L - LES TAILLES C
Le nom de Les Tailles dérive de tailler, taille, taillis (coupe de bois). Au commencement du XIII° siècle, des ouvriers bûcherons et charbonniers, faisant des coupes de bois dans la forêt, élevèrent des huttes, çà et là, dans le lieu même de Fexploitation, et donnèrent à Remplacement de leurs habitations le nom de Les Tailles.
Dans le courant du même siècle, une chapelle dédiée à saint Gilles fut bâtie en cet endroit, par la munificence de Thierry et d^ Henri, son fils, seigneurs de ïïouff alizé. Cette chapelle forma une annexe de Dinez (^) jusqu'en 1611, date de Férection de Les Tailles en paroisse distincte. Le 17 Août de cette année, une convention fut conclue entre les habitants et les barons de Houffalize, seigneurs du lieu; cette convention porte en tête que ^' les paroissiens des Tailles obtiendront
(^) Le village de Les Tailles, situé sur un plateau, à environ 600 mètres I au-dessus du niveau de la mer, se trouve près de la grande route d'Arlon I à Liège, à 10 kilomètres de Houffalize et à 12 kilomètres des villes de Laroche I et de Viel-Salm. Sa population est de 500 âmes.
M. l'abbé Eoussenfeld, curé de Les Tailles, compte parmi nos collaborateurs qui se sont acquis le plus de droits à notre reconnaissance. Après nous avoir retourné notre questionnaire dûment rempli, il se mit en quête de nouveaux renseignements, et en recueillit une ample moisson, tant dans les archives de son église, qu'auprès des vieillards de Les Tailles et des environs. Ces renseignements formèrent l'objet de trois longues lettres, respectivement datées des 5 et 15 Octobre 1871 et du 14 Janvier 1872. Les recherches patientes et éclairées de M. le curé Eoussenfeld, — auquel nous réitérons l'exprès - ! sion vivement sentie de notre gratitude, — nous ont permis de consacrer au village de Les Tailles un des chapitres les plus curieux de notre travail.
Par une nouvelle gracieuseté, M. Eoussenfeld nous offrit, le 3 Février 1876, un exemplaire de la délicieuse petite gravure d'Antoine Wierix, représentant saint Gilles découvert dans sa retraite par le roi Flavius Wamba, et que signale M. Alvin, dans son Catalogue raisonné de Vœuvre des trois frères Jean, Jérôme et Antoine Wierix, Bruxelles 1866, p. 148. Cette gentille image occupe une place d'honneur dans notre collection, déjà riche, d'objets relatifs au culte de saint Gilles. Nous possédons plusieurs statues de notre Saint de prédilection, une foule de 'gravures anciennes et modernes, des photographies, des médailles, des ex-voto, et bien d'autres pieux souvenirs.
(-) La paroisse de Dinez, à 5 kilomètres de Les Tailles, forme, au civil, une dépendance de la commune de Mont-lez-HoufEalize. En 1611, Les Tailles ne comptait que quarante feux.
licence de leurs seigneurs les barons de Houffalize, pour bastir Péglise à leurs despens de fond en comble, à charge bien expresse qu^ils doteroient tellement leur curé, qu'avec neuf bonniers de terre, que lesdits barons donneront, il auroit moyen de bien et bonnestement s'entretenir '' (^).
La nouvelle église^ tout comme l'ancienne cbapelle, fut placée sous le vocable de saint Gilles, et consacrée le 4 Mai 1616; la première messe y avait été cliantée, dès le 28 Octobre 1612. Le saint abbé est aussi le patron du lieu.
Le maître-autel de l'église paroissiale est dédié à saint Gilles.
L'église possède :
1. Une statue de son patron. Le Saint tient la crosse de la main droite, et, dans la gauche, un livre ouvert; la biche est à ses côtés.
L'ancienne église de Les Tailles ayant été agrandie vers 1780 à 1790, écrit M. Roussenfeld, la statue de saint Gilles fut remplacée par celle que nous possédons aujourd'hui. J'ai découvert l'ancienne statue chez M. Huet, échevin de la commune; elle a été donnée à son grand-père, par M. Chapelier, ancien curé de Les Tailles et son parent. Cette statue n'a pas de valeur; on dit même qu'elle a été faite, à coups de serpette, par le charpentier Zune, dit /' bon Dieu, de Les Tailles.
