‹ Saint François XavierChapitre 498 sur 820 · Mon. Xac, p · texte numérisé non relu

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que les autres, les réunit tous et leur fait une manière de sermon. 11 leur dit de méditer ensuite pendant une heure sur ce point : « Quand un homme expire, qu'il ne peut plus parler, que l'àme se sépare du corps, alors, si elle pouvait parler, que dirait-elle au corps ? Et ceux qui sont en enfer ou en purgatoire, que diraient-ils, s'ils revenaient à la vie présente? » L'heure écoulée, le supérieur demande à chacun d'eux quelles pensées il a eues. S'ils disent quelque bonne chose, illes loue; sinon, il les blâme. Ces prêtres, dit-on, prêchent au peuple de quinze en quinze jours. Il va beaucoup de monde à leur prédication, hommes ou femmes. On pleure à ces sermons, surtout les femmes. Celui qui prêche a un tableau de l'enfer et de ses tourments, et il le montre au peuple. Voilà ce que m'a dit Paul de Sainte-Foi. Je lui demandai s'il se souvenait de quelque pensée développée par ces prêcheurs. 11 avait, une fois, m'a-t-il répondu, entendu un de ces prêtres dire qu'un méchant homme ou une méchante femme est pire que le diable; que, ce que le diable ne peut faire par lui-même, il le fait par le moyen de ces méchants, comme voler, porter de faux témoignages et autres péchés semblables'. »

Sur ces renseignements et d'autres encore, François complétait ses plans. On le conduirait droit au Japon, sans aucun arrêt dans les ports de Chine, car les hostilités entre Chinois et Portugais duraient toujours. Au Japon, il chercherait à pénétrer jusqu'à l'ile où était le roi, pour lui dénoncer l'ambassade dont l'avait chargé Notre-Seigneur. Après le roi, les grandes écoles qu'on dit être près de la capitale ~. Quel genre dévie adopteront les missionnaires? « Les Japonais, nos frères et compagnons, nous disent que les prêtres du pays se scandaliseront s'ils nous voient manger chair ou poisson. Nous ferons donc abstinence continuelle, car il ne faut scandaliser personne^. » Qu'on prie

1. P. 5i2, 543. Certaines sectes, les Rinzai par exemple, ont de ces méditations qui se prolongent parfois en séries de deux mois. L'on n'a pas manqué de faire le rapprochement avec les Exercices de saint Ignace (H. Haas, Gesckichte des Chrislentums in Japan, t. I, p. 69, note). Quant à la prédication, elle fait partie intégrante du culte bouddhique. Cf. A. B. MiTFORU, Taies of old Japan, 1871, t. II, p. 12.j.

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