‹ Saint François de SalesChapitre 38 sur 49 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

à ces mots de sot et de sotte ; et pratiquez soigneusement la débonnaireté 1 . »

Mais le saint directeur sait que cela est plus vite dit que fait. « Oui; il est vrai que vous avez toujours dedans le cœur une invariable résolution d'être toute à Dieu, mais aussi que cette grande activité naturelle vous fait sentir une grande vicissitude de saillies. » Et il n'a garde de s'en étonner, sachant bien « qu'elle n'a aucune volonté de nourrir ses inclinations revêches, vaines et un peu mutines.... — Ne serais-jepas un déloyal arrogant si je ne regardais cette chère fille en douceur parmi les efforts qu'elle a faits de s'affermir en la douceur, en l'humilité, en la simplicité*. »

On ne s'étonnera pas que la jeune abbesse, se connaissant elle-même et expérimentant le bien que de tels conseils faisaient à son âme ait éprouvé l'ardent désir de déposer sa crosse et d'entrer à la Visitation où l'esprit qui les avait dictés se respirait comme une atmosphère. Elle s'en ouvrit à Mme de Chantai qui entra pleinement dans ses vues. Le saint évêque, qui poussait la discrétion jusqu'au scrupule lorsqu'il s'agissait de recevoir dans sa modeste compagnie quelque personne considérable appartenant déjà à un autre ordre, n'écarta pas absolument ce projet, mais il renvoya la décision au Saint-Siège qui seul avait droit d'autoriser le passage. Il était, hélas ! aux dernières étapes de sa vie. Et quelque temps après sa mort la mère Angélique Arnaud tombait sous une direction qui, loin

i. Lettre gcccxt, septembre 1619.

a. Lettre ccccxxn, décembre 161 9 et lettre ccccliii, mai 1610.

de continuer l'œuvre commencée, la faussa totalement, celle de l'abbé de Saint-Cyran, « qui, plus orgueilleux et plus extrême encore qu'elle ne l'était ellemême et manquant, quoi qu'on en ait dit, des qualités qui font les directeurs, au lieu de l'apaiser comme faisait saint François de Sales, l'aiguillonna encore, ajouta ses ardeurs à celles déjà trop grandes de sa pénitente, lui brouilla l'esprit avec les discussions sur la grâce, la jeta dans l'hérésie où elle porta la passion de son âme, l'exagération de son caractère, l'opiniâtreté de son sexe, et, gardant parmi ces ruines quelques éclairs de beauté morale, restant grande encore au milieu de cette hérésie étroite et chagrine qui n'était pas faite pour elle, devint le type le plus complet de ces vierges dont l'archevêque de Paris disait qu'elles étaient pures comme des anges, mais orgueilleuses comme des démons *. »

I» Bongaud, Histoire de sainte Chantai, chap. xx.

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