‹ Saint Ignace de Loyola [microform]Chapitre 360 sur 396 · LA MERE D'IGNACE DE LOYOLA · texte numérisé non relu

LA MERE D'IGNACE DE LOYOLA

En consultant les divers historiens ou chroniqueurs qui ont ecrit la vie de saint Ignace de Loyola, on constate une admirable variete au sujet du nom de la mere du saint. Ribadeneyra, dans sa premiere Edition espagnole (1583) 1'appelle Maria Sonnez. Polanco, dans le Cronicon que Ribadeneyra a connu en manuscrit, dit : Marina Sonae. Maffei dira : Marina Sona; Orlandini et Bartoli diront Saenz de Balda, comme les temoins du proces Azpeitien de 1595. Andre" Lucas et Nadasi preferent : Lizana. Les historiens francais, tels que Morin, Jean de Bussiere, Bouhours, Clair, Michel, ont choisi, au hasard de leurs preferences, parmi les dires de leurs devanciers. Les editeurs des Monumenta Societatis jfesu appellent la mere de saint Ignace, Marina Sanchez de Licona y Balda. Le P. Gabriel de Henao (1612-1704) est le premier qui ait mis en honneur cette appellation Licona y Balda. Dans la partie encore manuscrite de ses Averiguaciones, qui est intituled Libra de la genealogia de S. Ignacio de Loyola, fundador de la Campania de Jesus, il raconte au chapitre 48 comment, en 1636, il decouvrit le nom de Licona.

Trois faits notables s'ensuivirent, au cours des ages :

i Sur les actives demarches du P. Antonio de Landayda, Recteur du college de Bilbao, la Junte generate de la province de Biscaye (5 novembre 1680) vota a 115 voix, c'est-a-dire k 1'unanimite des dengue's presents, que desormais Ignace de Loyola serait patron de la province. En foi de quoi, 1'acte de la Junte, la genealogie du saint et tous autres instruments expliquant et justifiant le present vote, furent deposes en copies authentiques aux archives de Biscaye. Par une bulle du 22 aout 1682, Innocent XI conceda la celebration canonique de ce patronage. De la, et des ecrits du P. Gabriel de Henao, le fait que saint Ignace de Loyola etait fils d e Marina de Licona, passa dans la Vie du saint publiee en 1685, par le P. Francisco Garcia.

2 Le 8 mars 1801, le conseil municipal de Ondarroa decide de ceiebrer

NOTES ET APPENDICES 6lJ

annuellement la fete de saint Ignace de Loyola. La deliberation est preceded d'un memoire historique oil sont deduites les raisons de cette solennite. Les travaux du P. He"nao, le vote de la Junte generate de Biscaye, d'autres documents encore, sont rappele*s pour etablir que, par sa mere Marina de Licona, Ignace est v^ritablement fils de Ondarroa.

3 Le chapitre collegia! de Ondarroa et le proviseur du diocese agr^erent le voeu de la municipality de Ondarroa. Le 31 juillet fut desormais, pour la ville, fe"te de pr^cepte, sauf qu'il fut licite de vaquer aux ceuvres serviles.

Combien de temps s'observa la pieuse coutume inaugure'e en 1801 ? Nous ne savons. Lorsque (17-26 septembre 1883) le P. Leonard Cros vint faire des recherches dans ce qui pouvait rester d'archives religieuses ct civiles a Ondarroa et a Lequeitio, le souvenir d'Ignace de Loyola avait disparu. II y avait eu pourtant, a Lequeitio, a partir de 1688, un college de jesuites comportant quelques classes de grammaire. La maison, 1'eglise subsistaient. La rue voisine s'appelait Calle de la Campania et les enfants eux-me'mes savaient le sens de cette designation. Mais la raison determinante de la fondation du college avait disparu de toutes les me" moires.

II a fallu les fetes magnifiques du centenaire de la blessure de Pampelune (1521-1921), pour que les habitants de Lequeitio et de Ondarroa retrouvassent le souvenir et la nerte" d'avoir Ignace de Loyola pour paisano (compatriote).