La statue de saint Gilles est ornée, le jour de sa fête, de la mitre, de l'étole et de la chape. Quatre garçons bien endimanchés la portent solennellement, à la grande procession du premier Dimanche de Septembre " (^).
2. Une croix pectorale d'abbé, datant de 1750, mais sans valeur artistique.
L'une face est ornée de l'image de la Vierge, l'autre présente celle de saint Gilles. Le Saint, crossé et mitré, étend
(') Le texte original de cette convention, dont M. Roussenfeld nons a transmis la copie, repose dans les archives de l'église de Les Tailles; les clauses en sont fort curieuses.
(2) " Si vous saviez, dit notre honorable correspondant, comme ils sont fiers d'être désignés à cet emploi ! "
l'index de la main gauche, comme pour la tenir en respect, vers la biche, qui, les deux pieds de devant appuyés sur son maître, semble vouloir folâtrer avec lui. •
3. Une image sur toile, déchirée de vétusté et provenant d'une ancienne bannière des jeunes personnes. Nous retrouvons également ici, dit M. Koussenfeld, et l'image de saint Grilles et celle de la sainte Yierge. La sainte Yierge et saint Gilles marchent toujours de pair, parce que notre église est dédiée à l'un et à l'autre.
^' Les jeunes gens ont aussi une bannière; elle porte simplement l'image de saint Gilles.
La fabrique de l'église possédait jadis un cachet, dont j'ai vu l'empreinte sur quelques papiers. Il était oblong et orné de l'image de saint Gilles, avec cette inscription : Eglise paroissiale de 8^ Gilles. Les Tailles. "
On invoque saint Gilles pour être préservé ou guéri des convulsions, et en particulier de l'épilepsie ou mal caduc, et des maladies provenant d'une forte frayeur ou d'une vive impression morale. Aussi saint Gilles est-il connu sous le nom de Gilles Veweré; en français, eweré veut dire : qui épouvante, qui fait peur.
A cette demande de notre questionnaire : Si l'on avait souvenir, dans la paroisse, de guérisons obtenues par l'intercession de saint Gilles, M. le curé de Les Tailles répond, d'une façon catégorique : " Oui, j'oserais affirmer pour tout malade ".
Un certain nombre d'entre les malades, qui ont obtenu leur guérison, s'engagent à venir, les uns pendant sept ans, les autres leur vie durant, remercier saint Gilles. Cela s'observe surtout chez les pèlerins du pays de Liège.
" On vénère ici trois fois par an, — continue M. Koussenfeld, — les reliques de saint Gilles, savoir le l^'^ Septembre, le premier Dimanche de Septembre et le jour de la Toussaint. En ces jours, mais particulièrement le 1^"" Septembre, mes gens, et des étrangers en grand nombre, viennent à l'église, accompagnés de leurs petits enfants. Il n'est pas rare de voir
une bonne mère de famille portant deux marmots sur les bras, tandis que deux ou trois autres s'accroclient à ses jupons. Bon an, mal an, je compte 200 à 250 de ces petits enfants. Quelles fanfares dans mon église ! Les uns et les autres, grands et petits, passent tour à tour pour vénérer les reliques de saint Gilles, que je leur présente à baiser. Après la messe viennent les épileptiques, sur lesquels je récite Pévangile de saint Jean, ou, comme on dit ici, Févangile de saint Gilles, avec imposition des mains.
" Ce pèlerinage a donné lieu autrefois à de graves abus et même à des scandales. C^était la coutume que quatre ou cinq racleurs de violon, avec clarinette, grosse caisse et tambour de basque, accompagnaient le cbant à Téglise. Au sortir des offices, avaient lieu sur un pré joignant à Féglise, au son d^une musique assourdissante, les rondes danses, c^est-à-dire, que jeunes hommes et jeunes filles, quelquefois les personnes mariées, même les étrangers, formaient un grand cercle se tenant les uns et les autres par la main, par division de sexe, et tournoyaient là pendant 10 à 15 minutes, poussant continuellement un cri aigu : Hi (o) . Puis tous, sexe mélangé, se répandaient sous les tentes dressées pour la circonstance, et où chacun trouvait un bon confortable : gâteaux, jambon et surtout de Feau-de-vie. Chacun ne rentrait pas sain et sauf chez soi, pour dîner. Le soir du Dimanche, et toute la semaine, il y avait des bals dans quatre places. De là bien des excès. Pendant trente-cinq ans, nous avons combattu vaillammant, mes prédécesseurs et moi, contre ces scandales. Le bon Dieu a béni nos efforts. Depuis dix ans, les gens de Les Tailles, mieux instruits, ont renoncé généralement à ces abus; notre saint patron n'en est que mieux honoré.
