CHAPITRE IV
Histoire des reliques de saint Gilles conservées dans l'église paroissiale de ce nom, à Bruges.
L'église de Saint-Gilles, élevée au rang de paroissiale en 1311, possédait, dès avant le milieu du XV*" siècle, des reliques de son patron, p. 400. — En 1466, elle obtient un os du bras de ce Saint, relique qu'elle garde encore aujourd'hui, et qui provient de l'église paroissiale de Buzy, au diocèse de Keims. Détails topographiques sur cette localité, p. 401. — L'église de Buzy possédait des reliques notables de saint Gilles; objet d'un culte immémorial, ces reliques attiraient une foule de pèlerins, qui venaient les vénérer, pour être délivrés de la fièvre, pp. 401, 402. — Destruction du village de Buzy. L'église à moitié ruinée continue à garder les reliques de saint Gilles et à recevoir la visite des pèlerins, pp. 402, 403. — En 1453, un noble écuyer de la Franche-Comté, Étienne de Grachaut, seigneur d'Ollans, vient en pèlerinage à Buzy et y est guéri d'une fièvre maligne, par l'intercession de saint Gilles. A force d'instances, il obtient un os du bras de ce Saint, cuhitale hrachii. Explication de ces termes, pp. 403, 404. — De
retour en Franche-Comté, Etienne de GracTiaufc dépose la reliqne de saint Gilles dans l'église paroissiale de Notre-Dame de Eougemont, an diocèse de Besançon, p. 405.
Par acte de donation, passé à Namur, le 1" Septembre 1466, Guillaume de Grachaut cède cette même relique à l'église paroissiale de Saint-Gilles, à Bruges, p. 405. — Détails biographiques sur les principaux personnages présents à la passation de cet acte. Guillaume de Grachaut, pp. 406-411. — Simon van der Carreest, pp. 412-415. — Georges Baert, pp. 415-418. — Jean de Man, curé de Saint-Gilles, pp. 418-421. — L'église de Saint-Gilles doit la précieuse relique de son patron aux démarches réitérées de Simon van der Carreest et de Georges Baert, pp. 421, 422. — Conditions auxquelles cette église obtient le cubitale hracliii de saint Gilles : 1) A partir de l'année 1467, elle fera célébrer, annuellement et à perpétuité, un anniversaire solennel pour les parents et amis défunts de Guillaume de Grachaut, et pour ce seigneur après sa mort. Détails sur cet anniversaire. — 2) Les armes du donateur seront mises sur le reliquaire, où l'on enchâssera l'os de saint Gilles. — 3) Dans le délai d'un mois, à compter du jour de la passation de l'acte, une somme de cent écus d'or, monnaie de France, sera versée entre les mains du procureur de Guillaume de Grachaut, pour être consacrée à des oeuvres pies, au choix du donateur. Recherches sur la valeur de l'écu d'or, pp. 422-425. — L'acte de donation, daté du 1" Septembre 1466, ne sortit son effet qu'en 1468, p. 426. — Par lettres du 14 Mai 1468, le curé et les marguilliers de Saint- Gilles reconnaissent avoir reçu la relique du saint abbé des mains de Guillaume de Grachaut et de Jean Taulet, curé de Notre-Dame de Eougemont. Ils s'engagent à remplir les deux premières stipulations de l'acte de donation. Texte de cet engagement et notes sur les personnages dont il émane, pp. 426-429. — Les cent écus d'or, dont le payement était stipulé comme troisième condition, sont versés entre les mains de Guillaume de Grachaut. Quittance de ce seigneur, pp. 429, 430. — Arrivée à Bruges et réception solennelle de la relique de saint Gilles, le 11 Mai 1468, pp. 430-432. — L'anniversaire, stipulé par l'acte du 1^'' Septembre 1466, est fidèlement exonéré jusqu'à la révolution française. Observations, pp. 432-434.
