Tome I, p
L^église de Santa Maria Nuova, à Florence, enclavée dans le grand hôpital de cette ville {^), possède une assez belle relique de saint Gilles. Ce détail, que nous ignorions au moment de dresser notre liste générale des reliques du saint abbé, nous a été communiqué par M. le chanoine d^Éverlange, curé de Saint-Grilles-du-Gard. En route pour la ville éternelle, notre digne ami voulut s'arrêter à Florence, où le culte de saint Gilles est fort en honneur, et c^est de là qu'il nous écrivit, le 18 Septembre 1881, une longue lettre pleine de précieux renseignements (^).
Tom. I, p. 463.
Dans la lettre qu'il nous adressait, le 24 Novembre 1871, feu M. Fabbé Lartigue, curé de Saint-Leu, à Paris, disait en parlant de saint Gilles : le culte de ce Saint, uni au culte de S*^ Leu, est en grand honneur dans la paroisse, et les familles chrétiennes se font un devoir de consacrer leurs enfants nouveau-nés à ces deux Saints et de les mettre sous leur patronage ^\ La France compte un grand nombre de localités, où s'est conservée cette pieuse et salutaire coutume; celle-ci existe notamment à Vaucresson, petit village du canton de Sèvres, au diocèse de Versailles. Nous avons sous les yeux le Manuel à l'usage des familles qui mettent leurs enfants sous la
i}) Cette église est paroissiale, mais la paroisse ne comprend que l'hôpital. Reconstruit en 1418-19, ce sanctuaire fut consacré par le pape Martin V, le 8 Septembre 1420, sous les vocables réunis de la Vierge Marie et de saint Gilles.
(^) La lettre de M. le chanoine d'Éverlange était accompagnée d'un petit imprimé italien, de 8 pp., contenant une notice historique sur saint Gilles et son culte, des détails sur Santa Maria Nuova, une double prière au saint abbé, quelques strophes de l'hymne de Santeuil : JEgidi, clara sate stirpe o-egum, etc., (V. plus haut, pp. 475, 476), une antienne et l'oraison : Sancti Ahhatis jEgidii supplicationibus, etc., (Id., p. 467). L'une des deux prières prouve qu'à Florence, comme en tant d'autres endroits, on invoque saint Gilles contre la peur et les convulsions. Elle porte cet en-tête : Preghiera d'un padre e d'una madré per implorare Vintercessione di 8. Egidio a favore d''un loro Jiglio tok-
MENTATO DALLE PAURE O DALLE CONVULSIONI (pp. 5, 6.)
protection de saint Leu et de saint Gilles {}). Ce Manuel est composé surtout en vue des personnes qui se rendent à Yaucresson^ où viennent tous les ans en pèlerinage de nombreux habitants de Versailles, de Bue, des Loges, de Jouy, Viroflay, Cbâ ville, Sèvres, Meudon, Saint- Cloud, Yille-d^Avray, Marnes, Garcbes, Eueil, Boulogne, Suresnes, Bougival, Marly, Noisy, Bailly et de plusieurs autres paroisses (^).
En 1145, il existait déjà à la Marche, près de Vaucresson, une chapelle sous l'invocation de saint Leu et de saint Gilles. Ces deux Saints sont honorés à Yaucresson, depuis que l'église de la Marche fut réunie à cette paroisse. Cette réunion s'accomplit en 1635; il fut décidé, à cette occasion, qu'on érigerait un autel en l'honnear de saint Leu et de saint Grilles dans l'église paroissiale de Saint-Denis, à Yaucresson, et que leur fête serait chômée à perpétuité, le 1^^' Septembre, sur tout le territoire, comme fête de second patron (^).
L'église de Yaucresson est le siège d'une célèbre confrérie.
Cette confrérie, dite la confrérie Saint- Gilles, à laquelle un grand nombre de familles viennent chaque année associer leurs enfants, est fort ancienne; son origine remonte vraisemblablement au-delà du douzième siècle, c'est-à-dire qu'elle est aussi ancienne que la fondation de la chapelle Saint-Leu-Saint-Gilles, de la Marche. Les jeunes enfants inscrits comme associés à la confrérie Saint-Gilles, le sont ordinairement jusqu'à l'âge de sept ans, quelquefois jusqu'à l'époque de leur première communion, lorsque leurs parents en témoignent le désir.
