FLANDRE OCCIDENTALE. — DIOCÈSE DE BRUGES
A) Églises et chapelles dédiées à saint Gilles Église paroissiale de Saint-Gilles, à Bruges
I. Origines. — Chapelle primitive, érigée, en 1240, du consentement de Walter de Marvis, évêque de Tournai, par le prévôt et le chapitre de la collégiale de Notre-Dame, à Bruges; motifs de cette érection, pp. 54-56. — La chapelle, placée dès son origine sous l'invocation de saint Gilles, est élevée au rang d'église paroissiale, en 1311, p. 56. — Influence de Walter de Marvis sur le choix du titulaire, pp. 56-58.
II. Chapelle, autels. — Ancienne chapelle de Saint-Gilles, située ^ dans le bas-côté nord de l'église; la corporation des corroyeurs, qui
honorait comme patron le saint abbé, y faisait célébrer ses offices, dans la seconde moitié du XV® siècle, pp. 58-60. — L'autel de cette chapelle était orné d'une statue de saint Gilles; c'était là que les pèlerins venaient faire leurs offrandes au Saint, qu'on leur présentait à vénérer ses reliques, etc. En 1523, cet autel fut cédé à la corporation des fabricants de tapis. Quoique ceux-ci reconnussent pour patronne sainte Geneviève, la statue de saint Gilles demeura sur l'autel jusqu'en 1559, époque à laquelle elle fut placée sur l'autel de la chapelle de Sainte- Catherine, entre l'image de la sainte martyre et celle de saint Nicolas, pp. 60, 61. — Texte de l'accord, conclu, à cette occasion, entre le curé et les marguilliers, d'une part, et le serment de la corporation, de l'autre, pp. 61-63. — La chapelle de Sainte-Catherine prend dès lors le titre de Gillis cap2^elle glieseyt 8^^ Gatlierine cappelle. Détails sur cette chapelle, pp. 63, 64 — Le 30 Août 1614,Charles-Philippe de Eodoan, évêque de Bruges, consacre le maître-autel en l'honneur de saint Gilles et de saint Julien, p. 65. — Le 16 Mars 1642, Nicolas de Haudion, VIII® évêque de Bruges, consacre l'un des autels latéraux en l'honneur de saint Gilles et de divers autres Saints. Détails sur cette cérémonie, tirés des comptes de l'église, pp. 65, 66.
III. Objets d'art, représentant saint Gilles ou des épisodes de sa vie.
A) Statues. — Statue du saint abbé, décorant primitivement l'autel de la corporation des corroyeurs, et transférée, en 1559, dans la chapelle de Sainte-Catherine, p. 67. — Statue de saint Gilles placée sur le tref, îtp de reese. Extraits des comptes de l'église, relatifs à cette statue, pp. 67, 68. — Statue surmontant le retable de l'ancien maître-autel, pp. 69, 70. — Statue nouvelle, p. 70. — Statuettes, pp. 70, 71.
B) Sculptures. — Bas-relief en marbre blanc, de Jean Calloigne, ornant la base du maître-autel et représentant la découverte de saint Gilles dans la forêt gothique, p. 71, 72.
C) Tableaux. — Toile de Dominique NoUet; même sujet, pp. 72, 73.
D) YiTRAUX. — ■ Nouvelle verrière au-dessus du maître-autel. Figure de saint Gilles, p. 74.
E) Tapisseries. — Anciennes tapisseries, reproduisant la légende du sainf^bbé et tendues jadis au-dessus des stalles du chœur, pp. 75, 76. ■ — Le 17 Mars 1633, Jean Jacobs et son épouse, Barbe Bezoete, donnent à la table des pauvres un tapis avec les figures de la Yierge, de saint Jean et de saint Gilles. Texte de l'acte de donation, pp. 76, 77. — Note sur l'usage d'employer des tapisseries dans la décoration des églises. Tapisseries de haute lisse dans les églises de Bruges, pp. 75, 76.
F) Ornements d'église. — Yêtements sacerdotaux. Étendards et bannières, pp. 77-79.
G) Orfèvrerie. — Émaux et ciselures. Fermail de chape. Cuillers à l'effigie de saint Gilles. Note sur les cuillers liturgiques. Calice du curé Pierre Bylkin, pp. 80-83.
H) Sceaux et méreaux. — 1. Sceaux. La communauté et l'église possédaient chacune leur sceau. Les statuts donnés à la communauté par Remi Drieux, ii^ évêque de Bruges, le 6 Juillet 1574, mentionnent le sceau de cette administration, lequel, d'après toute probabilité, portait en champ une figure de saint Gilles, pp. 83, 84. — Description de l'ancien sceau de l'église, d'après une empreinte du XV^ siècle, p. 84. — Nouveau sceau, p. 85. — 2. Méreaux. Note sur les méreaux, pp. 85, 86. — La communauté et la table des pauvres avaient toutes deux leurs méreaux, pp. 85, 86. — Description des méreaux de la table des pauvres, pp. 87-89.