" Les pèlerins offrent une poule ou plus ordinairement un poulet, souvent môme du seigle, mendié de porte en porte, du môme poids que le malade. Ainsi, en 1865, il est venu une jeune fille épileptique, d'au delà de Stavelot, c'est-à-dire, à six lieues de Les Tailles. Elle apportait, aidée de cinq de ses pa-
rents, soixante-deux kilogrammes de seigle, parce que la fille malade en pesait autant " (^).
Anciennement, c'est-à-dîre, avant 1600, lorsque le village de Les Tailles était encore une annexe de Dinez, et plus
(^) Cette coutume de faire des offrandes d'un poids équivalent à celui de la personne malade, était jadis fort répandue, et se pratiquait surtout à régard des enfants : Olim, dit Du Gange, quod et etiamnum in Belgio ohtinet, in more fuit, ut œgros pueros ad Sanctorum feretra vel sepulchra appenderent, et pondus tritico, panihus, aliave re, quam offerre Dec atot Sanciis volehant, exœquarent.... (Glossarium, tom. v, Parisiis 1734, col. 637, v° Poîiderare). Carpentier ajoute que cela s'appelait, en français, contrepoiser, et il le prouve par l'extrait suivant d'un document de 1451 : " Le suppliant et Perrenet Mourin estans en l'église de S. Quentin, virent en une chapelle, où Ven Contrepoise les malades, etc. " L'érudit bénédictin rapporte encore cet extrait d'un compte de la fabrique de l'église de Saint-Pierre, à Lille, remontant au XVI'' siècle : Jeanne N. pour le Contrepoids de son enfant, deux solz (Supplément au Glossarium de Du Gange, tom. m, Parisiis 1766, col. 343, v° Ponderare).
Dans son Glossaire françois, aux mots Contrepoids, Contrepoiser, Carpentier écrit : " On pesoit autrefois les malades, et sur-tout les enfans, devant les reliques des Saints, qu'on réclamoit pour leur guérison; auxquels on offroit autant de bled ou d'autres choses, que pesoit le malade, ou bien l'on donnoit l'équivalent en argent, ce qu'on appelloit le Contrepoids " (Op. cit., tom. iv, Parisiis 1766, col. 164.)
On lira avec intérêt les détails, relatifs à cette coutume, dont le P. Victor De Buck a enrichi son commentaire sur la Vie de saint Florentin :
Ut primum de donariis dicam, — écrit le savant bollandiste, — ea duplicis erant gêner is : alia meram eleemosynarum formam hdbebant, sive numerata pecunia esset, sive ministeria ecclesiastica, sive fructus terrœ, animantia aut alia id genus; alia vero redemptionem quamdam imitahantur, ita ut res rei secundum similitudinem quamdam substituer etur : quœ ratio in hominum natura constituta esse videtur et semper in sacrificiis usuvenit, quum in iis victimœ mactatione significetur Deum humanœ vitœ et mortis esse dominum. Hujusmodi erant ohlata frumenta, cera, casei aliaque ciharia ejusdem ponderis, quod pendehant peregrini; cerei ejusdem magnitudinis ac eorum erat statura; imagines cereœ et argenteœ, quihus aut integri pueri et viri aut memhra quœdam infirma reprœsentahantur : atque hœc postrema nondum cessasse nemo non novit. TJtrique generi suce olim propriœ erant henedictiones, quarum spécimen hahes in Sacerdotali seu Pàtuali Bomano, quod Aïbertus Castellanus, Venetus, ordinis Prœdicatorum, collegit et hœredes Pétri Rahani, anno 1554, typis Venetis ediderunt. Benedictionem muneris, quod offertur in ecclesia, omitto, quod nil singulare ea continetur; sed suhjiciendus videtur Ordo ad ponderandam personam, per votum obligatam dare de aliqua re quantum pondérât corpus ejus, sicut triticum, oleum, ceram, vinum vel alia; sacerdos dicit : v. " Adjutorium nostrum ". Quo dicto, ponit personam ponderandam super lancem vol tabulam, more solito, et dicat antiphonam : " Benedicimus Deum cœli, etc.... (suit la formule de bénédiction, conçue en termes généraux).... Et asperguntnr omnes
