de Reine des vierges, d’avocate du genre humain (2). Tous les autres saints ont hérité comme nous des suites de la chute origmelle ; tous, à moins d'un privilège exceptionnel, ont eu des tendances dangereuses et subi des défaites partielles, avant d'arriver au triomphe qui a couronné leurs combats; le fils de Pierre Bernardone, comme les autres. Il a donc pu se passionner à l'excès pour les rêves de la gloire ou pour les plaisirs qu'il poursuivait avec la fougue de ses vingt ans, sans en Soupçonner les périls; il a pu commettre quel-

1. BERNARD DE BESSE, De laudibus B. Fr., c. v, ms.de Turin; et Chronique des vingt-quatre généraux. — Cf. Bonav., c. v.

Page 1