Ep. et instr., IV
grace afin de sentir et d'accomplir sa tres sainte volonte. Le P. Sylvestre Landini, etant malade a Rome avait montre dans ses souffrances une impatience assez vive. Une fois les forces recouvrees, il est renvoye par Ignace dans sa famille. Landini part fort angoisse. Mais son esprit apostolique transforme en mission le voyage. Partout, il preche, confesse, visite les malades et les monasteres, donne aux pretres des reglements de vie; il aborde les gens pour les convertir dans les rues, les places et les marches, aussi bien que dans les eglises. Bientot il re9oit d'Ignace une lettre dont les termes lui font comprendre que son pere le regarde toujours comme un fils; il se met a genoux, baisant le papier en versant des larmes. Durant sa disgrace, pour eviter le malheur d'etre renvoye de la Compagnie, il avait ofFert plusieurs messes en 1'honneur de Notre-Dame, des Saints Anges des Saints Apotres. A 1'heureuse nouvelle qu'Ignace le tient toujours pour sien, il celebre autant de messes en actions de graces 1 .
Araoz, de Barcelone, exprime le desir qu'on agree sous I'ob&ssance de la Compagnie certaines religieuses, qui avaient su mettre dans leur cause le prince Philippe, afin de mieux aboutir dans leur dessein. Ignace lui fait ecrire par Polanco des reproches : pourquoi faire breche a un principe dej& etabli 2 ?
Les jesuites qui ont vraiment 1'esprit de leur vocation sont dociles au moindre signe du superieur. Ainsi Le Fevre a Cologne en 1543; il y est fort occupe et fructueusement, mais il a 1'ordre d'aller en Portugal, il part. De meme fera-t-il quand il sera rappele d'Espagne, trois ans apres, pour aller au Concile de Trente 3 . Les affaires importantes a regler en Catalogne, la longueur de la route, les chaleurs de la canicule, la maladie ne Tarretent pas; on lui a fait signe, il va, et expire en arrivant a Rome. Ignace a dit aLaynez de lui ecrire toutes les semaines; Laynez le fait, meme s'il n'a pas quelqu'un