AD MATUTINUM
IN I NOCTUENO
Lediones de lihro Ecclesiastici: Laudemus viros gloriosos, ut in Comm. Conf. Pont. 2° loeo, cum BB. de Comm. Conf. non Vont.
Teissonnier, dans sa Notice historique sur Saint Gilles, donne quelques strophes de l'hymne des Vêpres et de la prose,qu'il trouve " particulièrement remarquables " (pp. 140 et suiv.).
Une chose digne de remarque, c'est que de toutes les églises dédiées à saint Gilles, tant en Belgique que dans le Nord de la France, la nôtre soit la seule qui ait cette oraison propre; toutes les autres ont l'oraison de communi Ahhatum : Intercessio nos, quœsuvius, Domine, etc. Cette même oraison propre se récite encore aujourd'hui, avec de légères variantes, par le clergé de l'église paroissiale (jadis abbatiale) de Saint- Gilles -du- Gard, au diocèse de Nîmes. Nous la retrouvons aussi dans l'ancien Propre du diocèse de Tournai, publié par Mgr. Gilbert de Choiseul, en 1676, et réédité, en 1787, par Mgr, Guillaume- Florentin de Salm-Salm, ainsi que dans le Propre de l'abbaye bénédictine d'Elnon ou de Saint-Amand, (située à trois lieues de Tournai), Propre édité en 1763, et dans le Bréviaire de Saint-Omer, publié, en 1784, par Mgr. de Bruyère Chalabre, évêque de ce diocèse.
A Saint- Gilles-du- Gard, on dit : Sancti Abbatis Mgidii, Domine, pus supplicationihus trihue nos adjuvari : ut quod pie credidit appetamus, et quod juste speravit consequamur. Per D. N. J. C
Le texte de cette oraison nous a été communiqué pai feu M. le curé Goubier.
L'oraison des Propres de Tournai et d'Elnon se rapproche davantage encore de la nôtre. La voici :
Sancti Confessoris tui Mgidii, Domine, supplicationihus trihue nos adjuvari : ut quœ pie credidit appetamus, et quod juste speravit consequamur. Per D. N. J. C.
Le Bréviaire de Saint-Omer (1784) formule ainsi l'oraison de la fête de saint Gilles :
Sancti abbatis 2Egidii supplicationihus trihue nos, Deus, adjuvari : ut quœ vie credidit appetamus, et quod juste speravit consequamur. Per D. N. J. C.
m II NOGTURNO
Ex libello Venerab. Fulberti, Episc, de historia S. ^gidii {^). Lectio IV,
^gidius (^), génère clams, sed scientia, et (^) virtiite et opère longe clarior exstitit. Legitur quippe regia stirpe fuisse progenitus. Sed hic £evo tener, ad liberalia documenta (^) dispositus, doctores summos brevi îequiparavit. Dum potentis ingenii motum nec levitas prsecipitem ageret, nec desidia tardum, docto docili quoque puero gratia Dei non defuit, vitam ejus omni morum honestate commendans. Jamjamque foris scintillabat indiciis velut succensa('^) lampas charitatis. Yestem
La même oraison, sans variante aucune, termine les litanies en Thonneur de saint Gilles, composées par Mgr. Meirieu, ancien évêque de Digne, et insérées par M. l'abbé Teissonnier dans sa Notice historique sur Saint Gilles (pp. 211 et suiv.).
