‹ Saint François XavierChapitre 689 sur 820 · Proeess. i556, Goa, p · texte numérisé non relu

Proeess. i556, Goa, p

« S'il y a discorde entre les époux, traiter avec le mari, lui faire faire quelques méditations sur les grandes vérités, suivies d'une confession générale. Ne pas croire les femmes qui voudront, sous prétexte de dévotion, se séparer de leur mari. Quand même ce dernier aurait tous les torts, ne le condamner qu'en tète à tête, sur sa propre sentence, avec douceur et amour. Aux femmes qui auraient mille raisons de se plaindre, montrer que leur devoir est de se soumettre, d'endurer, d'obéir, et qu'à ce devoir elles ont certainement failli par quelque endroit. Tenir la balance égale entre les deux : ne les croire complètement ni l'un ni l'autre; être bien persuadé qu'en ces sortes d'affaires les torts sont réciproques. En somme, prudence extrême K »

Une fois encore, François fait un suprême appel à l'esprit de charité. Cette insistance répond-elle à quelque épisode récent? Certainespolémiques retentissantes faisaient beaucoup de bruit en ce temps-là autour de la Compagnie en Espagne. Melchior Cano avait-il des émules jusqu'à Goa? Ou bien les dissensions existaient-elles ailleurs, de couvent à couvent, ou de couvent à église ? Quoi qu'il en soit, Xavier disait à Barzée : « Avec les religieux et le clergé, humiliez-vous, abaissez- vous toujours; laissez passer la colère et la passion; j'entends, non pas seulement quand c'est vous qui avez tort, mais quand vous avez raison et qu'ils sont enfante. Contentez-vous de vous taire et d'avoir raison. Pas d'autre vengeance. S'ils ne font pas ce qu'ils doivent, ayez-en pitié; car, tôt ou tard, viendra le châtiment de Dieu et plus terrible que ni vous, ni eux, ne le croyez. Ayez pitié d'eux, priez pour eux. Ne cherchez de revanche ni en pensées, ni en paroles, ni en œuvres : ce serait chose dangereuse et damnable, et procédant de la chair et du sang. Sachez-le bien et n'en doutez pas; Dieu fait de grandes grâces à ceux qui, persécutés pour son amour, respectent leurs persécuteurs et restent patients. Dieu aura un soin spécial de confondre ceux qui vous poursuivent etgênent vos pieux ministères. Mais Dieu ne le fera pas, si vous, vous cherchez votre revanche. Si, ce qu'à Dieu ne plaise, vous aviez quelque querelle avec les religieux, gardez-vous bien de leurdire, en présence du gouver-

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