tard, quand Péglise fut érigée en succursale, jusqu'à la révolution française de 1792, mes paroissiens allaient processionnellement, chaque année, se réunir à la grande procession de Dinez, faite en Fhonneur de saint Urbain, le Dimanche après le 25 Mai. Bien que cette procession, qui se fait encore aujourd'hui, eût lieu uniquement en l'honneur de saint Urbain, invoqué particulièrement pour préserver les jeunes pousses des seigles contre la voracité des limaces, le pas était donné à saint Gilles, dont la statue était portée par quatre jeunes gens, revêtus de l'antique culotte de velours, avec jarretières rouges, de l'habit à queue d'aronde, et de souliers fins, surmontés de grandes boucles en argent. Pourquoi cette prééminence de saint Gilles sur saint Urbain ? Il est facile de le deviner.
Jusques vers 1800, les habitants de Les Tailles faisaient une grande consommation d'avoine. Ils mélangeaient la farine d'avoine avec celle de seigle ou de pommes de terre, ou bien ils l'employaient purement et simplement, pour faire soit du pain, soit des gaufres ou des omelettes, connues ici sous le nom de votes, etc. Le meunier de Les Tailles avait fixé deux jours de la semaine, le Mercredi et le Samedi, pour faire les farines. Je dois vous faire observer que, chaque jour fixé, il se présentait vingt à trente faiseurs de farine; chaque farine était de trois à quatre setiers, c'est-à-dire, de soixante à quatre-vingts kilos. Avant de moudre l'avoine ou après l'avoir moulue, le meunier criait : Aumône de saint Gilles ! Alors,
aqua benedicta. Quum vero hœc ah Italo Italis scripta sint, hinc patet ilhm ponderandi usum non ohservatum fuisse a solis Saxonihus, in Germania, Belgio et Anglia consistentihus, eorumque vicinis Verovianduis et Insulensihus, unde exenvpla sua sumpserunt Cangius et Carpentarius, verum etiam, non secus ac saxonicum Weregeldum, quœ etiam viri rei redemptio erat, ultra montes propagatum fuisse. (AA. SS. Octohris, tom. x, Brnxellis 1861, ad diem 24'" Octohr., p. 854, n. 14.)
Les détails, qui précèdent, nous apprennent qu'autrefois c'était le prêtre même qui contre-pesait le malade et ce dans l'église, où une balance était établie à cet effet. La contre-pesée formait donc une vraie cérémonie religieuse, accompagnée de prières.
cliacun s'empressait de donner une mesure d'avoine ou de farine. Cette aumône était déposée^ par le meunier, dans nn coffre^ dit le coffre de saint Gilles, et offerte ensuite à Féglise, en rhonneur du Saint.
JadiS:, il j avait^ pour ainsi dire^ dans chaque famille, un des membres qui portait le nom de Gilles. Mais, dans notre siècle de progrès^ on aime la nouveauté; je ne compte plus dans ma paroisse que quatre personnes^ qui portent ce nom.
Quelques terres du territoire de Les Tailles rappellent le nom de saint Gilles^, par exemple : le courtil (le jardin) Saint-Gilles.
Ici les enfants parlent de saint Gilles comme de saint Nicolas. Le P^' Septembre et le premier Dimancbe de Septembre, à cause du grand concours de peuple, il vient plusieurs marchands conques (pain d'épices), de bonbons^ de brimborions, etc. Jugez s'ils font des affaires, en présence de tant de marmots insatiables ! "
Cette église doit son origine à Thierry P^, abbé du monastère de Saint-Hubert^ qu'il administra depuis l'année 1055, jusqu'à sa mort^ survenue, d'après toute probabilité, en 1087. Thierry était fort dévot à saint Gilles^ et fut un des premiers propagateurs de son culte en Belgique. ISTous avons raconté ailleurs (^), comment il bâtit, à peu de distance de son monastère, une église en l'honneur du saint abbé, et l'enrichit d'une relique, qu'il avait été chercher lui-même au monastère de la vallée Flavienne.