(^) Le bienheureux Fulbert mourut évêque de Chartres, le 10 Avril 1029. Voyez une notice détaillée sur sa vie et ses écrits dans le tome cxli du Patrologiœ cursus completus, de Migne, section latine (Paris 1853), col. 167 et suiv.; cette notice est tirée de V Histoire littéraire de la France, tom. vu, pp. 261 et suiv. A juger de l'intitulé de ces leçons : Ex libello Venerah. Fulherti. Episc, de HISTORIA 8. Mgidii, on pourrait croire, comme du reste quelques auteurs l'assurent, que Fulbert de Chartres a écrit la Vie de saint Gilles; il n'en est rien cependant. " La chronique de Maillezais, ou plutôt de Saint- Maixent, dit la notice précitée (Migne, col. 180, 3°), porte que Fulbert, outre ses écrits en prose, avait encore laissé de sa façon plusieurs pièces notées pour les offices divins. (Malleas. Chr., p. 205.) A quoi Trithème (Scrip. c. 315; Chr. Hir., t. i, p. 159) ajoute qu'il y avait de lui des hymnes, diverses prières, des chants à la gloire de Dieu et quelques autres pièces de piété. Le principal éditeur de Fulbert a recueilli tout ce qu'il a pu déterrer de ses écrits en ce genre, et les a mis à la suite de ses sermons (Bih. PP. ib. [t. xviii], p. 48-53). Le recueil est divisé en deux parties. Il s'y trouve des hymnes, des proses, tant rimées qu'autres, des litanies et autres prières, des antiennes, des répons, tant sur quelques-uns de nos mystères, comme Noël, la Trinité, qu'à l'honneur de divers saints. On y lit un invitatoire, une prose et des répons pour l'office de saint Gilles. C'est, suivant toute apparence, ce qui aura fait avancer à l'anonyme de Molk et à quelques modernes que Fulbert avait composé une Vie de ce saint. " Tout ce que le bienheureux évêque de Chartres nous a laissé sur le saint abbé, ne remplit pas deux colonnes de l'édition de Migne (col. 343, 344). Les leçons de notre office ont été formées de la prose; le texte de Migne, dont nous avons suivi la ponctuation, offre de légères variantes, que nous aurons soin d'indiquer. L'antienne Dominum semper et ubique regnantem est tirée des répons de Matines.
(^) Migne, Fidelis Christi confessor JEgidms.
(^) La conjonction et ne se trouve pas dans le texte de Migne.
("*) Migne, rudimenta.
(■^) Id., succensa velut.
segro cuidam mendicanti, qua non superflua tegebatur, quamvis adhuc psedagogi sententiam sibi existimaret (') formidabilem, dédit. Prodiit extemplo quoddam memorabile signum, quo Deum ^gidio cooperari compertum est. ISIam, ut aeger attigit oblatam sibi vestem, simul pristinam recepit {^) sanitatem, R. Honestum fecit.
Lectio V.
Parentibus (^) in pace defunctis, patrîmonii sui Christura fecit haaredem, mirabili modo pauperando ditescens, dum temporalium impendiis seterna lucratur. At .ubi Sancti virtus prae magnitudine sua latere non potuit, confluebant plurimi, corporis animaeque bénéficia postulantes. Nec vero, ubi dator hilaris et quod daretur abunde non aderat, suo munere frustrabantur. Oumque mira gesta laudum praBconia sequerentur, mari transite, natalem Gr£eciam sua prsesentia viduavit, incautum esse judicans lavis famae pretio thesaurum bonae conscientiae venditare, in natali permanens.
R. Amavit eum.
Lectio VI.
Hinc inter prospéra voluptate non est resolutus, nec inter aspera a diabolo est superatus. Inediam, sitim, algores et vigilias, pro Ohristi amore, delicias computabat. Affectus injuriis, et graviter sauciatus, affligentibus se deprecabatur veniam. Credebat, quod didicerat a vero magistro, in patientia tandem animas possideri. Yirtute ita erectus (^) ad sublimia, sacerdotali meruit infula decorari. Obtinuit enim illud sapientis, quod in tempore iras factus est reconciliatio. Mirabile quidem est quantum in eo succreverit parcimoniae virtus, cum multo tempore ab ipsius quoque panis abstineret edulio. Unde facile patet eum nec pulmentaria nec quaslibet gulae irritamenta quaerentem ad suprema (^) evolasse régna.
R. Iste homo perfecit.
IN m NOCTUKNO
Homilia S. Hieronymi in Evangel. Ecce nos reliquimus omnia, de Communi Ahhatum (^).
(') MiGNE, œstimaret. — (^) Id., recepit pristinam. — (^) Id., parentibus autem. — ('*) Id., itaque vectus. — (^) Id., ad superna.
(^) Le texte primitif de la rubrique s'énonçait comme suit : In III Noct. lectiones de homilia Venerah. Bedœ, Presh., in Evangel. Ecce nos reliquimus omnia, ut in Festo S. Bernardi, Ahhatis, die 20 Augusti.