Q) Paris, Victor Palmé, 1862, in-] 8, de 192 pp. C'est notre excellent ami, le E. P. Stanislas, du Carmel de Passy, qui nous a signalé l'existence de ce Manuel, dont il a en la bonté de nous transmettre un exemplaire. Cet opuscule était arrivé, en 1862, à sa troisième édition.
('^) Préface, p. i.
(^) Pp. 1, 2. — On trouve encore sur le terrain de la Marche, maintenant clos de murs, une fontaine appelée fontaine Saint-Gilles, près de l'endroit sans doute oii était bâtie la ghapelle dédiée à ce Saint et à saint Leu. Avant que cette fontaine fût enfermée dans le parc de la Marche, les fidèles, en venant implorer l'assistance de saint Leu et de saint Gilles, aimaient à y puiser de l'eau. Ils attribuaient à cette eau plusieurs guérisons miraculeuses, que Dieu, pour récompenser leur foi, avait pu leur accorder par l'intercession de ses bienheureux serviteurs (Mamiel, etc., p. 2).
Cette confrérie n'a aucune obligation spéciale; seulement il est d'usago de faire le voyage de Yaucresson une fois tous les ans, pour honorer le saint sous la protection duquel on a placé son enfant et pour renouveler son inscription. Ce voyage se fait habituellement un des jours de la neuvaine. Cette neuvaine commence le premier septembre. Pendant ces neuf jours, la messe est dite dans l'église de Vaucresson, à neuf heures. Elle se termine par une messe célébrée à l'intention spéciale de tous les enfants inscrits sur les registres de la confrérie et de tous leurs parents.
Tous les dimanches et fêtes de l'année, on recommande au saint sacrifice, ainsi que pendant la neuvaine, les enfants de la confrérie.
Ceux de ces enfants qui ont fait leur première communion, approchent de la sainte Table à Vaucresson, pendant la neuvaine, pour remercier Dieu qui les a conservés à la tendresse de leurs père et mère...
Sur les anciens registres de la confrérie de saint Gilles, on trouvait les noms des enfants de France. Tous les ans, les jeunes princes et princesses faisaient le voyage de Vaucresson pendant la neuvaine du mois de septembre (^).
A la suite de ces détails, le Manuel contient une courte Notice sur saint Leu et saint Gilles (^). Cette Notice nous apprend que l'église de Vaucresson possède des reliques du saint abbé, reçues, en 1843, de Mgr. d'Astros, archevêque de Toulouse (^). L'opuscule traite ensuite, dans autant de paragraphes distincts, des pèlerinages et des pratiques pieuses, qui ont lieu à leur occasion de l'usage de faire toucher aux châsses des linges et autres objets pour les malades ('');
(') Manuel, etc., pp. 2-4.
(2) La notice sur saint Gilles se trouve aux pp. 5-8. Elle est malheureusement émaillée d'erreurs chronologiques et historiques^ notre Sa^'nt y est représenté comme contemporain et disciple de saint Césaire d'Arles; il est découvert dans sa retraite par un roi goth païen; il se rend à Paris, sur les instances de Childebert; il meurt le 1" Septembre 547; son corps est transféré à Toulouse, au temps des Albigeois, etc.
(3) Manuel, etc., p. 8. Une relique de saint Gilles se garde aussi dans l'église de Septeuil, au même diocèse, canton d'Houdan.
(■*) Manuel, etc., pp. 16, 17-
(^) Id., pp. 17, 18. Ce paragraphe constate l'usage, existant à Vaucresson, de faire toucher les linges, les croix, colliers et médailles des jeunes enfants à la châsse où sont les reliques de saint Leu et de saint Gilles, et la coutume de faire passer les enfants eux-mêmes sous cette châsse.
des cierges que font brûler les fidèles devant les reliques de Tusage de réciter le saint Evangile sur les enfants ou sur leurs parents. Ce dernier paragraphe contient les évangiles et oraisons qu^on récite sur les enfants ou à leur intention, une bénédiction des linges et un évangile pour les malades (^). On trouve encore, dans le Manuel, une instruction sur les neuvaines et des exercices pour celle qui se fait en Phonneur de saint Leu et de saint Gilles (^). Des conseils pratiques sur F éducation cbrétienne des enfants et divers exercices de piété remplissent le reste de cet intéressant opuscule, qui se termine par un double cantique français, ?uu en Phonneur de saint Leu, l'autre en Fhonneur de saint Gilles (^); ce second cantique se chante à l'issue de la grand' messe, le 1^^ Dimanche de Septembre.