Au commencement de l'année 1485, le curé Pierre van den Houtte, les marguilliers et la communauté de Saint-Gilles s'adressent à leur métropolitain, Pierre de Laval, archevêque de Reims, pour le prier de prendre des informations sur l'authenticité de la relique, donnée par Guillaume de Grachaut. Cette démarche semble indiquer qu'on avait conçu des doutes sur cette authenticité; et de fait, la relique
n'était ni enchâssée, ni vénérée des fidèles comme elle le méritait, p. 434. — J ean Allart et Jacques de Thuizy, vicaires généraux de Pierre de Laval, chargent Jean de Mercatte et Jean Maillefer, notaires jurés de la cour spirituelle de Reims, de faire une enquête à ce sujet, pp. 434, 435. — Les deux délégués se rendent à Cernay-en-Dormois et à Yille-sur-Tourbe, localités voisines de Buzy, et y procèdent, les Il et 12 Mars 1485, à l'audition de dix témoins. Noms et qualités de ces témoins; analyse de leurs dépositions, pp. 435-441. — L'enquête établit clairement l'authenticité des reliques de saint Gilles vénérées à Buzy et le don partiel qui en avait été fait à Étienne de Grachaut. Les commissaires dressent acte de cette enquête et le soumettent au jugement des vicaires généraux de Reims, p. 441. — ■ Jean de Mercatte entreprend le voyage de Bruges, et constate que la relique, conservée en cette ville, est bien celle qu'Etienne de Grachaut reçut à Buzy, en 1453, pp. 441, 442. — Sentence des vicaires généraux de Reims, en date du 1" Mai 1486. Ils déclarent authentique, et digne de la vénération des fidèles, la relique de saint Gilles, que possède l'église paroissiale de ce nom, à Bruges, et ordonnent de l'enchâsser dans un riche reliquaire, p. 442.
En suite de cette ordonnance, le cubitale hrachii de saint Gilles est renfermé dans un reliquaire de prix. Détails sur cet objet d'art et sur les soins qu'on en prenait. Extraits des comptes de l'église. Notes archéologiques, pp. 443-447. — La relique échappe aux profanations des Gueux, p. 447. — Le curé Adrien van der Haghe fait don d'un nouveau reliquaire, en forme de bras. Biographie de cet ecclésiastique, pp. 448-450. — Remarques sur le blason qui orne le pied de la nouvelle custode, pp. 449, 450. — Extraits des comptes et des inventaires de l'église, relatifs à ce reliquaire. Notes sur les reliquaires en forme de bras, dits hrachialia, pp. 451-453.
En 1659, un fragment assez considérable de la relique de saint Gilles est cédé à l'église paroissiale de Saint-Leu- Saint-Gilles, à Paris, p. 453. — Origines du culte du saint abbé dans cette capitale, pp. 453- 455. — L'église de Saint-Leu ne possédait pas la moindre parcelle des reliques de saint Gilles. Démarches faites, au nom de cette église, pour obtenir une petite portion de celle conservée à Bruges. Ces démarches sont couronnées de succès, pp. 455-457. — Le 1" Août 1659, Mgr. Charles van den Bosch, évêque de Bruges, fait détacher, en sa présence, un fragment de la relique de saint Gilles. Ce fragment est transmis à l'église de Saint-Leu, à Paris, qui offre en retour une relique de la vraie Croix, pp. 457-459. — Cette dernière relique, déposée, lors de son arrivée à Bruges, dans la chapelle du Saint- Sang, est solennel-
lement transférée à l'église de Saint-Gilles, par Mgr. van den Bosch, le 28 Octobre 1659. Détails sur cette relique et sur les documents qui la concernent, pp. 459, 460.
Les communards profanent et pillent l'église de Saint-Leu- Saint- Gilles, en 1871. Correspondance avec M. le curé Lartigue. Saint-Leu ne possède plus la relique, qui lui fut donnée, en 1659, par l'église de Saint- Gilles, à Bruges. Cette relique avait disparu longtemps avant le règne de la Commune; tout porte à croire qu'elle fut égarée ou volée pendant la tourmente révolutionnaire du siècle dernier, pp. 461-466.