Ces leçons du vénérable Bède : Duo sunt ordines electorum in judicio futuri se trouvent dans les éditions du Bréviaire romain, antérieures à 1830. Par décret du 23 Juillet de cette année, Pie VIII mit saint Bernard au nombre
La messe est de Gommuni Abbatum, avec les oraisons suivantes :
Oratio.
Sancti Confessoris tui -^Egidii, etc. {comme à Voffice). Sécréta.
Sic nobis, quaesumus, Domine, interveniente beafco ^gidio, per hoc sacrificium adesto placatus; ut nos et a peccatis, et a periculis omnibus miseratus absolvas. Per D. N. J. C.
Fostcommunio.
Da nobis, Domine, Sacramento cœlesti refectis, ut beati -<Egidii intercessionem implorantes, et quse digna sunt postulemus, et postulata jugiter consequamur. Per D. N. J. C.
VIII. GriLDEj CoNFEÉEiE. — Nous avons VU (^) que la gilde des Tauwers (corroyeurs) s^était mise sous la protection de saint Grilles^ et faisait célébrer ses offices dans notre église/ à Fautel du Saint; de ghilde van sint Gillis die de tauwers houdende zyn inde voorseide herJce. Cela se passait au XY^ siècle. Cette gilde n'était pas une confrérie proprement dite, mais une corporation, un corps de métier.
Notre église eut de bonne heure une confrérie de saint Gilles, prise dans le sens canonique du mot, et au sujet de laquelle les comptes de la fabrique vont nous procurer d'am-
des docteurs de TÉglise, et enjoignit de dire désormais à sa fête la messe et l'office des docteurs; dès lors, les leçons du vénérable Bède disparurent du Bréviaire, pour faire place à l'homélie de saint Augustin sur l'évangile : Vos estis sal terrœ, tirée de Communi Doctorum.
Ce ne fut qu'à dater de 1834, que le décret de Pie VIII fut mis en vigueur dans le diocèse de Gand, et dans celui de Bruges, qui venait d'en être détaché, par bulle du 27 Mai de cette année. (Voyez, à la date du 20 Août, le Kalendarium liturgicum ad usum Cleri Oathedralis Ecclesiœ 8. Bavonis, et Diœcesis Gandavensis, pro anno Domini 1834, p. 42.)
Ce changement d'office pour la fête de saint Bernard ne devait en apporter aucun dans celui de saint Gilles, et, sauf concession spéciale, il fallait continuer à dire, au 3"*^ nocturne, les leçons du vénérable Bède. Ce nonobstant, on leur a substitué, nous ignorons pour quel motif et en vertu de quelle autorisation, les leçons de Communi Ahlatum, savoir l'homélie de saint Jérôme sur l'évangile : Ecce nos reliquimus omnia.
C) Pp. 59 et 60 de ce volume.
pies renseigne Aients. Il est vrai que ia confrérie, tout comme la corporation des Oorroyeurs, figure sous le titre de Ghilde van sint Gillis; cependant ce sont deux institutions bien distinctes. Si la nature même des détails à fournir ne le démontrait à toute évidence, on pourrait alléguer, comme preuve décisive, que la gilde des Corroyeurs, réduite presque à néant par ^émigration de la plupart de ses compagnons, quitta définitivement notre église en 1580 ou même plus tôt (^), tandis que nos livres de comptes nous permettent de suivre les traces de la confrérie proprement dite de saint Grilles jusqu'en 1611.
Ontfaen over de dootschult van mejoncvrauwe de wedewe van Jooris vander Donct, die inde ghilde was van myn heere 8^ Gillis, ix s. X dnrs. grn., ofghetrocJcen voo7^ de messe vj grn. ende voor den costere, roedraghere ende Heindrich de Voocht als clercq vanden ouUaere, vj grn., blyft zuvere viij s. xd. grn. (^).
Ontfaen van joncvr. Jheanne Gheerolf, over haer dootscult vande ghilde van myn heere 8^ Gillis,... ij se. vj gr. (^).
Ontfaen over de reste van eene ghildemesse ghedaen voor 8^ Gillis,... vjgr. {^).
Ontfaen van een vrauwe die haer dede stellen inde ghitde van 8^ Gillis,... xxgr. (^).
