Ibid. La phrase du P. Enriquez est assez obscure
Manuel de Moralez et les deux Pères Henri Enriquez et Alphonse Cebrian ou Cypriano'.
Mais sur cette liste, dès son arrivée à Cochin, François eut un nom à rayer. Mansilhas, appelé aux Moluques, s'était refusé au sacrifice^. Cette désobéissance formelle pouvait être d'un mauvais exemple. Le supérieur n'hésita pas : Mansilhas fut congédié de la Compagnie et remis entre les mains de l'évêque. Le pauvre homme, disons-le tout de suite, n'en resta pas moins attaché au Santo Pacire. 11 vécut en prêtre séculier, et quand, sur l'ordre de Jean III, s'ouvrirent les enquêtes préparatoires à la béatification, don Mansilhas fut appelé à donner son témoignage. Il le fit, beaucoup trop bref à notre avis, et en des termes qui ne font que piquer notre curiosité.
« La vie du Père François, déclara-t-il, n'aurait pu être ce qu'elle a été, s'il n'avait été rempli du Saint-Esprit. Que si lui, Mansilhas, devait faire connaître tout ce qu'il savait de cette vie et des fatigues supportées pour Dieu, il n'en finirait pas. Ce qu'il a fait pour Dieu dépasse toute imagination'^. » L'ancien novice mourut à Cochin en 1565, pleurant amèrement sa faute et ne voulant être assisté que par les Pères de la Compagnie : « Voir seulement, entendre l'un de vous, disait-il, est ma plus douce consolation^. »
C'est peut-être à la suite de cette exécution que le Saint, écrivant à Simon Rodriguez, lui détaille les qualités qu'il juge indispensables chez ses missionnaires. « lien a, dit-il, l'expérience complète. 11 faut qu'ils aient été vigoureusement exercés dans la Compagnie à la pratique de la vertu, qu'ils aient déjà gagné sur eux-mêmes de nombreuses victoires. 11 faut pouvoir assez compter sur eux pour les envoyer sans crainte, en des pays très éloignés^. » Même requête dans la lettre adressée à saint Ignace.
Mais ici le saint réclame quelque chose de plus. II voit que la Compagnie s'augmente aux Indes étira encore s'augmentant. Or il lui semble qu'elle manque d'un « médecin spirituel », d'un supérieur. Ce qu'il réclame donc du père de son âme, à
1. Sel. Ind. Ep., p. 25. Sur le vrai nom de Cypriano, Polanco, t. VI, p. SOS, note.