Tacchi Venturi, II
idees avec tenacite. S'il est inexact qu'il cut fait un livre pour demontrer 1'inutilite des ordres religieux nouveaux, il est certain que, dans ses ecrits demeures inedits sur la reforme de 1'figlise, il s'opposait, au nom du decret du 4 e Goncile de Latran et du Concile de Lyon, a la creation d'autres families religieuses; il aurait meme voulu reduire les ordres d'hommes aux seuls benedictins, cisterciens, franciscains, et dominicains 1 .
L' opposition d'un pareil arbitre fut nette des le debut; elle fut longue. Inigo mesura le p6ril que courait son oeuvre, il pria et agit de toutes ses forces.
Comme il avait fait, au temps des intrigues de Mainardi et de Mudarra, il provoqua les temoignages de ceux qui avaient vu les Iniguistes a 1'ceuvre. Sur les instances de Le Jay tres agree a la cour de Ferrare, le due Hercule recommanda, a son frere le cardinal Hippolyte d'Este, les pretres pelerins (decembre 1539). Le Fevre et Laynez avaient laisse a Parme le meilleur souvenir; ils obtinrent des magistrats de la cite d'activer les demarches. Ceux-ci n'hesiterent pas a dcrire a la comtesse de Sante Fiora, niece du pape, afin qu'elle s'entremit aupres de son oncle. Frederic del Prato, charge d'affaires de Parme a Rome, cut commission de faire visite a Guidiccioni pour lui representer le merite de la Compagnie naissante. Paschase Broet, Tapotre de Sienne, sollicita et re9ut des lettres chaleureuses de 1'archeveque Bandini et du cardinal Ferreri, legat k Bologne. Jean III ecrivit au pape, et pressa meme Charles-Quint et Fran9ois I er de joindre leurs instances aux siennes, aupres du Saint-Siege, en faveur de la future Compagnie de Jesus 2 .
A ses amis de Parme, Guidiccioni devait des explications. II dit a Frederic del Prato que la formule de 1'Institut lui paraissait excellente; cependant, il ne semblait pas expedient de donner 1'approbation en forme solennelle. Sans doute les
i. Id., II, 313.
2 - Ep. et instr., I, 159; Tacchi Venturi, I, 568, II, 315-317.