(}) P. 59, note 2, et p. 60, note 3.
(^) Reçu pour dette mortuaire de dame veuve Georges van der Donct, qui faisait partie de la confrérie de monsieur saint Gilles, 9 escalins 10 gros; après déduction de 6 gros pour la messe, et de pareille somme pour le sacristain, le bedeau et Henri de Voocht, clerc de l'autel (de Saint- Gilles), il reste 8 escalins 10 gros. (C. S"^ Jean 1551- id. 1552, ch. viii des rec. Reg. ii, f. 145 r°.)
Par doodschuld on entend une certaine somme, indépendante de leur cotisation annuelle, que les membres de quelques confréries s'engagent à payer à leur décès; de là le nom de dette mortuaire, doodschuld. Il leur est permis cependant d'acquitter cette dette de leur vivant, et d'ordinaire ils la paient le jour de leur admission dans la confrérie. Voyez De Bo, Westvlaamsch Idioticon, tom. I, p. 250, v° Doodschuld.
(^) Reçu de demoiselle Jeanne Gheerolf, pour sa dette mortuaire de la gilde de monsieur saint Gilles, 2 escalins 6 gros. (C. S' Jean 1561- id. 1562, chap. VIII des recettes. Reg. m.)
Reçu pour restant des frais de célébration d'une messe de la gilde de S' Gilles, 6 gros. (C. S' Jean 1558- id. 1559, ch. viii des rec. Reg. ii, f. 319 v°.)
(^) Reçu d'une femme qui s'était fait inscrire dans la gilde de saint Gilles, 20 gros. (C. 1" Juillet 1605- 30 Juin 1606, chap. iv des rec. Reg. v, f. 222 v°.)
Ontfaenvan Adriaen Maertens, over t'ghilde ghelt,., ij g. (^)..
Betaelt voor een houxken om de ghilde hroers van 8^ Gillis in te scryven,... iiij gr. (^).
La confrérie de saint Grilles fleurissait encore en 1641; elle avait à sa tête un prêtre, un doyen et douze conseillers. Sanderus a consigné ces détails dans le tome premier de sa Flandria illustrata, volume qui vit le jour en 1641, et où nous lisons : Sodalitium et hic institutum suh titulo ejusdem (divi ^gidii),.. quod Sacerdotem, Decanum et XII Viras habet (^).
La confrérie finit par s'éteindre, et ne fut rétablie qu'en 1760; c'est ce que nous apprennent diverses pièces imprimées, dont nous allons parler, et qui constituent Punique source de nos renseignements. Malgré des recherclies très-actives, nous n'avons découvert aucun document manuscrit relatif à l'ancienne confrérie de saint Gilles; il est bien probable cependant que cette association aura possédé quelques archives, et tout au moins un livre de comptes et un registre aux délibérations^ dit Besolutie-Boeh.
Tout ce que nous avons pu recueillir se borne à trois pièces de vers, datant respectivement de 1810, 1821, 1835, et composées en souvenir de divers jubilés. En 1810, la nouvelle confrérie fêta le cinquantième, et, en 1835, le soixante -quinzième anniversaire de son érection; en 1821, deux membres célébrèrent leur jubilé de cinquante ans révolus depuis leur entrée dans la confrérie.
Voici les titres de ces trois pièces, dont les exemplaires sont devenus fort rares; bien que ces morceaux n'aient pas de valeur littéraire, nous tenons à les signaler, comme se ratta-
Q) Reçu d'Adrien Maertens, pour sa cotisation de membre de la gilde (de saint Gilles), 2 gros. (C. 1" Juillet 1610- 30 Juin 1611, ohap. iv des recettes. Reg. V, fol. 277 r°.)
(^) Payé pour un livret destiné à l'inscription des confrères de la gilde de saint Gilles, 4 gros. (C. 1" Juillet 1608- 30 Juin 1609, chap. unique des dépenses. Reg. v, fol. 257 v°.)
Tom. I, Colonias Agrippinse 1641, p. 230, col. 2.
chant à Phistoire du culte de saint Gilles, et puis aussi pour les sauver de Poubli :
LOP-GALM
Toegeêygent en opgedraegen aen den zeer Eerweerden en Godminnenden Heer,