‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 211 sur 305 · RELIGIEUX DOMINICAIN GUERI · texte numérisé non relu

RELIGIEUX DOMINICAIN GUERI

même temps il lui présentait celle que le P. Pierre Ribadeneira a écrite en abrégé et qu'on trouve au second tome de sa Vie des Saints.

Le malade accepta de grand cœur. Dès les premières pages, il goûta une consolation dont son âme fut toute fortifiée, et qui croissait à mesure qu'il avançait dans sa lecture. Bientôt il sentit naître en lui une confiance extraordinaire dans l'intercession du Saint. Arrivé au récit des miracles rapportés par le P. Ribadeneira, il se tourna vers Dieu avec un grand esprit de foi. Au défaut de ses lèvres encore muettes, il lui dit de cœur : « Seigneur, si, comme je le crois indubitablement, les merveilles racontées dans ce livre sont véritables, je vous conjure par les mérites de votre serviteur de me rendre aussi la santé ; s'il vous plaît de m'accorder cette grâce, je fais vœu de jeûner la veille de la fête du bienheureux Ignace aussi longtemps que je vivrai; de réciter tous les jours à matines et à vêpres, son antienne et son oraison, et d'être toujours dévoué à lui et à son Ordre. »

C'était le jour de la Toussaint 1607. Pendant toute l'octave, le malade renouvela cette prière et son vœu. Le dernier jour, vers le soir, il entendit tout à coup comme une voix intérieure qui lui disait : « Lève-toi et marche. » En même temps, il sentit une sorte d'impulsion qui le portait à laisser son fauteuil. Il se leva, et non seulement il trouva ses jambes raffermies, mais ses bras, sa langue et toute sa personne étaient revenus à la vie et à la santé. Il se dirigea aussitôt avec une aisance parfaite vers une salle où les autres religieux étaient réunis pour assister à une dispute publique de théologie. A sa vue, tous furent saisis de stupeur, ils n'en croyaient pas leurs yeux; mais quand ils eurent appris de sa bouche que c'était un miracle de saint Ignace, et qu'ils en eurent connu tous les détails, leur surprise se changea en allégresse , et interrompant la dispute commencée, ils rendirent tous ensemble grâce à Dieu et au Saint par le chant solennel du Te Deum.

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