Quoique tardive, cette devotion ne s'egare pas. La mere d'Ignace de Loyola est certainement, de son vrai nom, Marina Saenz de Licona. Elle est ainsi appeiee dans une enqueue du 6 mai 1508, provoque par son fils Martin Garcia, pour faire reconnaitre devant notaire sa legitime filiation. Les temoins a comparaitre seront premierement interrog^s comme il suit : Connaissent-ils Martin Garcia et ont-ils connu ses parents defunts Beltran Ybanez de Onaz et Maria Sanchez de Licona ? A laquelle question rpondent affirmativement les temoins.

Outre ce document azpeitien, il y a un document madrilene. En juin 1884, dans les archives du Tribunal supreme a Madrid, le P. Cros de"couvrit le texte du contrat de mariage de Beltran Yanez de Loyola (13 juillet 1467). II est dit, des le debut de la piece, que les deux parties presentes, a savoir : Juan Perez de Loyola et sa femme Sancha Perez de Iracta, seigneurs du solar de Loyola d'une part, et le Docteur Martin Garcia de Licona, du conseil du roi notre Seigneur, et auditeur de son audience, seigneur de Balda d'autre part, autorisent le mariage entre Beltran de Loyola fils desdits Juan Perez et de sa femme , d'une part, et d'autre part Marina Sanchez de Licona, fille dudit Docteur .

Le Docteur Martin Garcia de Licona est appeie par ses contemporains le Docteur de Ondarroa . Et les archives de Lequeitio et de Ondarroa confirment le bien-fonde de cette appellation.

Quand et comment le Docteur Martin Garcia de Licona est-il devenu Patron de 1'eglise Sainte-Marie d'Azcoytfa et seigneur de Balda ?

Des chroniqueurs d'autrefois, le P. de Henao par exemple ; des erudits d'aujourd'hui tel que le Mondragonais Carlos de Guerra, expliquaient le double fait tres facilement, par le mariage du Docteur avec une Dona Marquesa, derniere et unique heritiere des Balda. Les PP. Cabre et Velez,

6l2 NOTES ET APPENDICES

dans la ge'ne'alogie qu'ils ont donn6e, et qui figure en appendice au tome I du Cronicon de Polanco, ont suivi H6nao; de mme le P. Michel. Mais il y a, a cette hypothese comme je 1'ai expose" a M. Carlos de Guerra de vive voix et par e"crit des difficulte's insurmontables. Tout d'abord, aucun historien n'a pu pre"ciser, sur pieces, le degre" de parente 1 de cette Dona Marquesa avec Ladron de Balda, qui fut le dernier Balda authentique, en ligne masculine Idgitime; et puis, nous savons, par un document de 1461, que le Docteur.de Licona avait Spouse 1 une Marfa de Zarauz. D'autre part, nous connaissons avec precision Torigine des droits du Docteur, soit sur la seigneurie de Balda, soit sur I'dglise Sainte-Marfe d'Azcoytfa. Par acte du 29 octobre 1459, Martin Garcia de Licona paie 50.000 maravedis (a dos blancas el maravedi) la renonciation faite par Pedro de Balda (fils ill^gitime de Ladrdn) de tous ses droits sur les biens de Balda. Le 25 mars 1460, le roi Enrique de Castille confirme, par lettre royale, la renonciation que Pedro de Sylva, son chapelain, fait, en faveur du Docteur de Ondarroa, sur tous les droits de patronage sur t'gglise d'Azcoytia, a lui confe're's par le m6me prince le 15 de"cembre 1457. L'hypothese Marquesa est done a la fois inde'montre'e, fausse, et inutile.

La piece qui precise les circonstances de la renonciation de Pedro de Sylva est aux archives municipales d'Azcoytfa; 1'inforniation notarise du 15 aout 1561, ou il est dit que Marina Sanchez de Licona est fille du Docteur Martin Garcia de Licona et de Marfa Zarauz se trouve aux archives de M. le due de Grenade, ou elle a Ste" ddcouverte par le P. Cros, fin juin 1884.

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