‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 253 sur 305 · LIVRE VI. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE VII

pour le remercier de lui avoir rendu la vie et la santé.

Peu de temps après ces miracles, une jeune fille de douze ans mourut d'une hémorragie, au petit village de Pardos. Sa mère, extrêmement désolée, courut tout en larmes se jeter aux pieds de saint Ignace, et le supplia de lui rendre sa fille, et de donner ainsi une nouvelle preuve de la puissance de son intercession ; car, sans doute, il ne lui était pas plus difficile d'obtenir la résurrection d'ua mort que la guérison d'un boiteux. Il y avait quatre heures que l'enfant était morte, quand sa mère s'entendit appeler par elle : « Mère, je suis vivante; saint Ignace m'a ressuscilée. » Et en parlant ainsi, elle se leva non seulement vivante, mais pleine de force; peu après, elle fut en état de retourner à la campagne pour y garder les troupeaux, comme auparavant.

Cette jeune fille ne fut pas la seule que saint Ignace rappela à la vie. Un enfant de deux à trois mois, fils du médecin de Munebrega, était mort étouffé pendant qu'on le faisait manger. Déjà le père donnait des ordres pour l'ensevelissement. Mais la mère , plus confiante , eut recours à saint Ignace ; elle frotta le petit cadavre avec l'huile de la lampe qui brûlait dans sa chapelle ; aussitôt l'enfant fit quelques mouvements et commença à pleurer : il était plein de force et de vie.

Il serait long de raconter en détail tous les miracles opérés à Munebrega par l'intercession du saint Fondateur de la Compagnie ; qu'il nous suffise de dire qu'en moins d'un mois on en compta plus de cent. Dans ce nombre, on trouve un paralytique de douze ans, un bègue qui pouvait à peine dire une parole, quatre aveugles dont l'un avait en outre un cancer à la lèvre ; beaucoup d'estropiés, soit des bras soit des jambes, et un surtout à qui on allait couper le pied déjà tombé en putréfaction. Mais, comme l'attestent les procès et les relations venus de cette bourgade, les miracles spirituels opérés en faveur des âmes, à l'intercession du serviteur de Dieu, sont

incomparablement plus nombreux. En entrant dans la chapelle où l'image du Saint est exposée, de grands pécheurs, obstinés dans leurs désordres, ont été touchés de repentir et émus jusqu'aux larmes, et ils n'en sont sortis qu'après avoir purifié leur conscience et s'être réconciliés avec Dieu.

La nouvelle de tant de prodiges se répandit dans tous les lieux d'alentour. Un homme très pieux, des environs de Calatayud, en racontait à un de ses compatriotes plusieurs dont il avait été témoin. Mais celui-ci ne fit qu'en rire, et ajoutant l'impiété à la moquerie : « Bon, dit-il, des miracles d'Ignace à Munebrega! et quels miracles peut faire un tableau? » Se tournant alors vers une grosse planche appuyée contre la muraille, et se mettant à genoux devant elle, il fit semblant de la prier : « Eh bien, dit-il, puisqu'un tableau fait des miracles à Munebrega, ô bonne planche, fais-en aussi à Calatayud. » Il avait à peine fini cette invocation dérisoire, que la planche se détacha du mur et tomba sur lui avec tant de violence qu'elle l'écrasa : digne châtiment de son impiété et de sa prière sacrilège.

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