Le 3 Octobre 1679, Mgr. François de Baillencourt, évêque de Bruges, détache de notre relique un fragment de petite dimension, destiné à l'église paroissiale de Craywick, au diocèse de Saint-Omer, p. 467. — Porte- reliquaire, p. 467. — La relique de saint Gilles est soigneusement cachée pendant la révolution française, p. 467. — Restauration du reliquaire en 1861, et concession de nouvelles lettres d'authenticité par Mgr. MaLou, pp. 468, 469. — Ni Arnould de Baisse, dans son Hierogazo^pliylacium Belgicum, ni Stilting, dans les Âda 8anctorum, ne parlent de la relique de saint Gilles, vénérée à Bruges. Auteurs qui en font mention, pp. 470-472.
Appendice.
Étude sur le nom à'Al'yLhLO<; et sur les transformations qu'il a subies dans les diverses langues, pp. 473-479.
Kotes supplémentaires.
1. — Pour quel motif saint Césaire porte-t-il le titre d'évêque,. quoiqu'en réalité il fût archevêque ?, p. 480.
2. — ■ Dans son Sacred and Legendary Art, M'"^ Jameson met le lecteur en garde contre la' confusion de saint Gilles, abbé, avec son homonyme, le disciple de saint François, pp. 480, 481.
3. — Le Martyrilogium. Viola 8anctorum, imprimé à Strasbourg en 1516, recule l'existence de saint Gilles jusqu'aux abords du IIP siècle de l'ère chrétienne, p. 481.
4. — Ouvrages cités à tort, comme sources à consulter sur saint Gilles. — Parmi les quelques érudits modernes, qui admettent la contemporanéité de saint Gilles et de saint Césaire, il faut ranger, outre Ozanam, MM. Natalis de Wailly et Lecoy de la Marche, pp. 481, 482.
5. — Opusculum Ghron-Historicum de vero sœculo quo claruit S^^ JEgidius Ahhas, etc. Étude due à la plume d'André du Saussay. Jugement de Baillet et du P. Niceron sur les travaux hagiographiques de cet écrivain, pp. 482-485.
6. — Histoire de la yie, mo7't et passion et miracles des Saints, etc. Travail de René Benoît, auquel Baillet fait allusion, en parlant de saint Gilles. Notes biographiques sur René Benoît, p. 485.
7. — Le P. Lubin recule jusqu'en 925 la fondation de l'abbaye de Saint-Gilles, p. 485.
8. — Réflexions de M. Lecoy de la Marche sur la prétendue origine royale de saint Martin; réflexions applicables à saint Gilles, dont les parents, au dire des Actes, étaient lUerque regia stirpe progeniti. Motifs qui donnèrent naissance à ces pieuses exagérations, pp. 486, 487.
9. — Dans son travail : Les invasions des Sarrasins en Provence pendant le VIIF, le IX^ et le siècle, M. de Rey prouve que Rodéric, roi des Yisigoths, usurpa la couronne d'Espagne sur son cousin Witiza, non pas en 710, comme nous l'avons dit (p. 84), mais en 711, pp. 487, 488.
11. — M. Béchard affirme que saint Gilles adopta pour son monastère la règle de saint Benoît, pp. 488, 489.
12. — Détails sur Jean Intérian de Ayala et sur son livre : Pictor cliristianus eruditus. Paquot montre que cet ouvrage ne mérite pas les éloges qu'on lui a prodigués, pp. 489, 490.
13. — L'autel portatif de saint Servais, évêque de Tongres, décédé le 13 Mai 384, autel faisant partie du trésor de l'ancienne collégiale de Saint- Servais, à Maestricht, est une preuve décisive en faveur de l'usage des autels portatifs longtemps avant le YIII'' siècle. MM. Bock et Willemsen et M. le chanoine Reusens rapportent divers faits, qui renversent la thèse défendue par Thiers et Bocquillot, pp. 490, 491.
14. — Insigne falsification de texte, insignis corruptio, mise à charge de Jean de Launoy par l'éditeur de ses œuvres, p. 492.
15. — Opinion de M. de Kerval sur l'époque de la mort de saint Gilles, p. 492.