‹ Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JésusChapitre 270 sur 305 · LIVRE VI. — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE X

de saint Ignace. Elle la prit et l'emporta avec un grand sentiment de confiance, excité encore par tout ce que la religieuse lui avait raconté des nombreux miracles obtenus à l'intercession du serviteur de Dieu, et nommément au moyen de cette image. Mais comme le nom d'Ignace était nouveau pour elle, elle le perdit en chemin. Arrivée à la maison, elle s'agenouilla devant l'image et commença sa prière : « 0 P. Atanagi, disait-elle, puisque vous êtes si prompt à répandre vos grâces sur ceux qui recourent humblement à votre protection, exaucez-moi; je suis d'autant plus digne de votre compassion, et j'ai d'autant plus besoin de votre secours que je me trouve en une plus grande détresse ; car si je ne suis pas en danger de mourir emportée par la maladie, je suis exposée au péril bien plus grave de tomber dans le péché. 0 Père Atanagi, exaucezmoi. »

Comme elle priait ainsi, une voix se fît entendre sensiblement : « Celui que tu invoques s'appelle Ignace, et non pas Atanagi. Mais console-toi, il t'a obtenu la grâce que tu sollicites.» Et en efTet au même instant la pauvre affligée sentit dans son âme une sérénité et une joie extraordinaires. « Comment se fait-il, s'écria-t-elle alors avec étonnement, qu'un homme si puissant auprès de Dieu ne soit pas canonisé? » La même voix reprit : « S'il n'est pas canonisé sur la terre, il est canonisé au ciel. » Marie d'Alava se releva entièrement délivrée de ses inquiétudes et surabondant de consolation.

3. C'était le 30 juillet de l'année 1629, veille de la fête de saint Ignace, vers le soir. Pauline Sbarbagli tenait dans ses bras un enfant de sept mois , nommé Louis, fils de son beau-frère, Jean Oltramari. Un grand vent s'étant élevé tout à coup, accompagné de pluie, elle monta du rez-de-chaussée, où elle était, à l'étage supérieur, pour fermer les fenêtres. Une d'elles joignant mal par le haut, elle fut obligée pour l'ajuster, d'élever beaucoup le bras

droit, de se dresser sur la pointe des pieds et même de se pencher un peu en dehors sur la rue. Dans cette situation, l'enfant qui n'était pas emmailloté, mais seulement à demienveloppé dans un linge, fît un si brusque mouvement, qu'il s'échappa et tomba d'une hauteur de huit brasses environ. Elle poussa aussitôt un cri en invoquant Jésus, et saint Ignace pour lequel elle avait une grande dévotion, et de saisissement, elle se laissa choir sur une caisse qui se trouvait là.

Après être restée ainsi quelque temps, elle revint à elle : « J'ai vu, raconta-t-elle ensuite, le glorieux saint Ignace tout près de moi ; il avait l'enfant dans ses bras et il me le remit. Et comme dans le trouble et la frayeur où je me trouvais, je n'avais pas la force de le tenir, il le soutint lui-même entre mes bras, jusqu'à ce que j'eusse repris mes sens. » Le Saint avait le costume ordinaire de la Compagnie, et portait le manteau. Son visage était resplendissant et marquait la vigueur de l'âge, mais il ne ressemblait à aucun de ses portraits, du moins à aucun de ceux que cette femme avait vus àFerrare où le miracle se passa. L'enfant était souriant et se mit aussitôt à jouer avec elle. Le linge qui l'avait enveloppé était au bas de la fenêtre.

4. En IGOo, à Modène, un enfant d'un an, fils d'Albert Fontana, fut pris d'une fièvre ardente, accompagnée d'un tel gonflement de la tête et du cou qu'il ne pouvait plus respirer qu'avec la plus grande difficulté ; il était en danger d'étouffer d'un moment à l'autre. Déjà la mère le pleurait comme mort, quand Livie Fontana, sa belle-sœur, vint pour la consoler. Émue de compassion à la vue de l'enfant et de la mère, elle se jette à genoux, et prie saint Ignace auquel elle avait une grande dévotion, de rendre la santé à cette innocente créature ; puis elle lui appliqua sur la gorge une relique du Saint qu'elle portait dans une croix d'argent. A ce contact, la fièvre et l'enflure disparurent

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