(^) Nous aimons à rappeler, que des indications précieuses nous ont été fournies sur cette église, par M. l'abbé Hallet, alors aumônier de la maison pénitentiaire et de réforme à Saint-Hubert, aujourd'hui aumônier de l'institut de l'Adoration perpétuelle, à Watermael-lez-Bruxelles. M. Hallet s'est fait un juste renom dans le monde religieux, par ses travaux sur saint Hubert et son culte; aussi aimable qu'instruit, il nous écrivit à deux reprises, et chaque fois dans des termes d'une exquise bienveillance, le 16 Juillet et le l'^'' Août 1871- C"^) Tom. I, pp. 390. 391.
Cette église, dont la fondation remonte, d'après les uns, à 1060, d'après les autres, à 1068 (^),fut construite à Fendroit même où Plectrude, femme de Pépin de Herstal, " avoit receu du Ciel Tescriteau qui donna la première occasion à la fondation de ce monastère'' (687) (^). Cet endroit, situé au centre de la forêt d'Ardennes, non loin d'une route romaine, avait été primitivement occupé par un château-fort, nommé Amhra. Saint Materne, évêque de Trêves et de Cologne, mort vers 328, y avait érigé une église, dédiée à saint Pierre; les Huns, en ravageant les Gaules, détruisirent le cliâteau-fort et l'église, et, au temps de Plectrude, il ne restait plus de ces deux édifices que des ruines (^).
Parlant de l'abbé Nicolas de Malaise, qui remplit les fonctions abbatiales de 1503 à 1538 (^), Dom Hancar écrit:
L'an 1515, il obtint du Pape Léon X que l'église de S* Gilles du bourg de S* Hubert fût unie au monastère et desservie par un vicaire à establir par l'Abbé, changeable à la volonté dudit Prélat" (^).
L'église de Saint-Gilles était paroissiale; elle perdit cette qualité en 1809, date à laquelle Mgr. Pisani de la Gaude, évêque de Namur, éleva au rang de paroissialê l'ancienne église abbatiale de Saint-Hubert, qu'il avait rachetée du produit des collectes faites à cette intention dans son diocèse, et arrachée ainsi à la destruction (^).
Le maître-autel de l'église est dédié à saint Gilles; la statue du Saint se trouve dans une niche, au-dessus du tabernacle.
{}) Dans son Pèlerinage de Saint-Huhert en Ardennes (Gand 1862), p. 76, en note, M. Tabbé Bertrand incline pour l'année 1060; M. Hallet opine pour 1068.
C) D. Hancar, Histoire du monastère de Saint-Huhert. (Voyez, sur ce manuscrit de Dom Romuald Hancar, tom. i, p. 390, note 3.) — Item Bertrand, op. et loc. cit., p. 27. L'auteur y raconte l'histoire du billet miraculeux de Plectrude, origine première du monastère d'Andage.
(^) Bertrand, op. cit., pp. 26, 27.
C) Voyez, sur cet abbé, Bertrand, op. cit., pp. 84, 85.
(^) Histoire du monastère de Saint-Hubert, p. 442.
(^) Bertrand, op. cit., p. 90.
Le culte de saint Gilles, — il est aisé de le comprendre, — n^occupe qu'un rang secondaire dans une localité, où les pèlerins affluent de tous les coins de la Belgique, pour implorer le secours de saint Hubert contre une des maladies les plus terribles qui affligent Pespèce humaine, la rage. Le
j saint abbé Gilles n'est cependant pas oublié à Saint-Hubert;
I on l'invoque surtout contre les convulsions des petits enfants. Les parents des alentours, voire même de trois ou quatre lieues à la ronde, y conduisent ou apportent leurs enfants sujets à ce triste mal, et les présentent au prêtre, en le priant de réciter sur eux V évangile de saint Gilles; c'est ainsi qu'ils
I appellent l'évangile de saint Jean. Le prêtre récite cet évangile, et y ajoute l'oraison en l'honneur de saint Gilles.