Ribad., Mon., I
8, Ep. et instr., X, 704-719.
reponse 1 . Elle tarda quelques mois, par suite des resistances de Granvelle et de Zwichen. Pourtant, selon 1' expression de Ribadeneyra, par ce Josue qu'etait le due de Feria, et ce Moi'se qu'etait Ignace, la difficile bataille fut gagnee z . Les lettres de Fra^ois de Borgia et des deux filles de Charles- Quint, Jeanne de Portugal et Marie de Hongrie, un nouveau memoire redige en fran9ais par le P. Olivier y aiderent aussi 2 . La veille meme du jour ou Ignace devait mourir, Ribadeneyra comparut devant le president du conseil prive, Viglius van Zwichen, qui avait commission du roi pour decider de 1'approbation de la Compagnie dans les Pays-Bas. Le jeune jesuite savait combien ce legiste etait pointilleux; mais il avait confiance dans le due de Feria et le doyen de la Faculte de Theologie, Ruard Tapper, tous deux si favorables. Les conferences durerent deux jours. Finalement, Zwichen se tint a trois objections : la faculte de precher sans etre'appele par les eveques et les pretres renversait la hierarchic; 1'exemption de 1'autorite episcopate exciterait la jalousie des religieux non exempts ; assurer des rentes perpetuelles aux colleges etait hors du pouvoir du roi, si les villes n'y consentaient. Ribadeneyra convint du troisieme point; sur le second et le premier, il expliqua que les jesuites n'avaient pas coutume d'user de leurs privileges contre la volonte des eveques. Sur quoi, Zwichen convia Ribadeneyra a souper avec lui, en compagnie du doyen Tapper et de Tinquisiteur des Pays-Bas. Tandis que, dans la conversation cordiale de ce repas, tout annongait une conclusion favorable, Ignace de Loyola etait etehdu sur son lit d'agonie. II mourut le lendemain, 31 juillet. Le 8 aout, le roi Philippe apostilla la supplique du P. Olivier le 20 aout et le 14 octobre, il signales lettres patent es qui autorisaient la Compagnie dans les Pays-Bas 3 .