I) Cloches. — Une des quatre cloches, fondues par Herman Loots, en 1536-37, portait le nom de Gilles; antérieurement déjà l'église avait possédé une cloche de ce nom, p. 89. — Ces anciennes cloches ont disparu. La plus grande de celles qui existent aujourd'hui est ornée d'une figurine en relief de saint Gilles, pp. 89, 90.
IV. Reliques. — A) Exposition des reliques de saint Gilles. Dans la première moitié du XVI^ siècle, on faisait vénérer journellement une relique du saint abbé, distincte de la grande relique, désignée sous le nom de " bras de saint Gilles ", p. 91. — On donnait ce " bras " à baiser, à la fête de la dédicace, hermisdag, qui se célébrait le dernier Dimanche du mois d'Août, à la fête de saint Gilles (1^' Septembre), le Jeudi-Saint et le Vendredi- Saint. Extraits des comptes de l'église, pp. 91-93. — Honneurs rendus à cette relique, aux fêtes de la dédicace et de saint Gilles. A l'issue de la procession, le célébrant, debout au pied du maîtreautel, l'offrait à baiser à tous les fidèles présents, p. 95. — La relique demeurait exposée tout le jour, sous la garde d'un ou de plusieurs prêtres, auxquels succédèrent plus tard les marguilliers, remplacés dans la suite par un employé laïque de l'église. Extraits des comptes, pp. 96-98.
B) Reliqiies de saint Gilles iwrtées en 'procession. Détails empruntés aux comptes, pp. 99, 100. — Jours auxquels se faisaient ces pfSbessions. Itinéraire suivi, pp. 100, 101. — Modifications introduites par Mgr. Brenart, xvii'^ évêque de Bruges, pp. 101-103. — Les reliques de saint Gilles étaient portées par des prêtres, qui recevaient de ce chef une rétribution pécuniaire. Extraits des comptes, pp. 103, 104. — Châsse où l'on renfermait les reliques. Porte-reliquaire actuel, p. 104.
Honneurs rendus aujourd'hui au " bras de saint Gilles ", p. 105. — Les reliques du saint abbé sont portées à la procession biennale du
Dimanche de la Sainte-Trinité; elles figurèrent à la procession jubilaire du Saint-Sang, qui eut lieu à Bruges, le 3 Mai 1869, pp. 105, 106.
Comment l'église de Saint-Gilles, à Bruges, célébrait la fête de son patron aux XVP et XVIP siècles.
(Détails extraits des comptes de la fabrique.)
Travaux préparatoires. Sarclage du cimetière et nettoiement des rues avoisinantes, p. 108. — Les murs de l'église étaient revêtus de tapis et d'étoffes diverses. Note sur la coutume d'orner de tapis les murs, les colonnes et les autels des églises, pp. 108, 109. — L'église basse, voorherke, recevait une ornementation spéciale, connue sousv, le nom de h'oonen, et qui consistait à tendre, en travers des nefs, du fil ou des cordes, qu'on garnissait de fleurs et de verdure, et auxquelles on suspendait des couronnes. Détails divers sur cet ancien usage, pp. 109-111. — Le maître-autel avait aussi sa parure, composée de fleurs naturelles, d'orangers, de lauriers, dont on argentait les feuilles, pour leur donner plus de brillant, pp. 111, 112. — On jonchait d'herbes et de lauréole odoriférante le sol de l'église, et l'on fixait aux murs des branches d'arbres, garnies de leur feuillage. Note sur cette ancienne coutume et sur l'emploi de la lauréole, comme décor, dans les fêtes et réjouissances publiques, pp. 112, 113. — La bannière traditionnelle flottait sur la tour de l'église, p. 114. — Ofîices solennels. Musique. Des ménestrels précédaient la procession. Détails sur cette cérémonie, pp. 114-116. — Ordre des oflSces de la fête de saint Gilles, au milieu du XVII^ siècle, pp. 116, 117. — A partir de 1643, et par les soins du curé Jennyn, la fête du saint abbé est célébrée avec une octave solennelle, p. 117. — Indulgence plénière, accordée pour le jour de la fête, et renouvelée par Innocent X, le 11 Janvier 1648, et par Pie YI, le 13 Mars 1789. Texte du bref de Pie VI, pp. 118-120. — Indulgence de quarante jours, octroyée, le 27 Août 1648, par Nicolas de Haudion, viii^ évêque de Bruges, et, en 1656, par son successeur, Charles van den Bosch. Lettres de ce dernier prélat, pp. 120, 121. — Dès la seconde moitié du XYII= siècle, les comptes de la fabrique deviennent plus sobres de détails sur la célébration de la dédicace et de la Saint-Gilles. Résumé du chapitre spécial consacré à ces fêtes, pp. 121, 122. — Comment la Saint-Gilles se célèbre aujourd'hui, p. 122.
