Tome II, p
Fayt-lez-Seneffe. — Les renseignements, que M. Geudens, curé de la paroisse, a eu F obligeance de nous colnmuniquer, le 7 Juin 1871, sont extraits, en majeure partie, de la Notice historique sur Fayt-lez-Seneffejipav M. Jules De Soignie, chef de bureau à l^administration provinciale du Hainaut (^). C'est plus tard seulement que nous avons eu connaissance de ce travail, rempli de détails intéressants (^).
M. De Soignie insère, sous l'annexe A, Pacte par lequel Nicolas III de Fontaines, évêque de Cambrai, confirme la fondation, faite par le chevalier Gilles du Sart, de la chapellenie de Saint-Gilles de Fayt (^). Voici le commencement et la fin de cet acte :
JS". Deigratia, Cameracensis Episcopus, omnibus prsesentes lifcteras visuris tam praesentibus quam f uturis, salutem in vero salutari. Noverit universitas vestra quod cum dominus ^gidius, miles de Sarto, in villa
Sint-Bomhautskerlc te Mechelen, Meclielen 1877, p. 174, et Van Castee, op. cit., p, 76. Ces deux auteurs reproduisent ainsi l'inscription de la cloche Gilles :
GlELIS BEN GHEGOTEN VAN AdRIAEN StEYLAERT M. CCCCC, LXIIII.
(^) Cette monographie est insérée au tome XI des Annales du Cercle archéologique de Mons. Il en existe des tirés à part, de 56 pp., sans date d'impression; nos citations sont faites d'après un exemplaire, gracieusement mis à notre disposition par M. Théodore Bernier, historien-paléographe, à Angre.
(2) IN'ous avons écrit, d'après M. Geudens, que le chapelain de l'oratoire primitif de Fayt jouissait des droits cnriaux. C'est une erreur. La chapelle était iDâtie sur le territoire de la paroisse de Haine-Saint-Paul, D'après les lettres épiscopales confirmant la fondation du chevalier Gilles du Sart, le chapelain ne " pouvait donner le sacrement de baptême, ni la sépulture; il ne célébrait pas la messe les jours de Noël, de Pâques, de Pentecôte et de saint Paul, patron de la paroisse: c'est à l'église paroissiale que le seigneur et ses vassaux devaient alors assister aux ofiices et recevoir les sacrements " (De Soignie, op. cit., p. 10).
(^) " Ces différents statuts, dit M. De Soignie, furent approuvés en octobre 1253, par Pierre, évêque de Cambrai, qui plus tard [die Jovis crastino S*' Martini hyemalis 1311], étendit à tous les jours de l'année l'autorisation de dire la messe " (p. 10). Il y a dans ces lignes une double erreur. Au mois d'Octobre 1253, le siège épiscopal de Cambrai était occupé par Nicolas III de Fontaines, qui administra ce diocèse, de 1248 à 1272, date de son décès (A. Le Glay, Cameracum christianum, Lille 1849, pp. 42-45). En 1311, le diocèse de
sna de Fait, nosfcrae diocesis, quandam capellarh consfcruxisset et ab abbate et conventu Bonse-Spei, PraDraonstratensis ordinis, qui in praedicto loco jus parochiale habent et patronatura, obtinuisset quod dictus abbas et conventus de ducentis libris alborum, quas propter hoc eis coatulerat dominus -^Egidius sitpradictus, quam cito facultas se offerret, reditus acquirerent duodecim libras alborum valentes, annuatim in perpetuum assignandos capellano, qui in dicta capella deserviret, et ab ipso percipiendos... Nos igitur humilibus precibus eorum inclinati, praedictara ordinationem sicut pie facta est, pontificali auctoritate concedimus et confirmamus. In cujus rei testimonium, praesentes litteras conscribi fecimus et sigillo nostro communiri. Datum et actum anno Domini millesimo ducentesimo quinquagesimo tertio, mense octobri (^).
Le travail de M. De Soignie renferme quelques données biographiques sur le chevalier Gilles du Sart, fondateur de la chapelle de Fayt. Ce personnage, considéré comme le premier seigneur de Fayt, mourut, nous l'avons dit, le 5 Avril 1312, et fut inhumé dans Féglise des Prémontrés de Rœulx, sous une tombe de marbre, qui existait encore en 1572. Sur la tombe on voyait couché ung home armé de hauhergeie (^), un grand escu sur luy, et on y lisait cette inscription :
jûbie ôtrc bu fagt, qui trcôpagga l'an be grâce mil iij" ïii, U o' jour b'auril (^).
Ce seigneur était fils de Gilles du Sart, qui assistait à la bataille de Bouvines, et figure parmi les preux du Hainaut, tombés entre les mains du roi de France {'^) .
Cambrai avait pour évêque Pierre III de Lévis (A. Le Glay, op. cit., p. 48), prélat dont M. De Soignie fait un seul et même personnage avec le soi-disant évêque Pierre, qui, cinquante-huit ans auparavant, aurait approuvé la fondation du chevalier Gilles du Sart.
(^) De Soignie, op. cit., p. 53.
(^) Hauhergeie, haubert, casque.
(3) De Soignie, op. cit., p. 17. La description du mausolée de Gilles du Sart et son épitaphe sont tirées du Recueil des épitaphes des Pays-Bas, par le chanoine Galonné de Beaufaict, manuscrit de 1572, avec enluminures, conservé à la Bibliothèque publique de Mons. (De Soignie, op. cit., p. 17, note 4.)
(^) De Soignie, op. cit., p. 17.
En 1856, la commune de Fayt vit s^élever une nouvelle église, dédiée,, comme Tancienne, à saint Gilles. Nous trouvons dans la monographie de M. De Soignie des renseignements, pleins d'intérêt, sur cet édifice et sur la pose de la première pierre :
L'église actuelle, de style ogival et dont la façade principale donne sur la place publique, mesure 37"* 10*= de longueur sur 20"" 16" de largeur; elle a coûté 72,800 francs. Le plan en fut dressé par M. Léon Suys, architecte à Bruxelles, puis modifié par l'architecte Slaater, qui vint à mourir le jour même où l'on commença la démolition de l'ancienne église. La pose de la première pierre eut lieu d'une manière solennelle, avec le concours de la société de musique et du conseil communal au complet. Cette pierre forme un coffre de 60*= sur 20, marqué d'une croix à chaque angle, avec couvercle portant millésime; elle est scellée au chœur, et contient, outre quelques pièces de monnaie, le procès-verbal suivant, écrit sur parchemin :
Le 28 avril 1856, le clergé de la paroisse de Fayt a héni et placé, avec V administration communale, cette première pierre de cette nouvelle église, dédiée comme V ancienne à St Egide, en présence d^un nombreux concours de prêtres des environs et des habitants de la paroisse. Daigne le Seigneur la bénir avec nous, la protéger, la rendre solide et durable jusqu'à la consommation des siècles et son dernier avènement !
Si cette dernière prière est exaucée, les contribuables de Fayt n'auront plus de longtemps à s'imposer pour semblable construction. Grâce à l'activité des entrepreneurs, les frères Devreux, de Braihe-le- Château, l'église put être bénite dès le 16 août de la même année (^).