VOCATION SAUVÉE
serviteur, en opérant à son intercession plusieurs miracles à la fois. Une jeune enfant était depuis longtemps malade; les médecins l'avaient abandonnée, et on n'attendait plus que son dernier soupir. Extrêmement désolé, son père courut à la résidence de la Compagnie, et demanda qu'on voulût bien lui prêter un tableau qui représentait saint Ignace à genoux devant le crucifix. De retour à la maison, il se mit en prières avec toutes les personnes présentes; puis il posa la sainte image sur la tête de son enfant. On en vit aussitôt découler de grosses gouttes de sueur brillantes comme des perles. Il y avait là une femme qui souffrait d'un abcès. Elle prit un peu de cette liqueur et l'appliqua avec un grand respect sur son mal. Au même instant, elle fut guérie. Le contact du merveilleux tableau ne fut pas moins efficace pour l'enfant; de moribonde qu'elle était, elle se trouva tout à coup sans fièvre aucune et hors de danger.
3. Guillaume Guardeford, prêtre anglais, était venu à Rome en 1594, pour revêtir l'habit de la Compagnie ; il désirait extrêmement faire son entrée au noviciat, à la fête de saint Augustin, patron de l'Angleterre. Mais une fièvre assez forte lui survint ce jour-là même. Il la dissimula le mieux qu'il put, et fut admis. Le lendemain, la fièvre augmenta, accompagnée d'une grande prostration de forces et d'autres symptômes alarmants. Le novice, très affligé de se voir en danger de perdre la vie, au moment même où elle commençait à lui devenir chère, se souleva sur son lit, et, fixant ses yeux mouillés de larmes vers un certain point de sa chambre, il se mit à prier saint Ignace avec une grande ferveur, assuré d'en être entendu. Il le conjurait, puisqu'il avait le bonheur d'être son fils, de ne pas permettre qu'une grâce pour laquelle il avait soupiré tant d'années, et qu'il était venu chercher si loin, lui fût ravie ; de transporter plutôt cette fièvre à un autre temps, et de ne pas souffrir qu'il n'ap-