V. Bénédiction de l'eau en l'honneur de saint Gilles. — Remarques préliminaires sur la bénédiction de l'eau et sur l'antiquité de cette cérémonie. Espèces diverses d'eau bénite. Effets de l'eau bénite ordinaire, pp. 123, 124. — Détails sur la bénédiction de l'eau en l'honneur de divers Saints, telle qu'elle se pratiquait autrefois, ou se pratique encore
aujourd'hui, dans les Flandres et notamment à Bruges, pp. 125- 130. — La bénédiction de cette eau est accompagnée le plus souvent de l'immersion de quelque relique. Origine probable de cette pratique, pp. 130, 131. — Epoque de l'année à laquelle on bénit de l'eau sous l'invocation de saint Gilles. Effets de cette eau, dont la bénédiction était jadis réservée au curé de l'église. Signification des mots cordis pressura, pp. 127- 133. — Formulaires. Formulaire primitif, écrit dans la seconde moitié du XV siècle, pp. 133, 134. — Copie tirée en 1642, p. 135. — Nouvelle copie, faite, en 1764, par le chapelain Jean-Baptiste De Laeter. Examen critique de cette copie. Ses défectuosités, pp. 135-140. — Texte des formules de bénédiction, pp. 141-152. — Ces formules remontent à une haute antiquité, pp. 152, 153.
VI. Pèlerinage. — Une délibération du chapitre de la collégiale de Notre-Dame, à Bruges, en date du 13 Décembre 1508, atteste que, tous les jours de l'année, on voyait l'église de Saint-Gilles fréquentée par des pèlerins des deux sexes, venant, de près et de loin, présenter au saint abbé le tribut de leurs hommages et de leur générosité. Parmi les pèlerins, les uns offraient de l'argent, les autres faisaient des dons en nature, consistant en chandelles, volailles, légumes, etc., pp. 154-156. — De nombreux indices portent à croire que ce pèlerinage remonte, sinon aux origines mêmes de l'église, tout au moins à une époque fort reculée, pp. 156-159. — Le pèlerinage dut prendre des développements considérables, lorsqu'en 1486, à la suite d'une enquête minutieuse, les vicaires généraux du diocèse de Reims eurent solennellement proclamé l'authenticité de la grande relique de saint Gilles, donnée, en 1466, par messire Guillaume de Gracliaut, p. 159. — Dons en nature offerts par les pèlerins. Ces dons profitaient à la fabrique, qui les vendait et en faisait figurer le produit parmi les recettes de l'église, pp. 160, 161. — Les volailles formaient l'offrande préférée des pèlerins; une cage, destinée à les recevoir, se trouvait placée dans l'église, et, moyennant le paiement d'une redevance annuelle, la fabrique cédait aux particuliers toutes les volailles offertes d'une année à l'autre, pp. 161, 162. — État florissant du pèlerinage en 1559, constaté par un document de l'époque. Les troubles des Gueux portent le coup fatal à ces manifestations religieuses, pp. 162, 163.
VII. Office, Messe. — Texte de l'office, récité par le clergé de l'église. Remarques sur l'oraison de cet office. Note sur les écrits du bienheureux Fulbert de Chartres, auxquels sont empruntées les leçons du deuxième nocturne. Observations sur les leçons du troisième nocturne, pp. 163-166.. — Collecte, secrète et postcomraunion de la messe, p. 167.
VIII. Gilde, Confrérie- — La corporation des corroycurs, qui s'était mise sous la protection du saint abbé, portait le titre do " gilde de saint Gilles ", p. 167. — Confrérie proprement dite. Son ancienneté. Extraits des comptes, pp. 167-169. — La confrérie de saint Gilles fleurissait encore en 1641. Composition du conseil d'administration, p. 169. — Extinction de la confrérie. Son rétablissement en 1760. L'association survit à la révolution française; pièces de vers qui s'y rapportent, pp. 169-173. — Eéérection canonique de la confrérie, en 1865, par Mgr. Faict, évêque de Bruges. Lettres de ce prélat, pp. 173, 174. — État florissant de la nouvelle confrérie, p. 174.
IX. Coutumes populaires, traditions locales- — La Saint- Gilles était jadis une fête populaire, et donnait lieu à des réjouissances, dont il reste encore quelques vestiges, pp. 174, 175. — Feux de joie allumés au milieu des rues. Les habitants du quartier formaient des rondes autour du feu, en chantant un quatrain en l'honneur de saint Gilles. Part que les enfants prenaient à la fête, p. 175. — Jeu connu sous le nom de GiUek.e leeft nog. Origine attribuée à ce dicton populaire. Sa signification, pp. 175-177. — L'origine des feux de joie de la Saint-Gilles se rattache aux veillées d'hiver, dont, à Bruges et ailleurs, l'ouverture était fixée jadis au l^'' Septembre, fête du saint abbé. En certaines contrées, comme dans l'ancienne Picardie, les ouvriers ont conservé l'usage de commencer les veillées d'hiver à la Saint-Gilles. Dicton picard, pp. 177, 178. — Détails divers sur les réjouissances, auxquelles donnait lieu la fête du Saint. Keershegiefing, pp. 178, 179. — La Saint- Gilles fêtée par les écoliers, pp. 179, 180. — Influence attribuée à la fête de saint Gilles sur les variations atmosphériques. Dicton flamand, p. 180. — L'orpin reprise, smeeriDortel^ consacré au saint abbé. Détails sur cette plante, pp. 180, 181.
B) Souvenirs divers du culte de saint Gilles