Sa conversation est au ciel. » (Phil., m
spirituelle. La charité, la jubilation de son esprit éclatent sur ses traits. Tel Jean-Baptiste tressaillant au sein de sa mère. Pourtant, non, il ne rit jamais, car il est toujours recueilli et ne s'épanche pas dans les créatures ».
On pense si les Pères avaient les yeux sur lui, épiant les moindres signes de sa sainteté héroïque. Que n'ont-ils écrit plus au long leurs observations! Recueillons du moins le peu qui en est venu jusqu'à nous; précieux témoignages qui nous le montrent en pleine maturité, quarante-six ans, mais déjà au terme de sa carrière. En 1555, le Père de Quadros en consignait quelque chose dans sa correspondance.
« C'est donc sur cette terre qu'a vécu le béni Père Maître François, dont les labeurs, les travaux, la vertu, ont été portés si haut, que je ne vois pas qui pourra jamais jeter bas ce que Dieu a par lui bâti en ce pays.
« J'ai des informations très certaines sur l'union à Dieu, que ce bon serviteur conservait au milieu de ses continuels travaux et j'en suis dans la stupeur. Il lui arriva au Japon, voyageant à pied, et priant le long de la route, d'être si absorbé en Dieu que ses chaussures se rompaient et il ne s'en apercevait pas; ses jambes se heurtaient à des pièces de bois et autres obstacles, il se blessait et ne sentait rien.
« Un de nos frères le vit un jour se promener dans le jardin ; tout perdu en Dieu. Soudain, il s'arrêta comme s'il eût craint d'être vu, puis leva les yeux au ciel et appuya la main sur la poitrine en disant : « Seigneur, assez, assez ! »
« J'ai entendu dire à certaines personnes qui avaient habité avec lui la même chambre qu'il ne dormait pas plus de trois ou quatre heures la nuit; et, pendant ce court sommeil, elles lui entendaient dire : « 0 bon Jésus! 0 mon créateur! » et autres paroles semblables.
« Quand il habitait dans ce collège, il allait veiller toute la nuit dans un petit oratoire d'où il pouvait voir le Saint-Sacrement, et, s'il lui arrivait de dormir, c'était là, étendu sur le sol.
« Bien souvent, s'entretenant avec les frères, il lui venait de si grandes impressions ou visites divines que, pour les recevoir sans qu'on s'en doutât, il était obligé de sortir. Un jour, quittant l'oraison, il dit à quelques frères : « L'année pro-
chaine, nous aurons de mauvaises nouvelles du Portugal. » Et la chose arriva ainsi.
« Son recueillement n'était pas interrompu par ses entretiens avec les hommes, même par ses conversations les plus familières ; et ceux qui causaient ainsi avec lui étaient si frappés de son union avec Dieu que, par respect, ils n'osaient pas arrêter longtemps sur lui leur regard ,
« Un mien frère secundum carnem me disait avoir souvent voyagé avec lui sur terre et sur mer; il l'avait vu, pendant les traversées, toujours en oraison, dès une heure après minuit, jusqu'au jour^ »
Interrompons le Père de Quadros pour prendre ailleurs quelques détails.
François priait toujours. Mais qu'étaient ses grâces d'oraison? par quels degrés dans l'union mystique avec Dieu avait-il passé ? Jusqu'où était-il entré dans ces états miraculeux qui sont pour les saints ici-bas l'avant-goùt du paradis ? nous l'ignorons. Il conseillait aux autres de consigner par écrit les faveurs et les épreuves venues de Dieu 2. Mais s'est-il donné à lui-même le temps d'observer cette pratique? Sa correspondance, pleine de ses effusions de charité et de zèle, nous laisse entrevoir de grandes luttes avec le démon, des joies débordantes aux jours de souffrances et de conquêtes, l'absorption complète en Dieu dans les heures de danger. Quant à préciser davantage, il y faut renoncer. Voici du moins ce qu'on pouvait voir de l'extérieur.
Il disait sa messe de très bon matin : il ne pouvait alors consacrer ni communier sans larmes. Le saint sacrifice n'était souvent qu'une longue extase. Nombre de témoins ont afiirmé l'avoir vu alors élevé au-dessus de terre. Donnait-il la sainte communion, il ne pouvait s'empêcher de tomber à genoux et parfois, tandis qu'il se traînait ainsi devant les fidèles, l'extase le soulevait à un pied au-dessus du soF. Parfois encore le