I. Homil. in Euang. I, i
a. P. L. t. LXXVn, p. 1329.
romaine, et avec cet éclat, c'était débuter par un exemple bien fait pour apprendre au clergé de Rome que le nouveau pape ne supporterait aucun désordre. Un décret du concile romain de SgS (5 juillet) se rattache peut-être à cette sensationnelle exécution de l'archidiacre Laurentius. Ce décret est inspiré par le dessein de ramener les diacres à leur ministère essentiel, qui est le service des pauvres et la prédication.
Or, prononce saint Grégoire, dans la sainte Église romaine, à la tête de laquelle la divine dispensation a voulu que je fusse place', une coutume gravement répréhensible s'est introduite depuis longtemps : certains sont appelés au mipistère du saint autel à titre de cantores, et l'on voit ainsi dans l'ordre du diaconat ne penser qu'à travailler leur voix des diacres qui devaient vaquer à l'office de la prédication et au service des aumônes. Il arrive le plus souvent que pour ce ministère sacré on cherche de belles voix, on n'a cure de la dignité de vie, et le chanteur offensé Dieu par ses mœurs, tandis qu'il plaît au peuple par son chant. C'est pourquoi, pai" le présent décret, j'édicte que, dans ce siège, les ministres du saint autel ne doivent pas chanter, ils auront pour seul office de lire la leçon évangélique inter missaruin sohmnia. Les psaumes et les autres leçons je les réserve aux sous-diacres, ou, si c'est nécessaire, aux ordres mineurs. Si quelqu'un tente de manquer à cette ordonnance, qu'il soit anathème*. »
Ce que pouvait être le praedicationis officium des diacres reste obscur pour nous. Au contraire^ le
I . Il n'est pas impossible que cette exclusion des diacres' du service des cantores, ait été complétée par l'organisation d'une *coZ« cantoium. Jean Diacre (II, 6) connaît un acte de donation de Grégoire à l'institution qui porta plus tard ce nom. Schubert, p. 199. Mais j'aimerais avoir un meilleur garant que Jean Diacre. P. Batiffol, Histoire du Bréviaire Romain (191 1), p. 64-67.
service des aumônes ressortissaît aux diacouîes des sept régions ecclésiastiques de Rome. C'était un service que la pauvreté du peuple de Rome rendait de jour en jour plus lourd.
Jean Diacre a ici une information qui a l'apparence d'être bon aloi : il dit avoir vu dans le scrinium du palais de Latran un registre constitué du temps de saint Grégoire, où figuraient les noms des personnes de tout sexe, de tout âge, de toute profession, tant de Rome, que des villes voisines, même de « lointaines villes maritimes», avec l'indication des secours alloués par le pape et la date de l'allocation (II, 3o). Ce souci de l'ordre n'est pas pour nous surprendre chez Grégoire, et ce souci n'était pas nouveau au Latran : le même Jean Diacre (II, 24) mentionne Je Polypticus ou état des revenus du Patrimoine de saint Pierre, et il nous apprend que ce Polypticus avait été dressé par le pape Gélase, « dont Grégoire se montrait très appliqué à suivre les pas ».
Une réforme, témoignant dé cette même volonté d'organiser l'ordre, fut la création par Grégoire de la fonction du vicedominus. On avait vu le pape Vigile, en 544» partant pour Constantinople où il devait résider huit ans, confier lé clergé romain à l'ét^êque de Sainté-Rufine Valentinus, et la garde du Latran à un prêtre, Ampliatus, décoré du titre de ncedominus^. Grégoire voulut avoir à côté de lui un vicedotninus perpétuel, comme dans les monastères l'abbé avait un praepositus sur qui il pouvait se reposer de la sollicitude du temporel et du personnel. Il confia ainsi le Latran au diacre Anatolius. « Nous l'avons, écrit-il,établi vicedominus et nous lui avons donné l'intendance