Ibid
cepté toutefois à l'évêque d’Assise, son Père spirituel et le directeur de sa conscience (1).
Un matin qu'il se promenait sous les murs d'Assise, il entra, poussé par un mouvement de l'Esprit-Saint, dans l’église Saint-Damien, église antique et délabrée qui menaçait ruine. Là, seul, à genoux devant une peinture byzantine représentant Jésus en croix (2), il prononça cette belle prière, qu'il répéta souvent depuis: « Grand Dieu, plein de gloire, et vous, Seigneur Jésus, je vous supplie de m'éclairer, de dissiper les ténèbres de mon intelligence et de m'accorder une foi pure, une ferme espérance et une parfaite charité. Faites, Ô mon Dieu, que je vous connaisse si bien que je n’agisse que selon vos lumières et conformément à votre sainte volonté. »
Il disait, et, les yeux baignés de larmes, il contemplait amoureusement l'image du Sauveur, quand tout à coup le Christ s’anime et lui adresse par trois fois ces mystérieuses paroles : «x Va, François, et répare ma maison, que tu vois tomber en ruine (3). » Il ne peut douter que cette voix ne soit partie du ciel; mais, sous le coup d'une émotion dont il n'est pas maître, 1 demeure quelque temps immobile, éperdu, pâle d’effroi : tant il est naturel à l’homme déchu d’avoir peur de Dieu! Revenu à lui et