‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 287 sur 396 · Ep. mixt., Ill · texte numérisé non relu

Ep. mixt., Ill

9- Par cette decision, Miron n'avait fait que devancer celle d'Ignace; quand il sut par des lettres de Portugal ce qui se passait (Ep. mixt., lll > I SS)> Ignace e"crivit a son fils mal obeissant deux lettres (Ep. et instr., V, 189-190) : 1'une de maitre qui commande, 1'autre de pere qui persuade (20 mai, 12 juillet 1553). Puis Gonzales de Camara avait dt^ envoy6 a Rome Par le visiteur Miguel de Torres, arm d'informer en detail le general. Par Gonzales, arriv<5 a Rome le 23 mai 1553 (Cron., in, 389), Ignace apprit routes les resistances de Rodrigues. Apres avoir pris la precaution d'dcrire a "edro Marcarenhas et au due d'Aveiro (Ep. et instr., V, 104, 106) pour lc ur demander d'incliner le recalcitrant au voyage de Rome (6 juin), le

finit le 28 juin 1553 par se mettre en route, accompagne du P. Melchior Carneiro ; par Alicante et Genes, il arriva a Rome le 10 novembre 1 .

Ces longs details aident a comprendre en quel etat d'Sme Ignace a ecrit aux jesuites portugais sa lettre du 25 mars 1553 sur 1'obeissance. Une trentaine de religieux avaient failli a ce grand devoir, entraines par la conduite de leur ancien provincial. C'etait 1'heure ou jamais de raffermir sur leurs bases des maisons ebranlees par un vent de revoke. Quand ils re9urent les fortes Ie9ons de leur pere et chef, les religieux fideles de Portugal durent comprendre, mieux que tous autres de la Compagnie, comment 1'obeissance seule pouvait faire regner, parmi les hommes, 1'harmonie du ciel des astres et du ciel des anges.

Quant a Rodrigues, re9u a Rome avec charite, jug par quatre Peres agrees par lui, et devant lesquels il put s'expliquer de vive voix et par ecrit tout le temps qu'il voulut, confronte avec Luis Gonzales de Camara et Melchior Carneiro qui lui reprochaient ses fautes de gouvernement, il fut finalement condamne. Apres deux mois d'explications, les juges furent mis en prieres par Ignace pendant trois jours, puis se prononcerent. La sentence du 7 mars 1554 reconnaissait les grands services rendus par Rodrigues, enon9ait ses torts certains, decidait qu'il ne reviendrait jamais a Lisbonne et le chargeait de lourdes penitences 2 .

Ignace supprima toutes les penitences et se contenta d'interdire a Simon le Portugal 3 . Ce fut alors chez le condamne une mobilite maladive qui le rendra susceptible, insupportable a

chef mande a Miron (Ibid., 270-276) de voir le roi, de reunir les docteurs pour examiner s'il convient de faire venir Rodrigues a Rome, et si celui-ci refuse d'obtempe'rer a leur decision, de le chasser de la Compagnie (24 juilH 3 aout 1553). Aucune de ces lettres ne fut re9ue a temps et n'eut sur les e've'nements une influence quelconque.

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