Process. 1616, n. 90 ; — cf. Gros, t. Il, p
2. Ilka das Vacas ; sur les cartes hollandaises, Nedoen Tivoe.
3. Process. 1556, Malacca, n. 3. Jean de Eyro, pendant cette partie du voyage, était-»! avec François ? Peut-être, mais il ne s'attacha à lui qu'à San Thomé.
4. Process. 1616, n. 100. Des traditions locales font aller Xavier à Jafnapatam où il aurait essayé de ramener le rajah à des dispositions moins hostiles.
prêt, et, sans doute aussi, qu'on ne se souciait guère de cette exécution judiciaire à main armée.
L'affaire s'annonçait mal. Si l'on voulait surprendre le rajah coupable, il fallait agir vite; mais on allait s'attarder et tout compromettre. Aussi, voyant qu'on lui faisait des loisirs forcés et indéfinis, l'apôtre résolut de s'éloigner pour un temps. San Thomé n'était pas loin : il décida d'y aller en pèlerinage au sanctuaire du premier apôtre des Indes. Un navire était en partance; il y monta, le 22 mars, dimanche de la Passion.
Laissons la parole à un témoin oculaire. Diogo Madeira racontait en 1556 : « J'étais parti de Négapatam, le dimanche de la Passion, dans l'après-diner, pour la ville de San Thomé, sur un navire de Michel Fereira. La nuit suivante, le vent se leva contraire et le vaisseau dut s'arrêter. Nous étions à douze lieues de Négapatam. Il nous fallut rester là, les voiles carguées, jusqu'au samedi suivant. Durant tout ce temps, c'est-à-dire depuis le dimanche, jour du départ, jusqu'à la nuit du samedi, où l'on déploya de nouveau les voiles, le Père Maître François ne mangea absolument rien. Je lésais, car le Père habitait la même cabine que moi. Je lui demandai à plusieurs reprises s'il voulait manger. Je m'offrais à lui tuer une poule, pour lui en donner au moins le bouillon. Il refusa, mais consentit à boire un peu d'eau chaude que je lui préparai, avec un oignon. Il ne prit pas autre chose, ce qui m'étonna fort, vu qu'il était à jeun depuis plusieurs jours. Je m'informai auprès de mon domestique, qui couchait avec nous, et auprès d'une petite fille de huit ans qui était là : le Père n'avait absolument rien pris.
« Cependant on était reparti et l'on gagnait la haute mer. Le Père Maître François demanda si le navire était solide. Je lui répondis qu'il était vieux et usé. « Alors, dit-il, revenons en arrière. » Tout bien pesé, les officiers décidèrent d'aller de l'avant. Mais voilà que se leva une furieuse tempête, et nous fûmes contraints de regagner le port au plus vite. J'ai noté ce fait comme digne d'admiration, à savoir que le Père ait conseillé de rebrousser chemin avant que la tempête ne se fût levée ^ »
François passa donc à Négapatam les fêtes de Pâques, essayant